Amérique du sud

M.Trump déploie sa marine en Amérique du sud, que cherche-t-il à faire ?

Officiellement, il s’agit de combattre le trafic de drogue. Peut-être pour donner le change, il fait couler quelques bateaux, apparemment sans preuve qu’ils soient ceux de trafiquants. Et, de toute manière, en toute illégalité. Plus probablement il désirerait affirmer la domination des USA sur son « Lebensraum ».

Va-t-il tenter d’envahir un Vénézuéla affamé ? Un Cuba en perdition ?

L’Amérique du sud serait très liée à la Chine, qui lui achète sa production et lui construit des infrastructures publiques. Elle n’aimerait guère les USA. Quoique M.Trump ait les faveurs des partis de droite. Quant au Mexique les deux économies seraient si liées qu’il ne peut que gesticuler.

Une occasion à exploiter par l’Union européenne ? (Le jour où elle ne sera plus un chaos ?)

Voici ce que je retiens d’Affaires étrangères de France culture.

Le monde selon Trump

Etude de « l’impact » de Trump, par Affaires étrangères de Christine Ockrent. Ce que je retiens :

Ses droits de douane lui permettent de financer des baisses d’impôts. Globalement le déficit américain est stable. Les pauvres devraient prendre de plein fouet les droits de douane, sans profiter des baisses d’impôts (puisqu’ils en paient peu). Mais, ces désagréments seraient compensés par le spectacle de sa gesticulation.

L’économie du pays est tirée par l’intelligence artificielle. La politique Trump ne serait pas favorable à l’industrie.

D’où je déduis que Trump espère que, selon une théorie classique, l’enrichissement des plus riches va profiter aux pauvres par « ruissellement ». En tous cas, il semble vraisemblable que cet enrichissement va alimenter la bulle spéculative.

Plus intéressant ? Je croyais à l’idée, que j’avais lue ici et là, que les USA avaient été fondés pour se garantir du risque de dictature, que fuyaient les premiers émigrés anglais. Or, Trump, se réclamant de la légitimité du plébiscite, à la façon de De Gaulle, est en train de faire un véritable coup d’état. La cours suprême est à sa botte, et il tente de démanteler la justice, supposée l’âme du pays.

D’ailleurs, tout ceci ne serait pas de son fait, il tirerait profit d’un plan conçu par le parti républicain, pour prendre l’avantage sur les démocrates, qui avaient la haute main sur la justice, et exécuté impeccablement. Dans cette affaire, il n’y a pas de bons et de mauvais. Que de médiocres intérêts ? Le déchaînement de l’individualisme ?

Negro spiritual

Le Negro spiritual. Il semble que ce fut un langage, qui permettait à l’esclave d’exprimer ses souffrances, mais aussi un espoir : il s’identifiait au peuple élu, déporté à Babylone. Le Negro spiritual aurait aussi été inspiré par les cultures des dits esclaves.

Ce qui est surprenant est que les noirs américains ont de multiples origines et qu’ils sont le fruit de multiples mélanges. Ce n’est pas la génétique qui fait les cultures ?

(France culture : Les vivants et les dieux – Symboles et religions « Le negro spiritual ».)

Les possédés

Vous allez voir ce que vous allez voir… L’intelligence artificielle va faire un miracle. Elle va transformer le monde. Comment ? Pas besoin de l’expliquer. Cela va être extraordinaire.

Ce n’est pas la première fois que l’on entend ce discours. La « nouvelle économie » et la « bulle internet », en particulier, faisaient aussi ce type de promesse. Dans une moindre mesure, la 5G, qui a fait flop.

Seulement, ce qu’il y a d’ennuyeux est qu’il n’y ait personne pour l’étudier d’une manière rigoureuse. Et ce qui est encore plus ennuyeux est qu’il a convaincu nos gouvernements.

AI companies are in a race to create artificial general intelligence, seeing it as the catalyst for an “intelligence explosion” that reshapes the economy and society. But they can't agree on what AGI would actually look like, and how it might be achieved.

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2025-10-23T04:48:06.960Z

Messianismes

Un précédent billet parlait du « slavisme » des Russes. Il semble qu’il y ait des cultures qui aient une vocation messianique.

Les USA, en particulier, ont été fondés par des fanatiques religieux. Ils demeurent une nation de croyants, préférant instinctivement le Djihadiste à la raison des Lumières (jusqu’à ce que le Djihadiste leur lance des bombes). Ces croyances semblent faire bon ménage avec les affaires. Les unes et les autres seraient peut-être étroitement liées.

Quant à la France, c’est la patrie des droits de l’homme et de la raison. Elle aussi a voulu convertir le monde.

