Étiquette : prospective
Trump et le papillon
Brexit et scénarios
Que fait-on face au Brexit ? Rien. Réaction usuelle en face de l’incertitude. Un moment pour relire quelques fondamentaux ?
Une question clé : ou peut aller l’Angleterre ? Y a-t-il des exemples, dans le passé, qui nous donnent une idée de la taille de l’événement que l’on doit attendre ?
Les exemples qui me viennent à l’esprit :
- Economie de marché en Russie : effondrement.
- Rattachement de l’Allemagne de l’Est à l’Allemagne de l’Ouest. (Anti Brexit) Disparition de l’économie de l’Est.
- Ouverture de l’UE aux pays de l’est, à l’Espagne et au Portugal (Anti Brexit) : crise spéculative.
- Ouverture au marché de la Chine : succès (fragile)
- Plan Marshal : succès, trente glorieuses.
On ne peut pas tirer grand chose de cela, d’autant que le Brexit semble ne pas avoir eu beaucoup de précédents, sinon que :
- Le statu quo a une chance quasi nulle de se maintenir. On aura probablement un changement de dimension. Soit un effondrement, soit un doublement.
- Les changements réussis semblent avoir été dirigés, encadrés (Plan Marshal, Chine)
- Le moteur du succès tend à être externe (économie mondiale).
2016 : la liberté guidant les peuples ?
Ce mouvement paraît correspondre à une puissante aspiration de notre société. Nouvel individualisme contemporain. « La désaffection des jeunes pour la politique est connue et n’est pas seulement conjoncturelle. Parce que cette génération va au bout du nouvel individualisme contemporain. Elle est née au tournant des années quatre-vingt quand la France a connu une progression de l’instruction très significative. 33 % d’une classe d’âge avait le bac à la fin du septennat Giscard d’Estaing. En 1995, on était passé à 65 %. Instruite et cultivée, cette nouvelle génération ne veut pas que sa liberté soit limitée, que ce soit par une transcendance religieuse (ils sont largement a-religieux) ou par une instance sociale (l’idée de nation est en déclin). » (L’Opinion, Hakim el Karoui, 30 Novembre 2015.)
2016, année de changement ?
Les changements systémiques ne sont pas prévisibles
Quand la science prévoyait la fin du monde
Nous croyons découvrir que notre développement n’est pas durable. Mais, de la fin de la guerre jusqu’au début des années 70, la littérature scientifique a produit une série de best sellers énormes sur le sujet. Tous les thèmes du débat actuel y étaient ! (Article de Nature.)
(L’article parle des livres suivants :
- The Meaning of the Twentieth Century: The Great Transition, Kenneth E. Boulding, Harper and Row 1964.
- Operating Manual For Spaceship Earth, R. Buckminster Fuller, Southern Illinois University Press 1969.
- The Closing Circle: Nature, Man, and Technology, Barry Commoner, Knopf 1971.
- The Limits to Growth: A Report for the Club of Rome’s Project on the Predicament of Mankind, Donella H. Meadows, Dennis L. Meadows, Jørgen Randers etWilliam W. Behrens III, Universe 1972.
- One Earth: The Care and Maintenance of a Small Planet, Barbara Ward et René DuBos W. W. Norton 1972.
Curieusement, je n’ai pas l’impression qu’il y ait eu des équivalents français de ces livres. La France aurait-elle sous-traité sa pensée aux USA ?)
Dieu tient-il ses promesses ?
Leçon de prospective, par The Economist
Quel sera le système de demain ?
- Les trente glorieuses, phase technocratique, qui prétend protéger l’homme de la nature. Et, peut-être, faire du peuple un animal inoffensif.
- Les décennies suivantes, qui voient la destruction de ce système. On tond l’animal, désormais sans défense.
- Nos idées ont été façonnées par l’ancien système. En quelque sorte, ce qui peut nous arriver est inconcevable. Il faut se préparer à tout abandonner…
- Enantiodromie. Le fait d’avoir voulu s’isoler totalement du risque doit produire un retour de balancier violent. Du fait du point 1, les conséquences du dit retour sont difficiles à prévoir. La solution à ce problème est la « résilience », dont le principe est « l’union fait la force », autrement dit la solidarité. Ce qui est l’antithèse de l’attitude dominante.
| En route vers l’inconnu |
Il n’est pas impossible que la « révolution numérique » aille dans ce sens. Elle facilite le développement de réseaux humains, d’où capacité accrue d’absorption des chocs. Et aussi stockage d’informations (wikipedia, Moocs), qui permettent à tous de se former, sans avoir besoin de passer par une école que certains sont en train de s’approprier. (Encore faut-il qu’Internet soit robuste.)