Action Research

Action Research, une technique à redécouvrir ?

Action Research a été la grande mode des sciences humaines d’après guerre. Elle a notamment été appliquée dans le règlement des conflits sociaux (par exemple conflits entre communautés immigrées aux USA). Pendant la guerre on l’a utilisée, par exemple, pour savoir comment communiquer au peuple américain (elle a conclu, en substance, que, conformément à la culture américaine, il fallait lui dire la vérité). Elle a eu une longue influence, mais le terme a été oublié.

Action Research, c’est le contraire de la façon dont le monde a été dirigé ces dernières décennies. Ce monde a appliqué « d’en haut » des théories, sans se préoccuper de savoir si elles donnaient bien ce que l’on en attendait. Théories multiples d’ailleurs. Un exemple en est le marché, supposé mener à l’optimum humain. Dans les années 90, l’Amérique a cru que la chute de l’URSS enlevait le dernier obstacle au capitalisme, et que nous allions vivre heureux, sans plus de crise, et que la croissance mondiale serait, éternellement, d’au moins 4% (« nouvelle économie »). A l’inverse se trouve la théorie du « care », la compassion donnant le droit d’intervenir dans la vie de l’autre. Mais c’est probablement Internet qui a produit le plus d’idées farfelues. Par exemple, on a cru que ce serait un paradis libertaire, puis qu’il répandrait la démocratie, mais aussi que tout serait logiciel et qu’il n’y aurait plus d’intervention humaine dans sa vente (« no touch »), etc.

Tout cela a donné le contraire de ce qui était annoncé. Phénomène qui s’appelle l’énantiodromie.

Action Research part de la réalité des hommes, comme être sociaux (elle travaille avec des groupes, pas des individus), et essaie de comprendre ce qui se passe. Si elle détecte une insatisfaction, elle propose ses services. Acceptés ou non. S’ils le sont, elle tente de créer des conditions qui facilitent la recherche par le groupe humain de ce qui cause ses difficultés, et de solutions qui lui conviennent. Pour cela, elle va, notamment, lui proposer le secours de la « science« , c’est-à-dire de méthodes qui semblent avoir marché par le passé. De cette expérience va résulter une évolution de la dite « science ».

Meta Trump ou pourquoi M.Trump est populaire

Comment les Américains peuvent-ils tolérer un président qui n’arrête pas de se contredire ? Et pourtant les sondages disent que les élections américaines sont incertaines.

Explication systémique ?

Nous sommes des gens de raison, donc nous jugeons que tout doit être raison (sauf ce que nous faisons !). Mais il y a la foi. J’ai vécu au temps du Parti Communiste. Ses partisans croyaient ce qu’il disait quelles que soient sa vérité et sa cohérence. Même Jean-Paul Sartre, normalien et major de l’agrégation de philosophie, peut-il y avoir mieux en termes de raison ?, croyait. Il y a aussi la religion, raillée pour ses incohérences par Voltaire et les philosophes des Lumières, et pourtant qui tient ferme.

Comme Jean-Paul Sartre, qui ne voulait pas « désespérer Billancourt », le croyant a ses raisons, que la raison ne comprend pas. Il pense qu’il y a une raison au dessus de la raison. C’est même l’argument de certains docteurs de la loi : les contradictions des textes sacrés révèlent un au delà. « Aime et fais ce que tu veux », dit Saint Augustin.

Le système américain ? M. Trump a compris que ce qui comptait était son comportement et pas ses paroles (la recette du populisme). La presse « d’opposition » a compris que dénoncer les incohérences de M.Trump faisait vendre. Ce qui, en retour, renforce la popularité de Trump… Tout le monde y gagne.

L’économie en perspective de J.K. Galbraith

Une histoire de l’économie fort agréable à lire ! (Ce qui mérite d’être signalé.)

J.K. Galbraith explique non seulement que l’économie classique est basée sur des hypothèses fausses, mais que si elle a eu une vie aussi longue, c’est simplement parce qu’elle est favorable aux « puissants » (et aux économistes). D’ailleurs, il montre que chaque théorie économique a plus ou moins inconsciemment justifié les idées de classes dominantes ou montantes.

Il explique qu’il faut faire sauter la barrière (que l’on doit à Keynes) entre micro et macro économie, car les mesures macro économiques sont impuissantes pour réparer les grands problèmes de la société (exemple : le chômage) dont les causes sont micro économiques, et se trouvent dans le comportement de l’homme ou du groupe humain, qui n’est pas celui que lui prête l’économiste classique.

