Cela tangue, en Angleterre. Le gouvernement Truss a une politique agressive de réduction d’impôts, en parallèle de son plan de lutte contre l’inflation. Il faut relancer la croissance ! Ce qui a fait peur aux marchés financiers. La livre plonge, la banque d’Angleterre va devoir augmenter ses taux, ce qui va brutalement ralentir l’activité économique. Et la baisse de la livre ne peut que stimuler l’inflation. Et tout cela en plein milieu d’une crise.
Hier, la dite banque d’Angleterre a dû acheter massivement des obligations d’Etat, pour faire monter leur prix, entré dans un cercle vicieux. Car les fonds de pension sont investis en ces obligations (« gilt »), qui sont, si l’on en croit ce que l’on m’a enseigné en MBA, « sans risques ». Autrement dit, le retraité anglais est en grand danger… Ce matin on entendait, à la BBC, que l’économie anglaise ressemblait à celle d’un pays d’Amérique du sud.
Gouvernement d’amateurs ? d’illuminés ? Comment tout cela va-t-il se finir ?
(Les aventuriers anglais ne devraient pas nous laisser indifférents : on sait depuis quelques temps que les crises financières sont « systémiques ». Ce matin le Financial Times parlait de « moment Lehman Brothers » de l’Angleterre.
Pour arranger le tout, Mme Truss parle de relancer l’immigration, alors que ce fut la cause du Brexit…)
(PS. Financial Times du 30 septembre : « UK pension funds dump stocks and bonds in rush for cash / UK pension schemes are dumping stocks and bonds to raise cash and seeking bailouts from their corporate backers as the crisis in the industry continues to rage a week after the government’s “mini” Budget. »)