Un entrepreneur mûr me parlait d’incommunicabilité. Il ne parvient pas à parler aux entrepreneurs jeunes. Pourtant, son métier est le développement durable.
Il donne une explication à laquelle je n’avais pas pensé : le jeune est convaincu que le vieux est coupable de l’état de la planète, et qu’en conséquence, ce dernier est un dangereux incompétent. Et, surtout, qu’il, le jeune, doit suivre ce qu’il a dans la tête. Tout ce qu’on peut lui dire ne compte pas, il est faux.
L’intérêt que je vois dans cette hypothèse est qu’elle donne un nouvel exemple d’une situation dans laquelle un homme peut se couper du reste de la société et, surtout, inventer une « vérité alternative », qui vient de nulle part. Au fond, c’est ce que l’on a appelé le « phénomène communautaire ». C’est peut-être, tout simplement, l’explication du fanatisme.
Quels en sont les ingrédients ? Personne coupée de la réalité ? Résultat à la fois du « libéralisme » qui rompt le lien social, par principe, et d’un bombardement de l’individu, isolé, de slogans idéologiques, quels qu’ils soient ?