Voter Biden

Les USA, ce n’est pas la démocratie, mais la Cour suprême. Tout s’y termine, tout s’y décide. Or, celle-ci est maintenant dominée par des conservateurs fondamentalistes. Elle ne représente plus la nation. 

La faute de Trump ? Depuis la fin du mandat de M.Clinton, les USA sont aux prises avec l’équivalent de guerres de religions. Les modérés des deux camps ne s’étant pas tendu la main, ce sont les (ultra) extrêmes qui ont gagné. Ce qui arrive à la Cour suprême est l’équivalent du cancer pour l’homme. « Le pronostique vital est engagé » dirait la radio. 

Arrive M.Biden. France Culture rapportait, avec horreur, qu’il avait déclaré avoir travaillé en bonne intelligence avec des sénateurs ségrégationnistes. Eh bien, cela semble exactement la solution « systémique » dont a besoin l’Amérique. 

(Quant aux ségrégationnistes, le meilleur moyen de les faire changer d’avis est peut-être de discuter avec eux ?)

Systémique et lutte contre la Mafia

Il y a plus efficace que la prison, pour lutter contre la Mafia. Aller en prison est un rite pour le mafieux. Saisir ses biens, le fruit de ses efforts, lui fait beaucoup plus de mal. Surtout, en faire un usage public. En particulier, les utiliser pour fournir de l’emploi à ceux que l’indigence aurait pu amener à devenir ses hommes de main. Voilà ce que l’on fait en Italie. Et voilà ce qui semble un moyen efficace de combattre le crime partout : lui retirer son terreau : la pauvreté ? 

En tout cas, c’est une approche systémique de la question. 

(Source : France Culture.)

Incompréhension : clé des relations sociales ?

Discussion avec une photographe d’animaux sauvages. Je découvre qu’ils sont remarquablement dangereux. Quelle que soit l’espèce concernée. Le risque (mortel), c’est de croire qu’on les comprend, et, encore pire, de projeter sur eux nos modèles de pensée (« il m’aime bien »). Il faut être, en permanence, sur le qui-vive. Effet surprenant, ceux qui vivent avec les animaux sauvages développent une forme de mimétisme. Ils apprennent à penser comme eux.

Nous nous sommes rendu compte que cette attitude pourrait rendre de grands services à l’humanité. Notre erreur est de croire que l’on comprend l’autre homme, parce qu’il parle notre langue, ou qu’il nous ressemble. Du coup, nous projetons sur lui des préjugés, dont les conséquences finissent par nous exploser à la figure.

Nouvelle attitude : je ne comprends pas l’autre, il est remarquablement dangereux, mais, aussi, il est intéressant. Conséquence ? Je ne sais plus rien. Je suis sur le qui vive. Je ne le quitte pas des yeux. J’ai à la fois peur, et je suis fasciné. Et, si j’ai un peu de chance, au bout d’un moment, je vais commencer à comprendre « quelque chose », à percevoir chez l’autre une logique que je ne soupçonnais pas. Si je pousse encore plus loin, son attitude vis-à-vis de moi va se transformer. C’est à ce moment que notre photographe prend sa photo !

Génération provoc ?

L’autre jour, j’entendais raconter la vie de Flaubert. Flaubert critiquait la société dont il était le plus pur produit. Un anti bourgeois, qui a vécu de ses rentes !

Son cas est intéressant, parce que, lui et ses semblables, seraient le modèle du Bobo moderne. (Le terme « bohème » vient d’eux.) Et, effectivement, Bob Dylan doit sa fortune à sa dénonciation d’une société dont il a été le premier bénéficiaire. Bob Dylan, un des « notaires » de Jacques Brel ?

Cela pose une foule de questions, sans fin. Pourquoi notre société produit-elle de la schizophrénie ? Comment se fait-il que l’on aime ceux qui nous critiquent ? Que l’on crée un marché pour eux ? Ce faisant que leur irrationalité devienne rationnelle ?…

Mais tout a peut être une fin, quand même. Ce type de stratégie ne se justifie probablement que lorsque l’on est en « minorité », la provocation est la révolte de l’enfant contre la contrainte bienveillante du parent. Maintenant que notre société a donné le pouvoir à l’éducation, le Bobo nous dirige. Il doit faire face à ses contradictions. Et devenir adulte ?

Feed back loop

Feed back loop / boucle de rétroaction, je n’ai entendu parler que de cela pendant mes études. C’est fondamental, et pourtant c’est oublié.

Pour contrôler un « système », il faut, simplement, savoir ce qui s’y passe. Et réagir en fonction. Les anglo-saxons ont un terme qui est peut être plus pédagogiquement efficace : « skin in the game ».

La France, depuis toujours, rejette cette idée. Pour elle, il y a une vérité absolue, qui doit être appliquée en force. Voilà ce qui fait qu’il y a des révolutions et des vagues de « dégagisme ». Quand on ne comprend pas ce qui se passe dans un pays, quand on n’a pas une bonne feed back loop, on a de violentes surprises.

Serait-ce ce que la « démocratie participative » de M.Macron essaie de corriger ?

Intelligence relationnelle : ce dont nous manquons le plus ?

Maître Sabine Bernert parle « d’intelligence relationnelle ». Mieux que l’intelligence émotionnelle ?

