Totalitarisme

Totalitarisme. Bien grand mot. Qui sait ce que cela signifie ? Terme d’insulte sans grande réalité ? 

Peut être, simplement, une pathologie sociale, une crise de folie de l’humanité ? 

Hannah Arendt disait « croire possible l’impossible », autrement dit croire au père Noël. Pour ma part, j’ai remarqué que certains pensent que la haine peut-être une solution aux maux de la société. Meilleure définition ?

L'intelligence est-elle systémique ?

Petit à petit, étude après étude, on nous explique que nous avons subi des réformes qui ont donné le contraire de ce que l’on en attendait. La dernière en date est la réforme des régions de M.Hollande, qui a augmenté la centralisation, la rigidité bureaucratique, les coûts de fonctionnement de l’Etat… 

L’explication du phénomène s’appelle « pensée simplifiante », selon Edgar Morin. Paradoxalement, les grands esprits qui nous gouvernent ne comprennent pas que nous vivons dans un monde « complexe ». Et que la complexité met en déroute leur « bon sens ». 

Voilà pourquoi notre élite est l’objet de la risée populaire : elle est bête. L’intelligence serait-elle systémique ? Après tout, c’est ce que disent bien des cultures. Par exemple le Tao, qui est comprendre le « mouvement des choses ». Le Wuwei, le non agir, c’est obtenir ce que l’on désire sans effort. 

Le paradoxe de la situation est que tout ceci est la faute de notre Education nationale, qui, comme le dit Edgar Morin, enseigne et sélectionne la pensée simplifiante.

(D’ailleurs le QI est une mesure de pensée simplifiante.)  

Portée de baffe

La presse anglo-saxonne a immédiatement parlé de la tentative de gifler notre président. Risque du métier ai-je pensé. Point. Oubli. 

Mais, en entendant la réaction de M.Macron, par hasard à la radio, je me suis dit, ce que je me dis souvent en ces occasions : l’accident révèle les personnalités. (Et l’efficacité des services de protection, qui ont détourné le coup.)

(En tout cas, cet attentat rappelle un autre thème de ce blog : la « pensée simplifiante » d’une grande partie de la population, qui croit que l’on règle les problèmes du monde par la force.)

Effet Mélenchon

Depuis quelques-temps on parle d’une déclaration intempestive de M.Mélenchon. 

Curieux. Juste avant les élections régionales…

Technique de communication ? Efficace : il n’est question que de M.Mélenchon. Ce qui lui permet de répondre à ceux qui l’attaquent… Cercle vertueux. 

S’il y a technique, quel est son mécanisme ? M.Mélenchon, comme, avant lui, MM. Trump, Le Pen, Sarkozy et bien d’autres, s’en prend à ce que l’on n’a pas le droit de dire. Et cela produit une réaction des partis de la morale. Et c’est là, en fait, que se trouve le coup de génie : car quel qu’il soit, l’homme hait la censure et les donneurs de leçon. 

Ceux-ci sont pris au piège : au lieu de laisser s’exprimer ceux qui sont légitimement indignés, ils se croient autorisés à faire ce qu’ils aiment le plus : se donner en spectacle. 

(PS. Un sondage montrerait que la popularité de M.Mélenchon avait chuté de 10% avant qu’il tienne ces propos. Coïncidence ?)

Le paradoxe du libéralisme (fin)

Conclusion de mon bilan du libéralisme (deux précédents billets). Donc 1) il a créé une bureaucratie dysfonctionnelle, 2) tout en ponctionnant l’économie, maintenant exsangue. Il a donc fait exactement le contraire de ce qu’il disait être sa mission : tout économie, zéro bureaucratie. 

Ceci n’a rien de surprenant. Depuis longtemps, on sait que l’idéologie produit le contraire de ses intentions. C’est le phénomène que la systémique appelle « énantiodromie ». Les Essais de Montaigne sont pleins d’illustrations de ce phénomène. L’homme révolté, de Camus, en est un autre exemple. Le terme lui même remonte à Héraclite. Les Grecs déjà avaient remarqué les dangers de l’hybris, et l’importance de chercher le « juste milieu ». 

Seulement, pourquoi persévérons-nous dans l’erreur ? Comment se fait-il que l’humanité soit saisie d’accès de bêtise collective ? 

