Les amateurs au pouvoir ?

Cela tangue, en Angleterre. Le gouvernement Truss a une politique agressive de réduction d’impôts, en parallèle de son plan de lutte contre l’inflation. Il faut relancer la croissance ! Ce qui a fait peur aux marchés financiers. La livre plonge, la banque d’Angleterre va devoir augmenter ses taux, ce qui va brutalement ralentir l’activité économique. Et la baisse de la livre ne peut que stimuler l’inflation. Et tout cela en plein milieu d’une crise.

Hier, la dite banque d’Angleterre a dû acheter massivement des obligations d’Etat, pour faire monter leur prix, entré dans un cercle vicieux. Car les fonds de pension sont investis en ces obligations (« gilt »), qui sont, si l’on en croit ce que l’on m’a enseigné en MBA, « sans risques ». Autrement dit, le retraité anglais est en grand danger… Ce matin on entendait, à la BBC, que l’économie anglaise ressemblait à celle d’un pays d’Amérique du sud.

Gouvernement d’amateurs ? d’illuminés ? Comment tout cela va-t-il se finir ?

(Les aventuriers anglais ne devraient pas nous laisser indifférents : on sait depuis quelques temps que les crises financières sont « systémiques ». Ce matin le Financial Times parlait de « moment Lehman Brothers » de l’Angleterre.

Pour arranger le tout, Mme Truss parle de relancer l’immigration, alors que ce fut la cause du Brexit…)

(PS. Financial Times du 30 septembre : « UK pension funds dump stocks and bonds in rush for cash / UK pension schemes are dumping stocks and bonds to raise cash and seeking bailouts from their corporate backers as the crisis in the industry continues to rage a week after the government’s “mini” Budget. »)

Fin de l'histoire

Hegel parle de « fin de l’histoire ». Mon interprétation :

Raisonnement systémique, avant que le terme soit inventé. 

Le changement, dans le monde de la systémique, fait que le système change en son opposé (mécanisme dit « dialectique »), mais qu’il obéit toujours au même principe. Il change pour ne pas changer, comme il est dit dans Le guépard. (La voiture, qui tournait dans un sens, tourne dans l’autre, mais c’est toujours une voiture.)

L’histoire s’arrête le jour où il n’y a plus de système, donc plus de principe. Hegel appelle l’état historique dans lequel nous sommes : « l’aliénation ». 

Et quel est le principe qui nous « aliène » ? L’individualisme. Croire que nous avons des personnalités propres, alors que nous faisons partie d’un tout. 

Juste ? Je me demande si le « principe » n’est pas, en fait, la raison. Justement le sujet qu’étudie Hegel. « Logos » grec, à la fois langage et raison. Propre de l’homme. La « raison d’être » de cette raison est de nous permettre de communiquer entre nous. Seulement, son effet inattendu a été de nous faire croire que nous « pensions » donc nous « étions ». Et nous a amenés à être des loups pour l’homme. 

Il est possible que cette raison soit rusée et qu’en nous faisant mal penser elle nous emmène où elle le veut : une fusion de l’espèce humaine. L’Histoire aura été celle de ce « plus long chemin de soi à soi ».

Raison pure ?

Ce blog, de temps à autres, essaie de modéliser le changement qu’a subi notre société. 

Les mots du moment sont « post modernisme » ou « post industriel ». La société traditionnelle disparaît, remplacée par celle, « excitante », dit-on en anglais, qu’une « élite » de gens éclairés, ou « Bobo », crée. Dans la tradition anglo-saxonne, ils ont des « mérites » qui justifient une vie de privilégié, et l’obligation morale de charité (l’esprit ONG) : révéler la bonne nouvelle à une humanité intellectuellement déshéritée.  

On trouve les prémices de ce phénomène, notamment, chez Max Weber. La science sait comment diriger rationnellement la société. Outre la « massification » de l’enseignement supérieur, le pouvoir a donc été donné au diplômé « d’élite ». 

Le « diplômé », élevé entre soi est une « race » à part. Comme ces peuples qui s’appellent « les hommes », « les purs »… il croit qu’il est le seul être humain. En outre, il a conservé les caractéristiques de l’enfant. Et son imaginaire, formé par ses études, est artificiel. Il se nourrit, comme à l’école, d’idées. Celles de penseurs à la mode. Comme l’écrit Montaigne, il ne pense pas. 

