Changer le système pas les hommes

Le précédent billet dit de se méfier de la chasse aux sorcières. Ce qui ne va pas, c’est le « système », pas ceux qui le constituent. Qu’est-ce que cela signifie, dans ce cas ?

Il faut renoncer à l’illusion que nos grandes écoles (ou celles des autres) forment des dirigeants de multinationales. D’ailleurs, croire qu’une personne seule peut commander une entreprise, parfois des centaines de milliers de personnes, est erroné. 

On dit que les PME allemandes sont dirigées par des « triumvirats », il est probable qu’il faut concevoir maintenant un nouveau mode de direction de l’entreprise, qui soit une question d’équipe, et d’expérience prouvée sur le terrain, et pas en classe. (Ce que j’appelle parfois un « ordinateur social » : un groupe d’hommes « organisé » pour résoudre les problèmes qui se posent à l’entreprise.)

Un changement systémique est un changement qui s’en prend aux principes de notre pensée, pas aux hommes.

De la particularité du syndicalisme allemand

Comment peut-on être allemand ? s’interrogeait, parlant de nos syndicats, un précédent billet. 

Comme souvent en systémique, il semble que tout soit une question de principe, d’état d’esprit. 

En Allemagne, le syndicat semble convaincu que l’avenir de ses adhérent est lié à celui de leur entreprise. Tous sur le même bateau. En France, le salut, c’est l’Etat. La grève est un appel à l’intervention du gouvernement. 

Si ce raisonnement est juste, il suffirait peut-être que le salarié découvre qu’il ne peut pas attendre de salut de Dieu, pour que notre syndicalisme change… 

Que cache la Burqa ?

Cet été, j’ai entendu une émission dont le sujet était le voile islamique. Une étude a été faite sur celles qui le portent. Curieusement, ce sont souvent des esthéticiennes. Cela ressemble un peu aux théories de Durkheim sur le suicide. Celle qui porte le voile est, en quelque-sorte, une championne des normes culturelles occidentales. Mais ces valeurs l’amènent à une impasse. Par exemple, elle ne peut pas être aussi belle que les images de magazines. Ou encore, elle a trouvé un « copain » vraiment gentil, mais ce n’est pas supportable. Il lui faut un homme, un guerrier. 

Quant à la législation sur le voile islamique, elle a, comme le pass sanitaire, durci le mouvement des durs. 

Le tort est pervers

Un sujet que j’étudie actuellement est la PME. Une première série de gouvernements a dit : que la PME fasse place nette à la start up, elle est dépassée. Le gouvernement actuel : laissons une chance à la PME, c’est la législation qui l’handicape. Et moi, maintenant : nos PME sont exceptionnellement créatives. Mais le dirigeant est déprimé. 

Eh bien, nous avons tous quelque-chose en commun : nous prenons le dirigeant pour un attardé. Or, si l’on considère ce qui se passe là où les PME réussissent, on constate qu’elles sont bien moins autonomes que les nôtres. Ce qui fait la performance, ce n’est pas l’individu, mais le groupe. La force des Allemands, c’est le collectif. Ce collectif existait en France (sans que l’on s’en rende compte), il a disparu. Il faut le restaurer. 

Enseignement ? J’ai toujours tort, dit ce blog. Mais, on ne soupçonne pas à quel point le tort est profond. Ce n’est pas parce que l’on voit une erreur chez l’autre que l’on ne partage pas avec lui l’essentiel, erroné. On appartient tous à la même caverne, et il est extrêmement difficile de s’en extraire. 

De l'efficacité de la pédagogie

Ces gens qui manifestent contre la vaccination obligatoire… Il faudrait leur faire de la « pédagogie ». Leur montrer la fausseté de leurs croyances. Voilà ce que disait l’autre jour un invité de France Culture. 

Pédagogie. Fléau de notre temps ? Que quelqu’un vous explique que ce que vous croyez est faux, est-ce que cela vous donne envie de le croire, lui ? D’ailleurs, de quel droit vous donne-t-il des leçons ? N’est-ce pas un sophiste, qui utilise son art de la parole pour vous embobiner ? Le monde est dirigé par ce type de personne depuis des décennies, et on a bien vu où ça nous a menés… 

Bien sûr, on ne va pas faire de la « pédagogie » au pédagogue. Ça ne marcherait pas mieux qu’avec vous et moi. Et si on tentait autre-choses : au lieu de parler, écouter ? Ecouter dire ce que chacun sait et a sur le coeur. Et chercher si tout cela ne serait pas que différentes facettes d’une même réalité. La démocratie, pas la pédagogie ?

