Les Grecs pensaient que c’était en débattant que l’on parvenait à la vérité, disait une émission de la BBC.
Ecouter parler de procès fameux me fait douter de cette affirmation. La vérité est souvent masquée à tous. En outre le débat produit des effets pervers. Nous sommes victimes de biais.
En tous cas, nous nous y prenons certainement mal. Si le débat peut être efficace, c’est lorsqu’il est une coopération pour résoudre un problème, non un affrontement. Ce qui signifie qu’il doit partir du doute. Exactement l’envers de ce qui est pratiqué actuellement.
A ce sujet, l’émission interviewait une jeune militante de je ne sais quelle cause socialement avancée. Il en ressortait qu’elle était convaincue que le peuple était incapable de comprendre, et qu’il fallait lui inculquer la vérité par la force de l’argument répété.
Quant au fameux « populisme », faut-il incriminer les talents d’illusionniste de Donald Trump ou les réseaux sociaux ? Et si sa cause était plus simple et plus rationnelle ? La situation du peuple s’est dégradée, il est furieux. Et il vote pour ceux qui, comme lui, sont furieux. Le contenu de leur propos ne compte pas. Le peuple obéit à la logique de la vengeance.
Finalement, je pense, avec l’émission, qu’il faut apprendre à parler. J’ai toujours été frustré de ne pas pouvoir exprimer mes idées. C’est un grave handicap. Il tient à mon éducation. La France croit ou a cru à la panacée de l’équation. Si bien qu’elle produit des autistes, que l’on nomme parfois « ingénieurs ». Ce sont des êtres paradoxaux, à la pensée fruste, mais plein de leur supériorité. Au moins, cela fait l’étonnement des étrangers.
(Librement inspiré de The long history of argument, par Rory Stewart, de la BBC.)