Étiquette : Platon
Et si l’entreprise française était dysfonctionnelle par construction ?
Un exemple d’un exercice que je demande à mes élèves. C’est l’exercice du paradoxe : repérer un comportement bizarre ; l’expliquer par une logique qui n’est pas la nôtre. Un truc ? Commencer par une explication négative (idiotie), puis passer à une explication positive (dans les mêmes conditions, j’aurais fait pareil).
- Explication positive. Conséquence de « l’organisation » sociale. L’activité collective est organisée par des règles. Et ces règles ont des exceptions. Mais, c’est un moindre mal. C’est ainsi que nous avons inventé le feu rouge. Le feu rouge est une bonne idée, mais, de temps à autres, il nous force à nous arrêter alors qu’il n’y a pas un chat dans la rue. Idem pour les entreprises et leur organisation.
- Explication négative. Elle vient du professeur d’organisation Jean-Pierre Schmitt. Selon lui, l’entreprise française est conçue « par des ingénieurs (non formés à l’organisation) ». Il entend par là des théoriciens ne connaissant rien à la réalité. Résultat ? Une organisation du travail théorique, inadaptée, pas conçue pour l’aléa, insensible à l’évolution de son environnement concurrentiel. Ce handicap monstrueux doit être compensé par l’exploit permanent des opérationnels (le fameux « mode pompier »). C’est un miracle non durable. En particulier parce que l’entreprise est quasiment incapable de changer (au mieux douleur, coût et improvisation) ou de croître.
Les grands sophistes de Jacqueline de Romilly
Utopie : mal occidental ?
Et si la caractéristique de nos changements, de notre histoire même était l’utopie, me suis-je demandé récemment. Du coup, j’ai lu Voyages en Utopie, de Georges Jean (Découvertes Gallimard, 1994), livre qu’un collègue m’a offert il y a vingt ans. (Ce qui en dit long sur ce qu’il pensait de moi.)
Qu’est-ce qu’une utopie ? La description d’une organisation sociale idéale.L’histoire de l’utopie commence avec Hippodamos de Millet, à l’époque de Périclès, qui veut construire une cité idéale. Dès le départ, et jusqu’à nos jours, l’urbanisme et l’architecture feront chemin commun avec l’utopie. Puis vient Platon. C’est Thomas More qui donnera à l’utopie son nom (nulle part), et qui va lancer la tradition moderne. L’utopie est, initialement, une critique de la société, qui vise à l’améliorer. Mais, progressivement, elle devient réalité. Un genre littéraire apparaît, la critique de l’utopie (cf. 1984), autre nom du totalitarisme.
Sociologie contre philosophie ?
Il y a quelques temps j’ai entendu Bruno Karsenti dans La suite dans les idées de France Culture.
Intentions d’Oscar Wilde
L’espèce humaine est-elle capable d’apprendre ?
Gustave Le Bon pensait que l’espèce humaine apprenait par l’expérience répétée de la catastrophe.
- Gustave Le Bon : Psychologie des foules.
- Les Lumières.
- Sur le 19ème et le libéralisme : La pensée solidariste, Que produit le libéralisme ?.
- Sur Platon et la bureaucratie triomphante : Platon pour les nuls.
- Sur le néoconservatisme grec : Homme = mal, fondement de l’Occident.
- Les modélisations de Paul Krugman : « The Deflationist: How Paul Krugman found politics ».
Comment enseigner la science ?
Je retrouve dans un article (What Science Wants to Know: Scientific American) une idée qui me tient à cœur : ce qui compte dans la science n’est pas la réponse, mais la question.
Pourquoi notre enseignement ne procède-t-il pas ainsi ? Pourquoi laisse-t-on entendre au bambin qu’une connaissance qui a mis des siècles à être acquise est « évidente » ? Qu’il est idiot s’il ne l’emmagasine pas immédiatement ? Pourquoi le dégoûte-t-on de la science alors que l’on pourrait l’émerveiller ?
L’existentialisme n’a rien inventé
En relisant mes notessur Platon, j’ai découvert que l’absurde c’était lui. Or, je croyais que c’était la marque de fabrique des existentialistes. Qu’ont-ils inventé alors ?
The Western illusion of human nature, Marshall Sahlins
« La civilisation occidentale a été construite sur une idée perverse et erronée de la nature humaine ». Sahlins, Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradign press, 2008.
