Que donne mes théories sur l’inflation confrontées à la réalité ?
Elles résistent. Curieusement, il semblerait que l’on ait trouvé le moyen d’éviter les crises monétaires. Et cela par un raisonnement complexe et contre-intuitif.
D’abord, il y a le récent Nobel, Ben Bernanke, qui a décidé lors de l’éclatement de la bulle internet, contre toute la littérature de l’économie, qu’il fallait avoir un recours massif à la planche à billets. Cela a produit une « inflation différentielle », en enrichissant massivement le « 0,1% », et en créant une spéculation sur le titre d’entreprise, et l’immobilier. Mais le commun des mortels n’a pas été touché. On a pu dire qu’il n’y avait pas d’inflation. L’INSEE ne s’intéresse qu’au prix de la carotte.
On peut même estimer que cela a créé une nouvelle économie. Ces nouveaux riches veulent investir leur argent. Et c’est bon pour la start-up. Même si elle est généralement un flop, elle permet à des gens de rêver, et à d’autres, en se la passant de main en main pendant une vie professionnelle, de toucher de gros salaires. Tout l’art de Robin Hood consiste désormais à créer des modes qui orientent cet argent vers des activités utiles.
Ce que l’on a découvert, ou redécouvert, c’est que l’inflation est une question de « tuyau ». Si on ne l’adapte pas, le « système » a une capacité à la croissance limitée. Vouloir pousser l’activité économique au delà de cette capacité produit un échauffement, l’inflation. Cela est arrivé lors du redémarrage de l’économie après confinement, et à l’occasion de la relance Biden. Cette inflation devient un mal, si elle crée une spirale d’augmentation des prix. C’est-à-dire si, lorsque il y a à nouveau équilibre entre le flux d’activités et le tuyau, il n’y a pas de contre poussée sur les prix.
Cela révèle aussi la nature du mal : l’inflation, contrairement à ce que pense l’économie, ne touche pas tout le monde de la même façon. Les « isolés », qui sont très nombreux dans une société libérale, peuvent être broyés.
Et les gouvernements ? Au lieu d’accorder des augmentations de salaires, qui sont irréversibles, ils ont apporté un secours à court terme. Ils ont été aidés par la faiblesse des syndicats, et des grandes organisations. De plus en plus l’action syndicale paraît être une défense de minorités privilégiées, aux dépens de la majorité et de l’intérêt général (cf. paragraphe précédent). C’est peut-être ce qu’estime le gouvernement anglais, qui ne bouge pas face à un mouvement de grève massif. Et ce qui explique, peut-être aussi, la réforme des retraites de notre gouvernement.
(Le moment Thatcher de M.Macron ? A ce sujet, il est surprenant qu’il n’ait pas placé l’âge de la retraite à 70 ans. Histoire de montrer sa force. Peut-être sera-ce pour la prochaine fois ?)