Gouvernements, investissez ?

Il n’y a pas de bulle spéculative. Juste une déprime post crise, comme en 30. Il faut relancer l’économie. Investir. En particulier, dans de grands travaux. Voilà ce que dit The Economist. (Je note qu’en 30, il y a eu la guerre, source d’une créativité technologique hors du commun. Où trouver l’équivalent ? Effet de serre ?) Il y a tout de même quelques dangers. BlackRock, le plus gros fonds d’investissement mondial, possède un système d’analyse de risques, utilisé par beaucoup. Risque que l’investissement mondial ne fasse, comme un seul homme, une erreur de jugement fatale ?
L’Ukraine est en ébullition. « Au lieu de moderniser le pays et de construire ses institutions, ses élites ont pillé ses ressources laissant le pays vulnérable aux influences extérieures ». (Et l’on en parle toujours aussi peu en France.) Le milieu des affaires allemand s’inquiète des fréquentations de Mme Merkel. Mais avec elle, on n’est sûr de rien. Les lois française contre la prostitution, révèlent les tendances « anti libérales » de notre gouvernement. Nouvelle mode (occidentale) ? Le votant ne changeant plus de camp, les politiques anglais veulent séduire les abstentionnistes. Retape à la Obama. Risque de populisme ? Idem aux USA : jamais les électeurs n’ont été aussi murés dans leurs certitudes. La France intervient en Afrique. Si le Mali est représentatif, elle y est pour longtemps. (Pour ses anciennes colonies, l’armée française avait-elle une fonction, qu’elles n’ont pas sur remplacer ? me suis-je demandé.) Quant à M.Cameron, perçu comme « détaché de la réalité », et ayant la réputation « de ne pas écouter », ce que renforce celle de son partie, qui est d’être « coupé des préoccupations ordinaires », il me fait un peu penser à MM.Obama et Hollande. L’Irlande est sous la coupe de seulement deux banques. Et elles sont contrôlées par l’Etat. Autrement dit leurs intérêts priment ceux du pays. « Les ramener à la santé pourrait peser lourdement sur le reste de l’économie irlandaise. » Les institutions de l’UE sont à la fois un « canard boiteux » et « vitales » pour l’avenir de la région. Aux USA, Detroit est en faillite. Il semble avoir été victime d’une crise de la pension de retraite. Il a promis plus qu’il ne pouvait tenir. Apparemment, les retraités vont devoir se serrer la ceinture. Le mal pourrait gagner l’Amérique. L’Amérique quitte l’Asie Centrale. Est-ce un bien ? « Le problème est que l’aide militaire américaine permet aux dictateurs de consolider leur pouvoir, d’où des régimes autoritaires dirigeant des Etats mal fichus, non des pays pouvant résister au danger afghan. » La Chine occuperait le vide avec ses intérêts économiques. L’Afrique de l’Ouest tente d’établir une union monétaire sur le modèle de l’euro et de la zone franc CFA (relié à l’euro par le biais de la France, qui garantit la convertibilité). Mais vues les caractéristiques quasi opposées des constituants du groupe, la mission semble impossible.
L’étude Pisa, une fois de plus. Comment avoir un système éducatif qui fonctionne ? « qualité de l’enseignement » et « détermination à faire réussir le jeune ». Elles manquent en Europe. Et de plus en plus en Finlande.
Le « digital » et l’entreprise. Le DSI, homme de processus fiables, mais lent, affronte le directeur du marketing adepte de toutes les modes. Le DSI ne doit pas refuser le changement. Il doit en prendre le contrôle. Pour le bien de l’entreprise.
Aura-t-il fallu 10 ans pour que les conseils d’administration trouvent leurs marques ? Ils deviennent de plus en plus interventionnistes (ce que je constate aussi). Le bon conseil d’administration ? Il doit être un faiseur de dirigeants. Il doit gérer, en quelque sorte, la fonction direction. En la conseillant. Mais aussi en en renouvelant le titulaire à bon escient.

Les cerveaux de l’homme et de la femme ne sont pas câblés de la même façon. Ce qui explique pourquoi « l’homme a de meilleures capacités motrices et spatiales que la femme et des schémas de pensée plus monomaniaques. La femme a une meilleure mémoire, est plus socialement efficace et meilleure à traiter plusieurs choses à la fois ». Ces capacités semblent acquises plutôt qu’innées. (Je note au passage que la femme semble mieux armée que l’homme pour maîtriser la complexité du monde moderne…)

L’avenir préoccupant de l’industrie aéronautique ?

