Le compteur de ce blog annonce que cet article est son quatorze millième.
Cela représente 16 ans de travail. Ce qui est surprenant, lorsque l’on y songe un peu. Comme le temps passe !
Comment a-t-il évolué ? Il a été victime de « gains de productivité ». Mon activité associative ne me donne plus le temps de m’intéresser à grand chose. J’y passe l’équivalent de plusieurs plein temps. Si bien qu’il s’est mis à parler de moi. Ce qui est une solution de facilité.
Il a été créé pour étudier le monde en changement, à une période de désarroi. Il prenait la suite d’un club que j’avais monté, pour mener la même étude, après la dislocation de la bulle Internet.
Alors, que dire ? J’ai longtemps cru que le monde doutait, donc qu’il était intelligent. En cela je rejoignais peut-être Socrate. Mais j’observe que ce n’est plus les cas. Qui est plus sûr de soi qu’un Macron ou un écologiste ?
Cela présente un danger dont on n’a pas toujours conscience : ce qui ne va pas n’est pas le « pourquoi », mais le « comment ». L’exemple même en est M.Poutine : il veut rendre sa fierté à son pays, ce qui est bien. Mais déclarer la guerre au monde pour ce faire l’est moins. C’est ce type d’erreur qui fait échouer le changement.
La grande nouveauté de ces derniers temps aura été la crise mondiale. Depuis le covid, la crise succède à la crise. Je craignais que l’inflation soit la « big one », comme on dit du tremblement de terre qui rasera un jour San Francisco. En fait, c’est probablement M.Macron qui l’a déclenchée. Il souffrait sans doute ne ne pas être au centre de toutes les attentions.
Mon explication « systémique » à ces crises est qu’un ordre du monde succède à un autre. Une explication anthropologique serait que la culture américaine aurait envahi la planète et que, aujourd’hui, les cultures nationales seraient en train de la rejeter. La victoire de ce modèle ne remonterait pas à la chute du mur de Berlin, comme le croient les Américains, mais à bien avant. N’est-ce pas lui qui a inspiré 68, et liquidé « l’ascenseur social » qu’était notre système éducatif ?
Qu’est-ce qui va en sortir ? Une renaissance culturelle ? Ou un monde bancal, à la façon japonaise ou coréenne du nord, qui garde un peu de son passé, dont elle aurait peut-être dû se débarrasser, mais a perdu tout élan vital ?
En ce qui concerne la France, ce qui est frappant est la complexité du processus qui en avait fait ce qu’elle était. Le projet de la 3ème République avait été conçu par nos plus beaux esprits, et faisait l’objet d’une forme de consensus. Il a été balayé en un rien de temps par la séduction du « laisser-faire » anglo-saxon. Notre nation peut-elle renaître sans un tel travail de fond ?
Travail d’autant plus complexe qu’il ne peut être une copie du passé. L’intérêt de la vague anglo-saxonne, et de 68, est de nous avoir montré ce qui était fragile, voire ridicule, dans notre société. En particulier, grand théorème de systémique, plus on veut se protéger, plus on augmente le danger : car, alors, il vient de l’intérieur, du parasitisme et de la guerre civile. La société résiliente n’a pas de remparts. Et elle n’a pas non plus d’institutions, car, comme on le voit actuellement, les défenses passives sont retournées contre leur objet par l’assaillant.
Bref, notre élite de « possédés » a peut être raison, quand elle se voit l’agent de la « destruction créatrice ». En faisant exploser la société, elle nous force à sortir de notre léthargie, à prendre conscience de la plongée du monde dans la vieillesse, et de l’utilité de remettre en marche notre cerveau ? Ce qui ne tue pas renforce ?