La femme et le pantin

J’entendais Nancy Huston dire que les mères devraient ôter le goût d’être macho à leurs fils. 

Intéressante réflexion. Indirectement cela donne à la femme une responsabilité dans ses malheurs. 

Mais cela pose aussi la question de l’intérêt personnel et de l’intérêt collectif. Car l’intérêt de la mère peut être différent de celui de la femme. Les cultures « macho » semblent aussi matriarcales. La mère exerce un pouvoir sur la société, et sur les autres femmes, au moyen de ses fils. On peut même se demander si, dans ces sociétés, il n’y a pas que la femme qui compte. Ce sont des sociétés violentes pour les femmes, parce que les femmes s’y combattent ? 

Déficit du commerce extérieur : une question d'exportations ?

Le déficit de la France se creuse. Sommes-nous de mauvais exportateurs ?

  1. Nous avons des super champions de l’export (Airbus, l’auto, le luxe, l’agro, l’armement, le tourisme – un export à l’envers, etc.). 
  2. Mais ce sont des multinationales, les PME exportent peu.  
  3. Notre déficit est nettement moins élevé que celui d’un pays qui n’a de leçons à recevoir de personne en termes de dynamisme entrepreneurial : les USA. 
  4. Et le coronavirus, comme d’habitude, rajoute une couche de complexité : il a attaqué ce que l’on exportait, et nous a forcés à importer ce que nous ne fabriquions pas. 

Voilà pourquoi on parle tant de souverainisme, et de circuits courts ? Si nos grandes entreprises achetaient à nos PME, nous n’aurions plus de déficit ? Qui sait ? 

  • C’est peut-être ce qui se passait jadis. 
  • Ce qui expliquerait que nos PME n’aient pas pris le réflexe export, plus généralement autonomie. Elles fournissaient nos multinationales.  

Conclusion ? Le déficit du commerce extérieur n’est peut être pas un problème d’exportation !

Effet de levier involontaire

 J’ai peut-être réalisé un changement sans le savoir. 

Actuellement, je mène une enquête. J’interviewe des dirigeants. J’ai fait un article sur un logiciel. Son éditeur y travaille depuis une décennie. Quand ses commerciaux ont vu que quelqu’un qui ne connaissait rien à leur métier pouvait comprendre ce que j’avais écrit, en même pas une heure, ils se sont convaincus qu’il avait un marché ! L’entreprise est en effervescence, semble-t-il. 

Illustration de « l’effet de levier » de la systémique ? Le changement est complexe, mais, paradoxalement, il ne demande aucun moyen, et est immédiat. 

Le coût de l'incivisme

L’enjeu n’est pas mince : l’argent qui est dû, en permanence, aux entreprises françaises, c’est plus de 770 milliards. L’équivalent de cinq fois le montant des prêts garantis par l’État dans le plan de relance. (Article.)

Avec l’épidémie, les délais de paiement ont augmenté, alors qu’ils étaient déjà quasiment, en moyenne, le double de ceux qui se pratiquent dans le nord de l’Europe. 

Si, brutalement, le Français découvrait le civisme, cela injecterait dans l’économie une masse d’argent. Ce qui la mettrait probablement à l’abri de la crise qui risque de la dévaster. 

L’individualisme nuit gravement à l’intelligence ? 

Amérique post Trump

Un billet a fait surgir l’hypothèse, inattendue, d’une Amérique blanche, millénariste, qui livre sa dernière bataille avant d’être submergée par les majorités colorées. Seule possibilité ?

Et si, contrairement à ce que j’ai dit précédemment, la composition de la Cour suprême représentait l’avenir de l’Amérique ? Une Amérique qui renaissait d’un rejet réflexe des excès de l’extrême gauche intellectuelle ? 

Ce serait un retour aux valeurs traditionnelles, notamment religieuses, partagées par tous les composants de la population. La gauche pourrait se fracturer : le libertarisme, autre valeur américaine forte, rejetant le puritanisme (« cancel culture »). Les intellectuels redeviendraient une minorité contestataire, irresponsable. 

Ainsi, tout rentrerait dans l’ordre ? Hybris, Nemesis, Catharsis ?