Marché de fous ? Voici la question que je me suis posée en écoutant un spécialiste de l’aéronautique parler de ce secteur. Les compagnies aériennes sont en piteux état. Elles forcent Airbus et Boeing à une sorte de guerre fratricide. Monde cyclique. Pendant les phases montantes, des surcapacités se créent (ce qui semble le cas aujourd’hui : 20.000 avions commandés pour 27.000 en fonctionnement – hors transport régional). Puis c’est la crise. Même en période faste, le constructeur vend à perte. Comment survivre alors ?, par la subvention publique ? (En France, constructeurs et sous-traitants emploieraient 300.000 otages, que le gouvernement cherche à protéger.)
Apparemment peu de savoir-faire chez Airbus et Boeing. Métier de commerciaux et de main d’œuvre, curieusement artisanal. Il fait penser à l’industrie automobile de la fin du 19ème. La « valeur ajoutée » serait dans des activités de niche (documentation ? conseil ?…) et chez des équipementiers tels que Safran ou Zodiac.
Cela m’a rappelé ce que disait Dennis Meadows. Le capitalisme n’est que bulles spéculatives. Il se régule par la crise. (Jusqu’à ce qu’une bulle liquide l’espèce humaine. Ce que Dennis Meadows croit imminent.)

(Complément. Chaque constructeur aurait son boulet. Boeing a voulu devenir un commerçant / assembleur, et ne sait plus très bien fabriquer ses avions. Airbus serait plombé par le coût de mise au point de l’A380, dont le marché n’apparaît pas. Un gros avantage de Boeing sur Airbus, outre l’amitié de l’armée américaine, serait son antériorité, et une énorme base installée.)

Longue marche vers le capitalisme ?

Longue marche vers le capitalisme. La Chine va-t-elle privatiser la terre ? Ce qui retirerait beaucoup de son pouvoir au parti. Pourtant le capitalisme ne paraît guère séduisant ces temps-ci… Salarié = perdant ?Alors que la part des salaires dans la richesse mondiale semblait une constante, elle a beaucoup chuté. Et, en plus, les hauts revenus comptent pour de plus en plus dans le total. Raison ? Le commerce (avec les émergents), la technologie (dont les prix baisse et qui remplace l’homme), la libéralisation (qui a liquidé les protections du travailleur). Les bénéfices des entreprises américaines sont toujours plus hauts. Part des salaires, dollar et surtout investissement en baisse. Ça pourrait ne pas durer. En tout cas, le climat des affaires n’est pas sain. Les entreprises ont maintenant recours à de douteuses obligations « hybrides ». Avatar des subprimes ? La justice américaine rançonne les banques. Pas besoin de procès pour cela. Elle les menace de leur retirer leur licence. USA, pays de l’arbitraire ?

Barak Obama ne maîtrise ni ses services secrets, ni les développements informatiques nécessaires à son système de santé. Mauvais manager, dit The Economist. Je pense plutôt qu’il s’en fiche. Etre premier ministre en Italie ressemble à un rodéo. L’éducation suédoise va mal. Visiblement le système éducatif est mal aimé. Enseignants mal payés et bizarre mélange public privé qui ne semble ni très sain, ni très contrôlé. La Grèce fait preuve d’esprit entrepreneurial. Energie du désespoir ? Le coût de l’administration européenne n’arrête pas de croître. The Economist aimerait que l’Allemagne sorte de sa culture de surplus. Et qu’elle relance la croissance européenne en libéralisant le marché des services.
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Il faut éduquer les filles disent les économistes. C’est bon pour le développement. Mais la fille est trop importante pour la famille pour qu’elle aille à l’école. C’est une assurance contre les aléas de la vie. Alors, assurons les familles et les filles étudieront !
PSA sort le nez de l’eau. Il a fait le travail qu’il aurait du faire il y a une décennie. Ce qui le remet en course, sans lui donner l’avantage. Fiat fait fabriquer en voiture en Serbie. La main d’œuvre n’est pas chère. Et le gouvernement n’est pas avar de subventions. Et l’entrée en bourse de Twitter ? Excellente occasion de spéculer à court terme. Mais mauvais investissement à long terme. En Angleterre, le crowdfounding s’étend aux start up.  Vu le taux de déchets, l’investisseur doit avoir le cœur bien accroché. Aux USA, les OGMauraient perdu la bataille de l’étiquetage.