Cela fait du bien de dire du mal

Penser que nos maux sont dûs à des personnes, en particulier à des proches, c’est ne rien comprendre à la systémique. La société est un système. Ce sont ses dysfonctionnements qui causent nos difficultés, qui nous jettent les uns contre les autres. L’Ancien régime parlait de « trouble à l’ordre public ». 

La critique est-elle inutile pour autant ? Elle peut, elle aussi, être systémique. Comme l’explique Bergson, le rire est un moyen élégant de remettre l’autre à sa place. Celui qui « dit du mal » est un lanceur d’alerte, d’une certaine façon.  

Et dire du mal est peut être une première étape de raisonnement. On commence par s’en prendre à son prochain, puis, on en arrive à se demander s’il n’est pas le symptôme d’un dysfonctionnement systémique ? 

Ne censurons pas notre mauvaise humeur ? 

Totalitarisme

Totalitarisme. Bien grand mot. Qui sait ce que cela signifie ? Terme d’insulte sans grande réalité ? 

Peut être, simplement, une pathologie sociale, une crise de folie de l’humanité ? 

Hannah Arendt disait « croire possible l’impossible », autrement dit croire au père Noël. Pour ma part, j’ai remarqué que certains pensent que la haine peut-être une solution aux maux de la société. Meilleure définition ?

L'intelligence est-elle systémique ?

Petit à petit, étude après étude, on nous explique que nous avons subi des réformes qui ont donné le contraire de ce que l’on en attendait. La dernière en date est la réforme des régions de M.Hollande, qui a augmenté la centralisation, la rigidité bureaucratique, les coûts de fonctionnement de l’Etat… 

L’explication du phénomène s’appelle « pensée simplifiante », selon Edgar Morin. Paradoxalement, les grands esprits qui nous gouvernent ne comprennent pas que nous vivons dans un monde « complexe ». Et que la complexité met en déroute leur « bon sens ». 

Voilà pourquoi notre élite est l’objet de la risée populaire : elle est bête. L’intelligence serait-elle systémique ? Après tout, c’est ce que disent bien des cultures. Par exemple le Tao, qui est comprendre le « mouvement des choses ». Le Wuwei, le non agir, c’est obtenir ce que l’on désire sans effort. 

Le paradoxe de la situation est que tout ceci est la faute de notre Education nationale, qui, comme le dit Edgar Morin, enseigne et sélectionne la pensée simplifiante.

(D’ailleurs le QI est une mesure de pensée simplifiante.)  

Portée de baffe

La presse anglo-saxonne a immédiatement parlé de la tentative de gifler notre président. Risque du métier ai-je pensé. Point. Oubli. 

Mais, en entendant la réaction de M.Macron, par hasard à la radio, je me suis dit, ce que je me dis souvent en ces occasions : l’accident révèle les personnalités. (Et l’efficacité des services de protection, qui ont détourné le coup.)

(En tout cas, cet attentat rappelle un autre thème de ce blog : la « pensée simplifiante » d’une grande partie de la population, qui croit que l’on règle les problèmes du monde par la force.)

Effet Mélenchon

Depuis quelques-temps on parle d’une déclaration intempestive de M.Mélenchon. 

Curieux. Juste avant les élections régionales…

Technique de communication ? Efficace : il n’est question que de M.Mélenchon. Ce qui lui permet de répondre à ceux qui l’attaquent… Cercle vertueux. 

S’il y a technique, quel est son mécanisme ? M.Mélenchon, comme, avant lui, MM. Trump, Le Pen, Sarkozy et bien d’autres, s’en prend à ce que l’on n’a pas le droit de dire. Et cela produit une réaction des partis de la morale. Et c’est là, en fait, que se trouve le coup de génie : car quel qu’il soit, l’homme hait la censure et les donneurs de leçon. 

Ceux-ci sont pris au piège : au lieu de laisser s’exprimer ceux qui sont légitimement indignés, ils se croient autorisés à faire ce qu’ils aiment le plus : se donner en spectacle. 

(PS. Un sondage montrerait que la popularité de M.Mélenchon avait chuté de 10% avant qu’il tienne ces propos. Coïncidence ?)