Education nationale : changement raté

L’Education nationale est un exemple extraordinaire de changement raté. Et surtout de ce que signifie un changement raté.

Il a été décidé, un jour, que tout le monde irait au lycée, aurait le bac, et poursuivrait ses études ensuite le plus longtemps possible. Qu’est-ce que cela a donné ? 

  • Inadaptation de l’offre d’emploi à la demande. L’Education nationale formant des intellectuels, a fait des filières professionnelles (qui font la fortune de l’Allemagne), et artisanales (qui firent la fortune d’un pays de haute culture, comme la France) des voies d’échec. Donc chômage et dépression économique. 
  • Perte de sens : l’orientation scolaire n’a aucun lien avec le talent et surtout la vocation de l’individu. Nous avons produit des générations « absurdes ».
  • Le plus fort : l’Education nationale fut excellente ! Si elle formait, comme actuellement les Anglais, des intellectuels d’exception, cela tenait à la qualité du lycée. On y trouvait des enseignants d’élite : en particulier les normaliens, agrégés « du secondaire ». Contrairement à aujourd’hui, le professeur, intellect d’élite !, considérait le lycéen comme son avenir ! C’était à ce moment que les personnalités se formaient. Les études ultérieures n’avaient que peu d’importance. 
En bref, l’Education nationale, creuset d’intellectuels, pour avoir voulu faire de nous tous des intellectuels, a perdu son âme, et a produit des paumés. 
(Autre effet du changement raté : quand le désastre est aussi effroyable, on ne peut qu’en rire ?)

EDF nationalisé

Il est arrivé ce qu’il devait arriver : EDF a été nationalisé. 

L’histoire d’EDF est celle de beaucoup d’entreprises publiques. De hauts fonctionnaires en prennent la direction. Vous allez voir, ce que vous allez voir, nous allons faire de ce mastodonte inefficace, un champion de l’économie de marché !

Quelques années après, l’entreprise est percluse de dettes, et ne sait plus travailler. Elle a trop d’énarques et de polytechniciens, et plus aucun soudeur. On fait alors appel au contribuable, qu’on trouve pourtant si paresseux et inutile. Depuis le Crédit Lyonnais, l’histoire se répète sans cesse. 

Notre élite gouvernante a une curieuse caractéristique : quel que soit ce qu’elle touche, cela se termine en dette publique ! La systémique a-t-elle une explication à proposer ? 

Principe d'incertitude

Einstein disait que « Dieu ne jouait pas aux dés ». Il soupçonnait que la mécanique quantique était contre nature. Je me demande si ce n’est pas tout le contraire. 

Le fondement de la mécanique quantique, c’est le « principe d’incertitude d’Heisenberg ». En gros cela signifie que l’on ne peut rien connaître exactement. 

Or, il semble que cela soit aussi un principe de la vie : « qui veut faire l’ange fait la bête ». Un désir d’absolu produit son contraire : le chaos. C’est l’histoire de tous les totalitarismes, et le drame de la politique gouvernementale. 

Etre incapable de comprendre cela pourrait être le propre de l’homme, en particulier de l’élite intellectuelle : la raison est naturellement déterministe. 

Pour autant, le déterminisme n’est pas inutile. L’homme modélise, et la modélisation lui donne des idées. Et l’envie d’entreprendre. Alors il se jette à l’eau. 

Rien ne se passe comme prévu. Peut-être, alors, que, comme le pilote de chasse poursuivi par un missile, sa raison se débranche-t-elle ? Et il est sauvé par ses esprits animaux ? En tous cas, il atteint souvent une fin inattendue. Mais une fin tout de même. Une autre façon de comprendre « incertitude » ?

La malédiction du plastique

Le plastique un un terrible danger pour l’humanité, mais pas celui que l’on dit. Il se transforme en nanoparticules, et celles-ci traversent les systèmes immunitaires des êtres vivants. Ce qui peut résulter en cancers. (Ce blog a consacré plusieurs articles à cette question.)