Science. On n’arrive pas à détecter la présence de matière noire. On en a besoin pour expliquer le mouvement des galaxies. Pourquoi les espèces se divisent-elles en sous-espèces ? Apparemment cela tiendrait à la capacité de leurs membres à faire évoluer leurs caractéristiques pour se ressembler. 

Inflation sans inflation

Depuis l’élimination de l’étalon or, il y a eu une croissance monstre de la masse monétaire. Sachant qu’il y a quasiment toujours la même quantité de choses à acheter, pourquoi leur prix n’a pas cru massivement ? C’est une question que se posent les économistes. Je me demande s’il n’y a pas eu une sorte d’inflation virtuelle.
  • La portion des CSP- parmi les élèves des grandes écoles est passée de 43% (65-69) à 18% (90–99). Des enfants qui, hier, auraient accédé à des postes importants, ne le peuvent plus. Leur avenir a été « dévalué ». « Pour la première fois en période de paix, la génération qui précède ne laisse pas aux suivantes un monde meilleur à l’entrée de la vie » (Chauvel, Louis, générations sociales perspective de vie et soutenabilité du régime de protection sociale in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006).
  • Beaucoup d’entreprises sont à peine rentables. Beaucoup d’hommes vivent difficilement. Il suffirait que l’Etat réduise son aide, ses subventions ou ses commandes, pour qu’ils connaissent la faillite ou le dénuement. Nous sommes en sursis d’un appauvrissement massif.

Voilà qui démontre le génie du discours néoconservateur. Il affirme que le faible vit dans la paresse, grâce aux subventions de l’Etat. Or, le faible est juste à flots. Car tout ce que l’Etat lui donne est récupéré par le « fort ». C’est le fort (le néoconservateur) qui est nourri par l’Etat. Plus le pauvre est pauvre, plus il doit être aidé, plus le riche s’enrichit. Plus l’Etat s’endette. Voici le mécanisme de la spéculation : inventer un discours qui permet de s’enrichir aux dépens de la crédulité générale.

La rigueur scientifique, dernière victime en date des théories libérales

Pourquoi la science déraille-t-elle ? se demande The Economist. La plupart des publications scientifiques ne résistent pas au réexamen. Apparemment, c’est le résultat de la culture du management par objectif, et de son corollaire : la publication à tout prix. (Nouvelle conséquence imprévue des théories libérales ?)

La popularité de M.Hollandesombre. Mais l’estime nationale lui est indifférente. Il croit aux « cycles historiques ». Pas besoin d’agir, les choses s’arrangeront d’elles-mêmes. L’Irlande rembourse ses dettes mais se retrouve fauchée. L’Italie masque ses subventions à Alitalia. L’Allemagne se détourne de l’Eglise Catholique. (Qui est une sorte de service public avec ses propres sources de revenus.) En Russie, M.Navalny, candidat de The Economist, se révèle plus nationaliste que M.Poutine. En Inde, les milieux d’affaires s’enflamment pour un nationaliste qui sent le soufre. (Il n’y a pas que le peuple qui aime les extrêmes ?) L’Angleterre tend les bras aux banques chinoises. Elle leur permet d’ouvrir chez elles des succursales plutôt que des filiales. Histoire de leur éviter la réglementation anglaise (et européenne ?). L’Europe cherche à stopper le flot de subventions qui partent vers les petits aéroports. Et qui sont reversées aux compagnies à bas coût. Beaucoup de ces aéroports pourraient fermer. 
Rien de nouveau en Iran, toujours aussi amical vis-à-vis des USA, et en Egypte, toujours décidée à retourner à l’ancien régime. Les rebelles syriens s’en prennent aux journalistes. Ce qui est bien pour l’image de M.Assad. Mexique sans foi ni loi ? Plus de 100.000 enlèvements. L’Etat ne fait rien. Le président du Venezuela se comporte de plus en plus en dictateur (fou ?). Aux USA, guerre de tranchée entre Républicains et Démocrates. Ces derniers ont repoussé l’offensive des premiers. Mais le front n’a pas bougé. Cependant, les élus républicains ne sont pas tous des demeurés. The Economist a déniché deux exceptions à la règle. Le gouvernement japonais veut durcir ses lois concernant la divulgation de secrets d’Etat. Mais cela va contre la culture nationale. Le Vietnam ressemble à la Chine, en plus glauque. Va-t-il réformer son capitalisme d’Etat ? En Birmanie, le parti de Mme Suu Kyi pourrait prendre le pouvoir, mais y est totalement impréparé. Au Brésille gouvernement semble avoir vécu de la planche à billet. « La dette publique croit. Les banques prennent une part grandissante du marché du crédit. Et le gouvernement tord les règles comptables pour cacher tout ceci. » Comment cela va-t-il se terminer ?
Décidément, il n’y a pas de limite à la spéculation. Ce coup ci, elle porte sur les dettes d’entreprise. Les marchés sont ils imprévisibles ? M.Fama dit oui, M.Shiller, non. On leur donne le Nobel.
Les taxis, dernier secteur en date à être attaqué par Internet. Applications mobiles permettant de les appeler. Qu’est-ce que ça va donner ? Le câble USB deviendrait un système d’alimentation universel. Ce qui remettrait en piste le courant continu, en ce qui concerne l’alimentation de la maison et du bureau. L’avantage viendrait de ce que le câble transporte aussi des données. Cela en fait l’allié naturel des « smart grids ». Avec tout ce que cela signifie d’économie.

