Drôle de mine

Il n’y a pas que le numérique ! Au Canada, les mines peuvent aussi faire des bulles.

A-t-on l’équivalent chez nous ? On trouve dans les programmes de la BBC des enquêtes passionnantes. Un journaliste de l’Empire a consacré 25 ans de sa vie à étudier tel ou tel scandale ou crime crapuleux. Et il présente ses travaux sous la forme d’un feuilleton, dont les effets sont soigneusement calculés. Riveting, comme on dit en anglais.

Dernier en date : The $6 Billion Gold scam. A la fin des années 90, des prospecteurs disent avoir découvert la mine d’or du siècle aux Philippines. Un géologue hollandais, au bout du rouleau, et une compagnie canadienne famélique leur emboîtent la pas. On trouve de plus en plus d’or. Le cours de l’action de ladite société s’envole. En fait, c’était, très probablement, un coup monté par des géologues philippins. Une révolte de l’exploité ? L’organisateur s’est évanoui dans la nature, en faisant croire à sa mort. Personne n’a été condamné. Le petit porteur qui se pensait millionnaire s’est retrouvé gros Jean comme devant.

Eternelle recette de l’escroquerie ? Un des sous-produits du capitalisme ?

Machine learning

Il y a déjà pas mal de temps, j’ai découvert le mot « machine learning ». Il remplaçait l’ancienne « analyse de données ».

J’ai cru que c’était une invention de quelque marketeux.

J’ai probablement eu tort, comme d’habitude.

Je soupçonne maintenant que l’on entendait réellement que la machine était capable d’apprendre. C’était une hypothèse fondamentale. On a cru qu’elle était juste. La transformation du monde est partie de là. Désormais la machine peut apprendre : l’homme est devenu inutile. Machinocène. D’ailleurs, plus besoin d’étudier les mathématiques de l’analyse de données. L’ordinateur n’en aura pas besoin.

Et si l’on s’était plutôt demandé : la machine est-elle capable d’apprendre ? Que la réponse ait-été oui, ou non, cela aurait été instructif. Seulement, c’est vrai, cela aurait rapporté beaucoup moins d’argent.

La fuite de Total

Je lisais que Total voulait partir aux USA.

Il n’est pas le seul dans son cas. Il semble que l’Angleterre connaisse une hémorragie.

Normal. Les USA donnent une plus grande valeur à leurs entreprises que l’Europe. Une question que l’on trouvera d’ailleurs dans ce blog est : pourquoi leurs sociétés n’achètent-elles pas leurs consoeurs étrangères ? Vus leurs niveaux de valorisation, cela serait facile.

Selon moi, la force des USA est la spéculation. Ils ont un talent pour « créer de la valeur ». Hop, j’invente un mot, « intelligence artificielle » par exemple, et j’ai créé des milliers de milliards. Je suis même surpris que personne n’ait pensé à inventer une fabrique de tels mots. A en faire une activité réellement scientifique, systématique.

Devrais-je proposer mes services ? Lever des fonds ?

Paradis artificiels

Ca y est : quelqu’un a gagné de l’argent avec l’intelligence artificielle ! Pas n’importe qui, en plus, Amazon. Voilà ce qu’annonçait la BBC hier matin.

Raison : l’IA consomme énormément de capacité de calcul, ce qui fait exploser les ventes des services « cloud » d’Amazon.

On dit que lors des ruées vers l’or, ce sont les vendeurs de pelles qui ont fait fortune…

La règle du jeu

Big Tech investors question AI pay-off
How long can Wall Street’s AI-fueled rally continue without clear evidence of profit?

Financial Times du 29 avril

Si vous voulez trouver de l’argent dites « Intelligence artificielle ». Cela plaît au « marché ».

Seulement, comme toute spéculation, cela ne paie qu’un temps. La question qui mériterait d’être étudiée par les scientifique est : comment repérer quand va se former, puis se déformer une bulle spéculative ?

Un travail pour l’IA ?

Aurais-je résolu le problème posé ?

Tesla

« Contre-histoire » de Tesla ? Je le voyais comme un inventeur génial, le jumeau maudit d’Edison.

En fait, il doit sa gloire à une invention : le moteur qui a permis au courant alternatif de s’imposer. Mais, pour le reste, il a passé son temps à divaguer. Il semble avoir entretenu des théories farfelues, en particulier. Et il est mort dans la pauvreté.

En fait, il avait compris qu’aux USA tout était spectacle. Pour lever des fonds, il était devenu un homme de spectacle. Ce qui était bien. Seulement, apparemment, une fois le spectacle fini, il ne s’intéressait plus à son invention. Ainsi en est-il de la télécommande.

Quasiment depuis les origines des USA, ou peut-être même de l’Angleterre industrielle (cf. Isambard Kingdom Brunel), l’entrepreneur doit être un showman. C’est ce que lui demande l’investisseur. En quelques décennies cette pratique culturelle a envahi le monde.

(Idées venues de In our time, une émission de la BBC.)

Croyance artificielle

Generative AI is sucking up cash, electricity, water, copyrighted data. It is not sustainable. A whole new approach may be needed.

Financial Times du 6 avril

FT donne la parole aux critiques de l’Intelligence artificielle. Ou plutôt aux sceptiques. Ils sont majoritaires. Mais ils n’ont pas l’oreille des médias. (Particulièrement en France, dont les journalistes ont depuis longtemps mis leur cerveau en veille.)

Un simple constat : l’IA ne marche pas.

Le véritable enseignement de cet article, à mon avis, est que tout le monde sait que l’IA est un leurre, mais il y a tellement d’argent à placer qu’il faut bien lui trouver un emploi. Alors ce que l’on demande aux ingénieurs de la Silicon Valley, ce sont, simplement, des idées nouvelles et qui puissent être un peu crédibles. Au moins par des journalistes.

Court circuit

Le séisme à Taïwan rappelle la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement en puces électroniques

Le Monde du 6 avril

« Dialectique » dirait peut-être Hegel. Hier la globalisation était l’alpha et l’omega. Aujourd’hui on a l’impression que le sort s’acharne sur la « supply chain ». Epidémies, guerres, accidents…

Enseignement ? Tout ce qui est arrivé était prévisible, et prévu par les gens que lit ce blog. Il y a une science qui marche. Ce qui révèle peut être une des lois d’airain de l’économie de marché : profiter de l’inertie de la société pour lui faire prendre des vessies pour des lanternes. La globalisation fut une belle bulle spéculative ?

Peut-être aussi que, comme dans la dialectique de Hegel, c’est un mal pour un bien. Ce mécanisme pervers empêche l’humanité de s’endormir ? Il la force à avancer ?

TSMC boosts Biden’s AI chip ambitions with US production deal
The world’s biggest chipmaker, Taiwan Semiconductor Manufacturing Co, has agreed to make its most advanced products in Arizona from 2028, in a boost to the Biden administration’s efforts to bring the semiconductor supply chain on to home soil.

Financial Times du 8 avril