Un exemple : dans les années 30, les économistes du brain trust de Roosevelt ont découvert que, contrairement à ce qu’affirmait la théorie classique, l’économie était dominée par un tout petit nombre d’entreprises. Le problème de l’époque, qui avait été amené par l’avènement des ces oligopoles qui se trouvaient en situation de force par rapport à leurs employés, était un cercle vicieux de baisse des prix. Ils ont donc proposé d’amener ces quelques entreprises, par négociation, à relever leurs prix.

(Remarque : à rapprocher de la systémique ? On y voit 1) les fameux cercles vicieux, sujets de la systémique ; 2) l’élimination du problème, grâce à une solution à énergie faible, parce qu’on a repéré le blocage, qui est « micro économique ».)

A relire ?

Comment être populaire ?

Internet est le rêve de l’homme de systémique. Toutes les prévisions que l’on a faites le concernant (le triomphe du libertaire, de la démocratie…) ont été mises cul par dessus tête ! Récemment, je me suis intéressé à la popularité des nouvelles qu’on lit sur Internet. On disait que les meilleurs articles seraient « nécessairement » ceux qui gagneraient et que nous lirions tous…

Ce n’est pas la qualité qui crée le lectorat, mais le contraire. Internet est favorable au développement de communautés de copains. Les journalistes eux-mêmes appartiennent à de telles communautés. Leurs messages n’en sortent pas. Vue la façon dont fonctionnent les moteurs de recherche, ils donnent le plus de poids aux articles des plus grosses communautés…

Quant à la censure qu’exerce Facebook, on peut se demander sur quoi elle s’exerce. En effet, ces cercles s’alimentent eux-mêmes. Mon hypothèse est que Facebook censure essentiellement tout ce qui diffère de la doxa, donc, essentiellement, des informations utiles (les autres étant intouchables). Il ne doit pas bon s’appeler Pasteur par les temps qui courent.

Comment cela marchait-il avant ? Il y avait des leaders d’opinion globaux, reconnus de tous. Quand le jury Goncourt jugeait bon un livre, tout le monde le lisait…

Organiser la régulation mondiale

Les épidémies proviennent massivement d’un passage de virus de l’animal à l’homme provoqué par la destruction des écosystèmes. Et si l’on mettait en place une régulation qui défendait notre « bien commun » : notre écosystème ?

La question de la régulation mondiale est sujette à âpres discussions. Etrangement, elle a une solution simple, quoi que simple a posteriori. C’est l’objet des travaux du prix Nobel d’économie Elinor Ostrom.

La société tente-t-elle d'asservir l'homme ?

Suite de ma série sur le changement planétaire en quelques livres. Une question qui revient régulièrement : et si la société était un « être » ? Tendrions-nous à devenir des organes ?

Curieusement, les grands courants de pensée individualistes prennent l’optique inverse : l’homme étant un loup pour l’homme, pour éviter une oppression, il faut qu’un mécanisme neutre dirige la vie collective (par exemple le marché financier).

Une idée de changement ?

L'optimisme paradoxal des Limites à la croissance

Les limites à la croissance. Le rapport du Club de Rome de 72. L’origine de la « colapsologie » ?

Mais le lit-on bien ? Et s’il disait que le changement du non durable au durable n’avait rien de sorcier ?

Je poursuis ma relecture de quelques classiques du changement humain :

Retrouvons la niaque pour l'après confinement

De quoi a-t-on le plus besoin ? D’optimisme.

Et si l’on allait chercher dans la littérature scientifique quelques idées fortes et stimulantes, qui nous fassent voir l’avenir avec un autre oeil ?

Je commence, avec la systémique et la théorie de la complexité…

Zéro délai de paiement

Nombre de grandes entreprises ont la tentation de ne pas payer leurs fournisseurs. Risque : des défaillances en série et une crise aggravée, que l’Etat ne pourra pas contenir.

L’idée de Zéro délai de paiement est faire le contraire. La faiblesse de l’entreprise française étant sa trésorerie, il faut payer immédiatement ce que l’on doit pour maintenir au mieux notre tissu économique, et conserver l’argent de l’Etat pour les réelles urgences.

 Et si vous aussi vous faisiez de la publicité à cette idée ?

Avez-vous le style confiné ?

Une nouvelle mode ? Le style « confiné » ? Revendiquer l’état dans lequel nous met le confinement ? Eliminer les conventions sociales, d’aspect en particulier, qui ne sont que contraintes gratuites ? Le jeunisme, notamment ? Remise en cohérence de nos valeurs, avec nos intérêts, et pas avec ceux du marché ? Le confinement contre « l’aliénation » ?