Cuisine

Je n’aime plus manger hors de chez moi. Pourtant, c’est moi qui fait la cuisine, et depuis longtemps.

J’ai l’impression, à tort ou à raison, que le monde de la cuisine est divisé en deux :

  • La cuisine du pauvre : tout est dans l’esthétique, ça brille, mais le contenu est une application des traités « d’analyse de la valeur » : il s’agit d’en foutre plein la vue, pour pas un rond. Quitte à utiliser, pour cela, des dérivés du pétrole.
  • La cuisine du riche. On utilise des ingrédients, crème, vieux alcools, qui donnent, par eux-mêmes, du goût. Mais il n’y a aucun talent. Ce n’est pas sain. Ce n’est pas raffiné. Et le cuisinier se croit intellectuel, il se répand en propos complaisants sur l’étendue de son génie.

Le génie s’est perdu. Et il se trouvait dans une simple omelette.

Je crois qu’il tenait à l’amour. Pour prendre le cas du riche, son personnel l’aimait, et se faisait un point d’honneur à concocter des plats qu’il aimait. Quitte à se suicider, comme Vatel, si un contre-temps mettait en péril son honneur de cuisinier.

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