Son saint patron est Gramsci. Celui qui disait que les belles promesses sont l’opium du peuple. 

« Raison pure » ? Un demi-siècle de délire théorique qui vit la tentative de « ceux qui pensent », au pouvoir, d’éliminer « ceux qui font », les dominés. D’où la liquidation de l’industrie, au sens premier du terme. 

(L’enfance de l’ange Bobo, et de Lucifer Trump.)

(La charité : une façon de repayer Dieu des capacités exceptionnelles qu’il nous a données ?)

Effet de serre

Pour émettre moins de CO2, nous devons utiliser plus d’énergie. J’entendais dire cela, vendredi, à un aciériste, interviewé par la BBC. En effet, il faut modifier les processus de fabrication, en passant du charbon à l’électricité. 

Oui, mais nous manquons d’énergie… disait la BBC. (Elle aurait pu ajouter : et celle-ci vient de plus en plus du charbon, à tel point que nous ne parvenons plus à en trouver…) 

Et si la lutte contre l’effet de serre avait pour conséquence imprévue de l’accélérer ?  Un problème de systémique ?

Education nationale : changement raté

L’Education nationale est un exemple extraordinaire de changement raté. Et surtout de ce que signifie un changement raté.

Il a été décidé, un jour, que tout le monde irait au lycée, aurait le bac, et poursuivrait ses études ensuite le plus longtemps possible. Qu’est-ce que cela a donné ? 

  • Inadaptation de l’offre d’emploi à la demande. L’Education nationale formant des intellectuels, a fait des filières professionnelles (qui font la fortune de l’Allemagne), et artisanales (qui firent la fortune d’un pays de haute culture, comme la France) des voies d’échec. Donc chômage et dépression économique. 
  • Perte de sens : l’orientation scolaire n’a aucun lien avec le talent et surtout la vocation de l’individu. Nous avons produit des générations « absurdes ».
  • Le plus fort : l’Education nationale fut excellente ! Si elle formait, comme actuellement les Anglais, des intellectuels d’exception, cela tenait à la qualité du lycée. On y trouvait des enseignants d’élite : en particulier les normaliens, agrégés « du secondaire ». Contrairement à aujourd’hui, le professeur, intellect d’élite !, considérait le lycéen comme son avenir ! C’était à ce moment que les personnalités se formaient. Les études ultérieures n’avaient que peu d’importance. 
En bref, l’Education nationale, creuset d’intellectuels, pour avoir voulu faire de nous tous des intellectuels, a perdu son âme, et a produit des paumés. 
(Autre effet du changement raté : quand le désastre est aussi effroyable, on ne peut qu’en rire ?)

EDF nationalisé

Il est arrivé ce qu’il devait arriver : EDF a été nationalisé. 

L’histoire d’EDF est celle de beaucoup d’entreprises publiques. De hauts fonctionnaires en prennent la direction. Vous allez voir, ce que vous allez voir, nous allons faire de ce mastodonte inefficace, un champion de l’économie de marché !

Quelques années après, l’entreprise est percluse de dettes, et ne sait plus travailler. Elle a trop d’énarques et de polytechniciens, et plus aucun soudeur. On fait alors appel au contribuable, qu’on trouve pourtant si paresseux et inutile. Depuis le Crédit Lyonnais, l’histoire se répète sans cesse. 

Notre élite gouvernante a une curieuse caractéristique : quel que soit ce qu’elle touche, cela se termine en dette publique ! La systémique a-t-elle une explication à proposer ? 

Principe d'incertitude

Einstein disait que « Dieu ne jouait pas aux dés ». Il soupçonnait que la mécanique quantique était contre nature. Je me demande si ce n’est pas tout le contraire. 

Le fondement de la mécanique quantique, c’est le « principe d’incertitude d’Heisenberg ». En gros cela signifie que l’on ne peut rien connaître exactement. 

Or, il semble que cela soit aussi un principe de la vie : « qui veut faire l’ange fait la bête ». Un désir d’absolu produit son contraire : le chaos. C’est l’histoire de tous les totalitarismes, et le drame de la politique gouvernementale. 