Afin d’essayer de retrouver un peu du talent de M.Jobs, Apple recrute des gens qui ont du goût.

Comment résoudre les problèmes du monde ? L’Oxford Martin Commission en appelle, en quelque sorte, aux organisations de bonne volonté. L’idée est de sortir de la paralysie des Etats pour constituer des coalitions d’institutions privées et publiques. Et d’attaquer sans attendre les questions importantes. 
Science. Il se pourrait qu’il n’y ait pas eu plusieurs types d’humains primitifs. Mais un seul, hautement variable. Une technique pour combattre le sida. Faire éclater le virus, dont le principe serait d’être sous pression. 

Vertueuse démocratie italienne, réhabilitation du rond point, et la prochaine crise financière prend des forces

M.Berlusconi a tenté un coup tordu, qui s’est retourné contre lui. (« M.Berlusconi a perdu une partie de son parti et, plus important, son pouvoir de veto sur le gouvernement de M.Letta. ») La démocratie italienne aurait-elle des leçons à donner à une Europe dont la dérive bureaucratique encourage le populisme ? En Grèce, le gouvernement tente de se débarrasser de ses néonazis, en prouvant qu’ils sont criminels (seule façon d’interdire un parti). Pour que Mme Merkel attire les sociodémocrates dans son gouvernement, ce qui n’est pas dans leur intérêt, elle doit leur accorder de grosses concessions. Le petit peuple autrichien est en colère. Il sanctionne les partis de gouvernement. M.Erdogan propose des réformes. Compromis habile, compte-tenu d’une situation compliquée ? En menaçant l’Ukraine, M.Poutine l’aurait poussée vers l’Europe. Suède et Pologne seraient pour son adhésion. France et Espagne contre. C’est l’Allemagne qui décide. En Angleterre, M.Milliband aurait le vent en poupe, pas M.Cameron.
USA. La loi sur la santé de M.Obama fonctionne-t-elle ? L’avenir le dira. Pour le moment c’est un « machin » dont la mise en œuvre est compliquée et dont il est difficile de mesurer les effets. Les Républicains savent qu’ils ont peu de temps pour tuer le projet. Une fois installé, les avantages acquis ont la peau dure. Le budget fédéral est toujours bloqué. Le gouvernement tente de protéger les retraites. Mais une récession est possible. (Et le politicien américain est totalement insensible à l’intérêt général.) Quant au parti républicain il prend de plus en plus l’allure d’un FN aux dimensions continentales. Parti inéligible de défenseurs des intérêts mal compris des petits blancs. En Chine, grande campagne de repentance publique.
Entreprise. Londres développe un écosystème de start up, une Silicon Valley. Pour réussir il lui faudra attirer des compétences, de l’argent, et peut être aussi des entreprises… de l’étranger. L’Allemagne essaie de faire de même. Elle innove mais n’a pas une culture favorable à la start up. En particulier, c’est la grande entreprise, plus que la bourse, qui fournit des fonds. En France, les magasins sont fermés le dimanche, mais pas Internet. En Lybie, il y a de l’argent à gagner pour les aventuriers (turcs, chinois et coréens, en particulier). Le nettoyage par la chimie a son champion : Ecolab. L’espace est de plus en plus une affaire privée. Depuis que les journaux scientifiques font payer les auteurs plutôt que les lecteurs (accès libre), ils publient n’importe quoi, ou presque.
Prochaine crise financière : auspices exceptionnellement favorables ? Une nouvelle vague de fusions-acquisitionsse prépare. Phénomène de mode. Pourquoi l’entreprise n’investit-elle pas ? A cause du système de rémunération de son dirigeant. Il le rend myope. Outre, la non durabilité de l’entreprise cela nous menace d’une nouvelle crise de la dette. En effet, les actifs des entreprises seraient évalués au prix du marché, qui est en phase spéculative. « Si les profits ont été exagérés, c’est aussi le cas de la valeur des entreprises. On parle beaucoup de désendettement, mais la baisse du ratio de la dette des organismes non financiers au PIB est à peine visible. En conséquence, le danger du surendettement est sous-estimé. Un effondrement du prix des actifs pourrait provoquer une crise. » Ce qui ne serait pas bon pour les banques françaises et allemandes dont les ratios de solvabilité ne reflèteraient pas la réalité. Et voilà qu’arrivent les Catbonds. Des obligations qui permettent de s’assurer contre les catastrophes naturelles. Innovation financière favorable à la spéculation, et à la prise de risque à la recherche de toujours plus de profits. « Les désastres causés par l’homme peuvent être tout aussi effrayants que ceux causés par la nature. »
Réhabilitation du rond-point. La preuve de l’inefficacité du secteur public ? La multiplication des ronds points ! disent les zélateurs du marché. Faux. Invention anglaise, le rond-point est beaucoup plus économe en temps d’attente, en vies et en frais de maintenance que le feu rouge. Il a certes quelques inconvénients en ce qui concerne les piétons et les cyclistes. Mais on va y remédier. Particularité de la démocratie (anglo-saxonne ?). Elle s’intéresserait à l’avenir, et au changement. Pas au passé. C’est pourquoi elle répéterait les mêmes erreurs. Et l’Angleterre ? « Une petite île capable de battre le monde, enfoncée dans le snobisme et l’esprit de clocher. »