La « transition climatique » ne va pas stopper ce phénomène, mais, au contraire, l’accélérer :

  • Les technologies qu’elle utilise (en particulier pour les voitures électriques) emploient en masse le plastique. 
  • Le recyclage est pire que le mal : il laisse croire que le plastique est inoffensif et il met du plastique là où il n’y en avait pas, et donc tue des filières vertueuses. 
  • Le pétrole étant éliminé comme combustible doit trouver d’autres usages, et le plastique est une diversification à haute valeur ajoutée. 

C’est ce que j’ai entendu dans Affaires étrangère de Christine Ocrent (France Culture).  

Enseignement ? C’est exactement le mécanisme que décrit le club de Rome. A chaque fois que l’on pense remédier à un mal, on en produit un plus grand. La « transition climatique », si elle veut réussir, a besoin d’une vision systémique pour la guider. En particulier, elle ne peut pas prendre comme indicateur les seules émissions de gaz à effet de serre. 

(Les travaux issus du club de Rome.)

Avortement et énantiodromie

Le féminisme est devenu tellement puissant et agressif qu’aux USA on parle de « Feminazism ». 

Mais que résulte-t-il de son combat d’extermination des « forces du mal » ? La Cour suprême renie le droit à l’avortement. Un arrêt pris il y a 50 ans. 

Un recul de 50 ans !! Quelque-chose qui aurait été totalement inconcevable il y a seulement quelques années. Phénomène de systémique bien connu : l’énantiodromie. 

Même chose que le principe d’incertitude d’Heisenberg en physique : quand vous cherchez l’absolu, vous obtenez le chaos. C’est le « grand théorème » du totalitarisme, ou du déterminisme. 

Et le chaos est bien plus terrible qu’on ne le pense, disait BBC 4, samedi matin. Car les USA se préparent à une guerre fratricide. Le droit à l’avortement est désormais une prérogative des Etats. Les « pro Life » et « pro Choice » sont donc partis pour faire tomber les élus qui n’ont pas leur opinion. De grandes violences sont à craindre. (En particulier des « pro Life », pour qui la vie de l’embryon est plus importante que celle de leur prochain, lorsqu’il ne partage pas leur opinion.)

Désormais, la Cour suprême ne compte plus, elle ne remplit plus sa mission d’arbitre. Elle a perdu toute crédibilité. Or, comme le notait déjà Tocqueville, c’est la fondation même de la démocratie américaine !

Et si l’on étudiait la systémique ? 

Sherlock Holmes

J’écoute Sherlock Holmes. BBC4 extra a toute une collection d’épisodes de ses aventures, dont certains ont été enregistrés après guerre. 

Je n’ai jamais goûté les romans de Conan Doyle, que je trouve mal écrits, mais j’aime bien ces nouvelles, car elles ne parlent que de ce qui importe : l’énigme. 

En me renseignant sur lui, d’ailleurs, j’ai découvert qu’il s’était inspiré d’une personne réelle. (Et que son nom de famille était « Doyle ».)

Ce genre d’histoire est un exercice de phénoménologie. L’intelligence collective donne une première interprétation d’un ensemble de faits. L’enquêteur discerne ses « biais de jugement », nos paresses intellectuelles coupables, et, de proche en proche, reconstitue une « autre » réalité. 

Un exercice à enseigner aux enfants ? 

Humanité : crise existentielle ?

Nous venons de découvrir que, volontairement ou non, M.Poutine peut déclencher un accident nucléaire. Mais il n’est pas le seul. M.Xi Jinping veut envahir Taiwan, et, demain, M.Trump pourrait diriger les USA. Ces personnes commandent les armées les plus puissantes du monde.

Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. D’Internet au secteur médical, le « progrès » met entre les mains des individus les moyens de détruire l’humanité. Et d’individus, hommes politiques, scientifiques, milliardaires, ou simple bricoleur… qui ne sont pas les plus éclairés d’entre nous. 

Ce problème a été identifié, après guerre, par la communauté scientifique. Pour elle, le mal venait du « réductionnisme », l’obsession de l’humanité de l’individu ultime, de l’atome au sens grec du terme. Ce qui a conduit à la physique. Cette pensée nie la réalité de la vie, et conduit à la détruire. 

Cela a débouché sur la systémique, puis la théorie de la complexité. Edgar Morin est un des derniers représentants de ces temps. Le fameux « rapport du club de Rome » est un exemple de ce qu’elle a produit. 

