Qu’est-ce que l’auvergnat ? Un ensemble de « dialectes » dont chacun est influencé par ses régions frontalières. Mais aussi un langage qui correspondait aux préoccupations et aux coutumes de ceux qui le parlaient, qui ne sont pas les nôtres. D’où l’utilité du français, qui a évolué avec son temps. Et l’Occitan ? Une fiction inventée par quelqu’esprit totalitaire ?
Étiquette : influence
Enfants de Pinard
Le procureur Ernest Pinard a censuré Les fleurs du mal. Elles sapaient les bases de la société. Ce qui fut aussi dit par les anti-Dreyfusards pour défendre l’armée.
L’inattendu ? Ses arguments sont ceux de nos « intellectuels » : il ne faut pas donner de fâcheuses idées au peuple. Cancel culture et « consensus scientifique », supposé clouer le bec de l’opposant ? Etrange.
(Il semblerait que les Dreyfusards ne se battaient pas tant pour Dreyfus que pour « la vérité »…)
Backlash
Backlash. Que dit-il ? J’entends ce mot dans la bouche de quelqu’un qui ne parle d’ordinaire pas anglais. D’après ce que j’ai compris depuis, dans les milieux écologistes, on qualifierait ainsi le retournement qu’a connu la politique mondiale de « transition climatique ». Dans ce domaine, comme ailleurs, les mots viennent de l’étranger.
Parler de « retour de balancier » (ou de bâton) semble dire qu’il est allé trop loin d’un côté. On n’attendrait pas un tel aveu de la part de militants.
Le plus étrange est qu’ils semblaient avoir gagné. Les gouvernements étaient de leur côté et la presse les soutenait, même l’opinion scientifique paraissait verrouillée. Contredire cette ligne était une forme de révisionnisme. Qu’a-t-il bien pu se passer ? Les gouvernements seraient-ils sensibles au mécontentement d’un peuple muet ? Ou, plutôt, ont-ils pris conscience que les politiques environnementales avaient un impact nuisible sur des questions, notamment économiques, qui comptent pour eux ? (Théorie du complot : il existe des lobbys de l’ombre puissant ?)
Bonheur
Simone Weil semble avoir pensé que le pire des malheurs était de ne pas savoir que l’on était malheureux. Encore une idée d’intellectuel qui veut faire notre bonheur contre notre volonté ?
Mais mon exemple prouve qu’elle n’a pas totalement tort. Sur un coup de tête, inattendu, surtout par moi, j’ai quitté Paris pour m’installer dans une banlieue mal famée. Et j’ai soudainement compris que je n’avais jamais été heureux à Paris. D’ailleurs, je n’y vais jamais.
Au fond, on s’adapte aux conditions dans lesquelles on vit. On ne voit pas comment être mieux. D’autant que l’on subit un extraordinaire lavage de cerveau de la part de la société et des intellectuels qui en sont les exécuteurs de basses oeuvres ?
Les origines du vélo
J’ai passé quelque temps à Montréal, au début des années 90. Comme je le fais partout, je me suis promené dans la ville. Je suis un grand marcheur. Mais j’ai vite vu que mon cas n’avait pas été prévu. Car ce que j’empruntais était des pistes cyclables. J’ai aussi découvert que la ville était divisée en deux populations. D’un côté l’aristocratie anglaise, qui vit dans d’élégantes habitations et pratique la bicyclette, de l’autre la plèbe française qui roule en voiture et occupe une sorte de logement troglodytique.
Voyant que la bicyclette a envahi Paris, je me demande si nous n’avons pas été gagné par une mode anglo-saxonne. Une mode qui donne peut-être ce que décrit H.G. Wells dans La machine à remonter le temps : une société où des créatures falotes sont menacées par des affreux grossiers, façon Trump.
Eloquence
Qu’est-ce que l’éloquence ? Une émission de France culture. Il me semble qu’elle n’a pas traité du sujet, mais, plutôt de l’art de convaincre.
Il s’agirait, d’abord, d’amener l’interlocuteur à s’interroger, dans son for intérieur, sur la question que l’on désire traiter. Pour convaincre, il ne faudrait pas affirmer, mais, au contraire, réfléchir tout haut, avec les hésitations et les incertitudes que cela suppose. C’est, en quelque sorte, une « recherche en marche », selon l’expression du Collège de France.
Les tâches de Galilée
J’ai appris que, si Galilée fut révolutionnaire, c’est avant tout pour son travail sur les tâches solaires. Grâce à la lunette qu’il avait conçue, il a découvert ses tâches. Elles révélaient que le soleil tournait sur un axe incliné sur l’écliptique, et qu’il n’était pas homogène. Ce qui torpillait les thèses d’Aristote qui postulaient l’incorruptibilité des astres. Du coup, tout le système de ce dernier, donc le géocentrisme et le géostatisme, s’effondrait.
