Décidément, cette BBC ! Passionnante série d’émissions sur EncroChat. EncroChat était le Whatsapp des malfrats. Un réseau international. Un réseau asocial, en quelque-sorte.
Surprise : la gendarmerie française parvient à s’y introduire. On ne sait pas comment elle a procédé. En tous cas, elle a fait profiter ses confrères européens de millions de conversations. Il en est résulté une quantité d’interpellations, des centaines de tonnes de drogue, d’armes et de millions d’euros ont été récupérés, et de vies sauvées ! Quelques policiers indélicats ont aussi été cueillis la main dans le sac (moins qu’on aurait pu le craindre, disait un interviewé). On a même découvert tout un écosystème de petits métiers, avec, par exemple, ses salles de torture.
Il a fallu agir vite, avant que les malfrats ne constatent qu’ils étaient espionnés, et récolter les preuves qui permettent de les incriminer. Et cela a rendu possible des sortes de miracles : mettre sous les verrous le criminel que l’on n’arrivait jamais à prendre en défaut, ou le citoyen au dessus de tout soupçon (qui faisait du blanchiment d’argent), ou le policier modèle…
Et cela pose aussi un curieux problème. Pour la justice anglaise, la méthode française ne serait pas légale. Les avocats de malfrats vont-ils parvenir à remettre en circulation des centaines de criminels ? Occasion d’une réflexion sur le sens de « justice » ?
Mais aussi : pourquoi n’en a-t-on pas parlé en France ? J’ai fait une recherche sur Internet : les journaux ne semblent avoir évoqué l’événement qu’en quelques journées particulières. Personne n’en avait entendu parler autour de moi. Pourquoi si peu de publicité, alors que la moindre bavure supposée fait la une des médias pendant des semaines ?