Science. Changement climatique. Ridicules modèles de prévision. Ils ne prévoient pas que le capital puisse être touché. Pas plus que la croissance. Pas plus qu’ils ne voient les impacts systémiques d’une catastrophe. Toujours est-il que l’on aurait surestimé la capacité réfléchissante des particules qui se trouvent dans les nuages. Penser à l’argent rendrait malhonnête. Penser au temps aurait l’effet inverse. Ce qui serait renforcé par une attitude de réflexion.  

La Grande spéculation après les Trente glorieuses ?

Ce qui définit notre temps, c’est le capitalisme financier. Son origine : 1971, l’abandon de l’étalon or par Nixon. Résultat : la monnaie n’est plus liée à rien et prend une vie qui lui est propre. Voilà ce que dit Augustin de Romanet (Non auxtrente douloureuses, Plon, 2012). C’était évident, mais je ne l’avais pas vu.
Pourquoi n’y a-t-il pas eu inflation ? me suis-je demandé. Parce que ce n’est pas la monnaie qui crée l’inflation, mais les salaires. Par l’automatisation, le chômage et la peur des émergents, les prix ont été contenus.
Et si nous avions vécu 40 ans de « Grande spéculation » ? Car ce mécanisme, la déconnexion de la valeur boursière de la réalité, est celui de la spéculation. Les Trente glorieuses avaient été une période « d’enrichissement » collectif. L’Ouest a connu une explosion créative et s’en est partagé les fruits. Pendant la Grande spéculation, il n’y a pas eu création, les oligarques de la finance ont vidé l’économie de sa substance ? 
Mais pourquoi n’avons-nous pas un sentiment de déclassement ? Ne sommes-nous pas les pigeons de l’affaire ? C’est parce que le changement n’est pas fini. Nous sommes subventionnés par l’Etat. Mais il ne pourra pas tenir longtemps. Ce qui conduit à deux questions. Le dégonflage progressif de son endettement, et notre mise sur la paille corrélative, pourra-t-il être réalisé suffisamment habilement pour qu’il n’y ait pas de remous ? Une société de classes peut-elle être stable et durable ? (Un article sur le sujet.)

Marché = destruction ?

Je connais deux thèses concernant le marché. La première, généralement admise, est qu’il est optimal. La seconde, bien étayée, est qu’il est irrationnel. Mais que cette irrationalité ayant un caractère imprévisible, elle ne se prête pas à la manipulation. (cf. SHEFRIN, Hersh, Beyond Greed and Fear: Understanding Behavioral Finance and the Psychology of Investing, Harvard Business School Press, 2002.) Cela me semble contredit pas une modélisation simpliste.
  • Dans le travail de valorisation que fait le marché, deux phénomènes majeurs entrent en jeu. L’information et notre incapacité à prévoir l’avenir. 
  • Ces deux phénomènes donnent un moyen à celui qui est bien placé de faire fortune. Soit agir sur l’information, en la déconnectant de la réalité, c’est la spéculation ; soit masquer le coût des conséquences de nos actes.
On nous avait dit que libérer le marché des règlementations conduirait à une vague d’innovations. Nous avons eu, au contraire, une série de bulles spéculatives, et la destruction du capital de l’entreprise.