En fait, Galilée savait ce qu’il faisait. C’était un combattant, qui voulait abattre les thèses adverses.
Depuis, on a découvert que ces tâches suivent des cycles, et que leur activité varie au cours du temps, sans, me semble-t-il, que l’on sache pourquoi. Mais cela pourrait avoir un effet sur la Terre, car les émissions d’énergie varieraient d’un pourcent.
L’émission (ancienne) qui parlait de ceci était précédée d’un avertissement : attention, n’allez surtout pas croire qu’il y ait là la raison du réchauffement climatique ! Plus ça change, plus c’est la même chose, comme on dit en anglais ?
Eviter de mentir
Comment éviter à l’homme politique la tentation du mensonge ? Le sociologue Robert Merton a une théorie à ce sujet. Il dit que la société nous donne des objectifs à atteindre, et des moyens « légaux » pour ce faire. Celui qui atteint ces objectif, sans employer lesdits moyens, « innove ». Le criminel est un innovateur. Et les USA sont un pays où l’innovation est une valeur culturelle.
Donald Trump illustre cette idée. Il a voulu réussir, donc devenir extrêmement riche, et il ment en permanence sur sa fortune, et il a employé tous les moyens (illégaux) possibles pour s’enrichir.
Donc, si la société désire moins de mensonges, qu’elle réfléchisse aux objectifs qu’elle nous fixe, et qu’elle nous donne de meilleurs moyens de les atteindre ?
Le mensonge en politique
Le mensonge en politique. Non, cette émission de Concordance des temps ne parle pas de M.Trump. Elle dit que la politique est l’art du mensonge.
J’aurais aimé qu’elle se demande : comment peut-on être Trump ? Quelle est la psychologie du menteur ? Celle de l’aristocrate d’ancien régime ? Se conformer aux règles de la société n’induit-il pas le risque de se faire manipuler ? Vous avez vos questions, j’ai mes réponses, disait Georges Marchais.
J’aurais aussi voulu qu’elle s’interroge sur le mensonge comme « pathologie sociale ». J’ai connu un temps où l’on croyait à un parti politique comme à une religion, en fanatique. Sa parole était celle de l’Evangile. Et le mensonge était la règle du parti. La fin justifiait les moyens. Pour Aristote, le mensonge en politique consiste à dire au peuple ce qu’il a envie d’entendre, sans lui révéler qu’il dynamite les fondements de la cité, condition nécessaire de l’intérêt général. Mais il y a aussi l’inverse. L’électeur, conscient qu’on lui ment, devient cynique, ne croit plus à rien, ne vote plus. Et il abandonne ses droits et se fait manipuler en se croyant malin !
Bref, le mensonge détruit. Mais nos faiblesses humaines l’attirent ? L’occasion fait le larron ?
Domination
« Domination » est un mot que l’on entend beaucoup dans certains milieux. Curieusement, des milieux « dominants ».
Qu’est-ce que la domination pourrait-on se demander ? Au temps où j’enseignais, j’avais eu la surprise de constater que mes étudiants avaient subi des rapports de « domination » pendant leurs stages (ils en restaient marqués) : les employés en poste cherchaient à utiliser leur pouvoir pour leur faire faire ce qui n’était pas dans leur mission. Du coup, cela m’avait fourni un remarquable exercice de conduite du changement : comment se tirer de ce type de situation ? Beaucoup avaient trouvé de très élégantes solutions.
Le premier ingrédient de la domination semble donc être une différence de situation sociale : USA / alliés, classe gouvernante / population, parent / enfant, médecin / patient, chef / subalterne…
A noter que la domination utilise rarement (jamais dans l’exemple ci-dessus) la force ou la menace, Trump ou Poutine sont des exceptions, beaucoup plus une sorte de morale implicite. La domination, dans nos sociétés, est généralement un « crime en col blanc », une manipulation des esprits. Ce que le professeur Cialdini nomme « influence ».
Mais, comme dans le cas du harcèlement par le pervers narcissique, et comme dans mon exemple, cela n’est pas suffisant. Le « dominé » a les moyens de se faire respecter. S’il ne le fait pas, c’est souvent qu’il est affecté de quelque pathologie sérieuse, quelque accident d’enfance (d’où l’efficacité de la morale comme moyen de manipulation). En outre, beaucoup de stages se passent sans incident. Pourquoi ? Le stagiaire est considéré comme un « collègue », ou comme un « enfant », parfois comme un « futur dirigeant », bref, comme un être humain avec lequel on a de l’empathie.
C’est probablement ce qui manque à notre classe gouvernante. D’où la crise actuelle. Crise = domination ?