La question est devenue infiniment plus grave. Non seulement le « progrès » n’a pas changé de principe, mais il n’est plus entre les mains de quelques-uns. Nous devons trouver le moyen de contenir les pulsions destructrices de milliards d’individus. 

Comme le disait Schumpeter, qui, lui, s’intéressait aux crises économiques, la solution est le « communisme ». Pas au sens de Marx, mais au sens de contrôle du « bien commun », qui est notre humanité. Au sens d’Elinor Ostrom. 

Comment faire ? La seule chose que l’on sache, c’est que, dans ce domaine, on ne sait rien et que, probablement, toutes les solutions que nous avons spontanément en tête sont pires que le mal… 

Méfie-toi de l'Etat quand il fait des cadeaux ?

Le CRTE (contrat de relance et de transition écologique), c’est  la relance par en bas. Les intercommunalités décident de projets locaux et en négocient les moyens avec l’Etat. Le changement planifié ? La fin du jacobinisme ?

« Le CRTE, un paquet sans cadeau » répond : attrape nigaud. En réalité, ce serait un moyen déguisé de faire faire à la collectivité locale ce qu’a décidé l’Etat, mais avec moins de moyens qu’auparavant. Mais, avec, en plus, le handicap nouveau d’un cadre dysfonctionnel hérité des dernières réformes : c’est l’intercommunalité qui décide, alors que c’est la commune qui connaît et subit la réalité, et doit appliquer les décisions d’en haut. 

Curieusement, on retrouve quasi exactement le mécanisme décrit pour les EHPAD dans un précédent billet. L’Etat jacobin impécunieux décide en fonction de la dernière mode (environnement, relance…), sans faire aucun choix, c’est génétique ? Mais ne veut pas assumer le coût de ses décisions ? Pour cela, il invente un dispositif supposé abuser le bon peuple, et lui faire réaliser des exploits, contre sa volonté. 

Peut être serait-il temps qu’il comprenne que ce qui est bon pour l’Ukraine est bon pour la France ? La défiance mine une nation. Le jour où notre gouvernement sera convaincu que l’entourloupe est interdite, il fera enfin travailler le cerveau qui lui vaut le titre « d’élite » et le pays entamera son redressement ? 

Meilleur des mondes

A l’époque où je travaillais avec les Chambres de commerce, leurs dirigeants me disaient qu’ils avaient la nostalgie des communistes : ils étaient convaincus qu’ils ne connaissaient rien à l’entreprise, mais ils voulaient de l’emploi. Tant que l’entreprise en fournissait, ils laissaient la Chambre faire son travail.

En écoutant l’histoire d’Ernest Bevin, je me suis demandé s’il n’aurait pas été plus efficace pour tout le monde que les syndicalistes aient été de droite. Les employés auraient bien gagné leur vie, et il n’y aurait pas eu de grèves. 

Comme dans ces histoires que l’on me racontait dans mon enfance, selon que l’on met une personne à un endroit ou à un autre, on obtient le paradis ou l’enfer ? Et c’est la raison et le bon sens qui pavent ce dernier ?

Staline, tsar comme les autres ?

On décrit Staline comme un ogre. Mais n’était-il pas, plutôt, un genre de tsar ? Solution de continuité ?

J’entendais, il y a déjà pas mal de temps, que le Goulag pourrait avoir remplacé le servage. Le pays ne pouvait pas vivre sans main d’oeuvre gratuite. En lisant Boulgakov (un billet précédent), j’y vois, aussi, une société qui collabore activement. D’ailleurs, comment un homme seul pourrait-il diriger tout un pays, sans collaboration enthousiaste ? Pas besoin d’être La Boétie ou Hannah Arendt pour se poser la question. Quant aux millions de morts, n’était-ce pas, tout simplement, un résultat normal de ce type de système ? La politique de Mao, elle-aussi, a tué en grand. Et les guerres napoléoniennes ont ravagé l’Europe, dans la joie et la bonne humeur. D’ailleurs, cela n’a jamais gêné personne que les guerres fassent des millions de morts, et de blessés.

Arrêtons d’attribuer les maux de l’humanité à des boucs émissaires, et considérons notre responsabilité collective ?