Maître Bernert dit : « dans un procès, tout le monde perd » ! Ce qui est essentiel pour nous est la relation avec l’autre (pour l’entreprise : ses clients, fournisseurs, employés…). Le principe même du droit, moi et « mes droits », est fatal à la relation, mauvais !

Tout l’exercice du conflit, qui se solde aujourd’hui par un procès, doit conduire à changer la façon dont on voit sa relation à l’autre, pour en tirer une solution qui profite à chacun. Car cette relation, bien comprise, a en elle-même quelque-chose qui peut me rapporter beaucoup plus qu’un procès. Et c’est, d’ailleurs, la même chose pour l’autre.

Mais alors, plus besoin d’avocats ? Le droit demeure. L’avocat nouveau, médiateur et créatif, invente des solutions qui s’appuient sur le droit pour aller au delà.

Comme il y a physique et métaphysique, l’intelligence relationnelle, c’est le passage de la justice à la métajustice ?

(Article.)

Raison, énantiodromie et fin du monde

On a voulu réformer la société pour la rendre économiquement efficace, conséquence : une crise économique sans précédent ! Vouloir réussir produit l’échec, vouloir faire de ses enfants des génies, produit des cancres. Suivre sa raison donne le contraire de ce que l’on voudrait. C’est « l’énantiodromie ».

Et si c’était, plus que le réchauffement climatique, ce qui menace l’espèce humaine ?

Peut-on l’expliquer ? Je me demande si cela ne vient pas de l’association entre raison et « lois ». La raison croit qu’il y a des lois naturelles. Il suffit de les suivre, sans réfléchir. Or, même les lois de la physique ne marchent pas. Par exemple, un satellite ou une sonde demandent des ajustements de trajectoire permanents. Sinon ? « Enantiodromie ». Et les sociétés ? Les lois s’appliquent à tous, sauf à quelques exceptions. Et ces exceptions retournent l’opinion !

Antidote ? Aime et fais ce que tu veux. Une attention permanente.

Prendre l'épidémie à la racine

Comment attaquer les épidémies à leur cause, de manière systémique ? se demande un groupe d’experts internationaux. Après une étude systématique des causes de passage d’un virus de l’animal à l’homme, ils concluent que « les interactions des hommes et des animaux domestiques et sauvages doivent changer radicalement ». Ils proposent « 161 options ». (Article.)

Les 161 options comprennent :

  • Des lois interdisant la cohabitation de différents animaux sauvages ou d’animaux sauvages et domestiques pendant le transport et sur les marchés ; 
  • L’augmentation de la consommation d’aliments d’origine végétale afin de réduire la consommation et la demande de produits d’origine animale ; 
  • Des protocoles de sécurité pour la spéléologie dans les zones à forte densité de chauves-souris, comme l’utilisation de combinaisons et de masques étanches ; 
  • L’amélioration de la santé animale dans les fermes en limitant les densités de stockage et en garantissant des normes élevées de soins vétérinaires.

Enfin une façon rationnelle de prendre le problème ?

L'Etat d'après : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas ?

Elie Cohen s’interroge sur l’Etat d’après :

Pour le gouvernement, passé le moment de l’autocritique, trois chantiers ont été ouverts qu’il faudra suivre : celui de la réforme du système de santé qui éclipse celle des retraites ou comment tirer le meilleurs parti des budgets mobilisés (comparables à l’Allemagne mais bien moins efficaces) ; celui de la réforme de l’État dans le sens de la déconcentration, de la décentralisation et de la simplification administrative (qu’est devenu le nouveau girondisme un moment envisagé par le président de la République ?) ; et enfin celle de la stratégie industrielle articulée entre niveau européen et niveau national (sans renouer avec les mânes de Colbert, quels sont les segments des chaînes de valeur ajoutée à préserver sur le territoire européen et à défaut français ?).

C’est la mise en cause du principe même des réformes des dernières décennies. il

La légumineuse, solution à l'alimentation durable ?

Le Sénat changerait-il ? Voilà qu’il fait des propositions. Comment aller vers une « alimentation durable ».

Et une surprise : une approche systémique du changement : remplacer la viande par les légumineuses pourrait être une transformation décisive !

La proposition la plus originale du rapport consiste en la promotion d’une filière légumineuse (pois chiches, fèves, lentilles, haricots et autres) – car, comme le disent les rapporteurs, une transition alimentaire durable implique de réduire la consommation de viande, et les légumineuses sont une excellente source alternative de protéines. « Réduire la consommation de viande animale de 20 à 30 % n’aurait pas d’effet sur notre équilibre alimentaire, mais permettrait de revenir à un élevage plus extensif pour remobiliser des espaces (de pâturages, ndlr) abandonnés, et de libérer en même temps du foncier pour, par exemple, la culture des légumineuses », affirme Jean-Luc Fichet. 

Les sénateurs proposent d’augmenter leur consommation de 4 à 11 kilos par Français et par an, ce qui implique une surface cultivée de 520 000 hectares, contre 115 000 aujourd’hui. Et également « d’abandonner la monoculture, de remettre des rotations longues » – les légumineuses sont connues pour capter l’azote dans l’air et le fixer dans le sol, ce qui permet de préparer celui-ci pour des cultures plus gourmandes en nutriments, comme les légumes.