(Suite du billet précédent. On notera au passage le coup de génie que fut le discours sur la bureaucratie. On a justifié le versement de dividendes colossaux, par une meilleure efficacité de l’entreprise obtenue contre sa « bureaucratie ». En fait, sa rentabilité augmentée venait d’un arrêt de l’investissement à long terme permettant d’assurer la pérennité de l’entreprise – destruction de sa capacité de recherche, de sa relation client entraînant celle son capital de marque, etc.)

Pauvres Allemands, riches Chypriotes, ou les illusions de l'euro

Les Grecs, les Chypriotes et les Espagnols sont ils (beaucoup) plus riches que les Allemands ? Depuis quelques temps on parle d’une étude qui le montrerait.

A y regarder de plus près, on découvre que ce qui fait la fortune du sud, c’est une bulle immobilière spéculative. Et que les Chypriotes dépensent 30% de leurs revenus en alimentation contre 15,6% pour les Allemands. Autrement dit, ce que nous valons en euros n’a aucune signification.

L’étude révèle aussi de fortes inégalités en Allemagne même. Serait-ce pour cela que ce pays est aussi hargneux ? Son apparente prospérité masque la souffrance d’une partie de son peuple ?

Doit-on lire ces chiffres comme la démonstration qu’une économie construite sur les lois du marché n’est qu’un miroir aux alouettes, et que les réformes allemandes ne sont pas une solution, mais un problème ?

Chine : Internet citoyen ?

L’Internet chinois « sert des intérêts nationaux aussi bien que commerciaux ». Le pouvoir chinois contrôle son Internet de façon à ce qu’il fasse la fortune de ses entreprises, qu’il promeuve sa culture (notamment par le thème des jeux électroniques), et qu’il ne suscite pas de mouvements de foules, susceptibles de le déstabiliser. Le contrôle du dispositif, qui est fortement manuel, fournit un emploi à 100.000 personnes. C’est aussi un moyen pour la bureaucratie centrale de connaître les besoins du peuple et d’y réagir. L’armée a son bataillon de pirates qui cherchent, ailleurs dans le monde, le savoir-faire qui pourrait servir la cause du pays.  Un exemple à imiter ? En tout cas, la Chine exporterait son expérience (principalement vers les pays qui se méfient de la démocratie occidentale).
Par ailleurs, The Economist est inquiet pour la France, ses scandales et son faible président. Ils pourraient entraîner la zone euro par le fond. Et plomber son projet d’Union bancaire, à laquelle The Economist semble très attaché. L’Angleterre s’attaque à son système de sécurité sociale. The Economist, a-t-il lu ce blog ?, pense que ce type de réforme à peu de chances de réussir. Le pays ferait mieux de revoir la philosophie du dispositif, en en faisant une assurance contre les accidents de la vie. Aux USA, comme dans le reste du monde, on est las des partis politiques. Ne défendent-ils pas l’intérêt de quelques-uns plutôt que le collectif ? Tentative de constitution de partis centristes. Mais, en se servant du dit mécontentement, ne vont-ils pas provoquer un rejet de la démocratie ? Ne serait-il pas mieux de faire fonctionner le système existant ? se demande The Economist. Je m’interroge, quant à moi : pourquoi en est-on venu à croire que la seule alternative aux intérêts en place était le populisme ?
La Corée du Nord pourrait-elle déclencher une guerre ? Son nouveau dirigeant est sorti de la gesticulation contrôlée de son prédécesseur. Comportement rationnel, ou acte de folie ? Et le tuteur chinois hésite à intervenir.
Les banques centrales impriment beaucoup d’argent. Ça ne fait pas redécoller l’économie. Les entreprises, qui ont énormément de cash, ne l’investissent pas dans leur outil de production. Elles recherchent des placements financiers à haut rendement. On semble reparti pour une bulle spéculative, si je lis correctement cet article. On en revient même aux subprimes.
Big Data est utilisé pour le recrutement des petits boulots. Ça ne marche pas pour les cadres.