Tout cela s’affronte et se contient, probablement, réciproquement. L’action provoque la réaction. On a besoin les uns des autres ?

En fait, les nations sont beaucoup plus complexes que ne le dit cette analyse. Par exemple, actuellement, la France des droits de l’homme et de la raison a disparu. De même, les USA n’étaient pas les mêmes avant et après Trump. Et la Russie a vécu, à la fin du siècle dernier, une histoire d’amour avec l’Occident.

Comme les êtres vivants, les nations sont prises entre des pulsions contradictoires et elles sont influençables ? Si elles ont une « nature », ce n’est que lors des crises qu’elle se révèle ? Ou, si elle ne le fait pas, elles disparaissent ?

Yankeecène

L’ère de Roosevelt a été celle de la « soft power » américaine. En particulier, il a imposé, par contrat, aux vaincus de la guerre, l’Europe de l’Ouest et le Japon, le film américain, véhicule de son impérialisme culturel.

Notre crise actuelle serait-elle celle de cette culture, qui n’est pas la nôtre ?

D’ailleurs quelle est-elle ? Avant guerre, les USA n’étaient que bulles spéculatives et crises économiques effroyables. A tel point que Schumpeter et les Robber barons s’étaient mis d’accord : seul le monopole pouvait contenir ces crises. C’est la guerre qui a fait la fortune des USA. Ils ont absorbé, en particulier grâce aux Juifs et aux Nazis, toute la science occidentale. Ils sont devenus une bureaucratie à la Max Weber. L’aboutissement des Lumières, selon Hegel.

Depuis la chute de l’URSS, il semble que l’on en revienne aux origines, à l »‘esprit » de la société américaine, pour parler comme Montesquieu. L’héritage de Roosevelt est oublié. C’est que l’on a appelé « la nouvelle économie ».

Et cet esprit est l’individualisme. L’individu est, comme Trump, mû par des « sentiments animaux ». Greed and fear, dit-on. Il profite de la faiblesse, en particulier l’amitié, mais respecte la force.

Peut-on mettre le fauve en cage ? Le dompter ?…

Fragile démocratie ?

La démocratie est une construction abstraite. Jadis nos grands hommes ont cru que de l’affrontement des idées et des intérêts résulterait le bien commun.

Cela mériterait une étude approfondie. En tous cas, on constate :

Qu’aux USA une « cancel culture » en remplace une autre. Un lobby prend le pouvoir après un autre et impose sa ligne par la terreur. Le peuple amplifie le mouvement, façon « servitude volontaire » de la Boétie.

Qu’en France on en est revenu à la 3ème République. Ceux qui détiennent le pouvoir sont isolés de tout et sont pris dans un mouvement brownien incompatible avec la moindre pensée qui ne soit pas réflexe. Ils sont entre les mains des lobbys. Ou des manifestations de mécontentement. Ce qui produit le chaos.

Comment cela se termine-t-il ? Si l’on en croit Pierre Rosanvallon, en ce qui concerne la France, par l’arrivée d’un homme fort, qui remet la société en ordre. Peut-être pourrions-nous tenter une innovation ?

Banalité du mal

Global banking climate alliance folds four years after launch
‘Net zero’ financial sector group votes to cease operations after losing members under political pressure

Trump’s attacks cast a chill on what Wall Street says

Economists and investors say there are scattered signs of self-censorship

Financial Times du 3 octobre

Curieux comme les fortunes peuvent changer du jour au lendemain.

Un mécanisme qui illustre la Banalité du mal d’Hannah Arendt ? Il suffit de quelques signaux pour que chacun se cache ? Ce qui n’est pas une très bonne affaire pour ceux qui sont à l’origine des dits signaux ?

Technique de conduite du changement pas très durable ?

Folklore américain

Trump n’aurait rien d’extraordinaire. Son action s’inscrirait dans un désir de repli sur soi des USA, propre à leur culture et à leur histoire, et qui s’est amorcé il y a déjà quelque temps. Voilà ce que j’ai entendu dans l’émission de Christine Ockrent (France Culture), il y a une semaine.

Ce qui n’est pas loin d’être ce que je pense.

Même le fait de trahir ses alliés pourrait avoir des fondations culturelles. Ce blog explique comment certains entrepreneurs américains ont fait de belles affaires en considérant que l’engagement de payer une retraite n’était qu’une dette comme une autre. Il suffisait de mettre l’entreprise en faillite pour ne plus avoir à l’acquitter.

Le patrimoine génétique de l’Américain aurait-il été codé pour transformer celui qui lui fait confiance en dindon bon à plumer ?