Etre incapable de comprendre cela pourrait être le propre de l’homme, en particulier de l’élite intellectuelle : la raison est naturellement déterministe. 

Pour autant, le déterminisme n’est pas inutile. L’homme modélise, et la modélisation lui donne des idées. Et l’envie d’entreprendre. Alors il se jette à l’eau. 

Rien ne se passe comme prévu. Peut-être, alors, que, comme le pilote de chasse poursuivi par un missile, sa raison se débranche-t-elle ? Et il est sauvé par ses esprits animaux ? En tous cas, il atteint souvent une fin inattendue. Mais une fin tout de même. Une autre façon de comprendre « incertitude » ?

La malédiction du plastique

Le plastique un un terrible danger pour l’humanité, mais pas celui que l’on dit. Il se transforme en nanoparticules, et celles-ci traversent les systèmes immunitaires des êtres vivants. Ce qui peut résulter en cancers. (Ce blog a consacré plusieurs articles à cette question.)

La « transition climatique » ne va pas stopper ce phénomène, mais, au contraire, l’accélérer :

  • Les technologies qu’elle utilise (en particulier pour les voitures électriques) emploient en masse le plastique. 
  • Le recyclage est pire que le mal : il laisse croire que le plastique est inoffensif et il met du plastique là où il n’y en avait pas, et donc tue des filières vertueuses. 
  • Le pétrole étant éliminé comme combustible doit trouver d’autres usages, et le plastique est une diversification à haute valeur ajoutée. 

C’est ce que j’ai entendu dans Affaires étrangère de Christine Ocrent (France Culture).  

Enseignement ? C’est exactement le mécanisme que décrit le club de Rome. A chaque fois que l’on pense remédier à un mal, on en produit un plus grand. La « transition climatique », si elle veut réussir, a besoin d’une vision systémique pour la guider. En particulier, elle ne peut pas prendre comme indicateur les seules émissions de gaz à effet de serre. 

(Les travaux issus du club de Rome.)

Avortement et énantiodromie

Le féminisme est devenu tellement puissant et agressif qu’aux USA on parle de « Feminazism ». 

Mais que résulte-t-il de son combat d’extermination des « forces du mal » ? La Cour suprême renie le droit à l’avortement. Un arrêt pris il y a 50 ans. 

Un recul de 50 ans !! Quelque-chose qui aurait été totalement inconcevable il y a seulement quelques années. Phénomène de systémique bien connu : l’énantiodromie. 

Même chose que le principe d’incertitude d’Heisenberg en physique : quand vous cherchez l’absolu, vous obtenez le chaos. C’est le « grand théorème » du totalitarisme, ou du déterminisme. 

Et le chaos est bien plus terrible qu’on ne le pense, disait BBC 4, samedi matin. Car les USA se préparent à une guerre fratricide. Le droit à l’avortement est désormais une prérogative des Etats. Les « pro Life » et « pro Choice » sont donc partis pour faire tomber les élus qui n’ont pas leur opinion. De grandes violences sont à craindre. (En particulier des « pro Life », pour qui la vie de l’embryon est plus importante que celle de leur prochain, lorsqu’il ne partage pas leur opinion.)

Désormais, la Cour suprême ne compte plus, elle ne remplit plus sa mission d’arbitre. Elle a perdu toute crédibilité. Or, comme le notait déjà Tocqueville, c’est la fondation même de la démocratie américaine !

Et si l’on étudiait la systémique ? 

Sherlock Holmes

J’écoute Sherlock Holmes. BBC4 extra a toute une collection d’épisodes de ses aventures, dont certains ont été enregistrés après guerre. 

Je n’ai jamais goûté les romans de Conan Doyle, que je trouve mal écrits, mais j’aime bien ces nouvelles, car elles ne parlent que de ce qui importe : l’énigme. 

En me renseignant sur lui, d’ailleurs, j’ai découvert qu’il s’était inspiré d’une personne réelle. (Et que son nom de famille était « Doyle ».)

Ce genre d’histoire est un exercice de phénoménologie. L’intelligence collective donne une première interprétation d’un ensemble de faits. L’enquêteur discerne ses « biais de jugement », nos paresses intellectuelles coupables, et, de proche en proche, reconstitue une « autre » réalité. 

Un exercice à enseigner aux enfants ?