Israël pris au piège d’un cercle vicieux ?
(Les dirigeants israéliens) se comportent comme s’ils pensaient (…) que le monde dans son intégralité hait les Juifs et qu’il n’y a rien à y faire.
- Revue de presse où j’ai trouvé l’article ci-dessus.
Israël pris au piège d’un cercle vicieux ?
(Les dirigeants israéliens) se comportent comme s’ils pensaient (…) que le monde dans son intégralité hait les Juifs et qu’il n’y a rien à y faire.
Je complète le billet précédent par un type de réflexion que j’ai abandonné trop vite : qu’ai-je appris de mon blog ?
Ce qui le fait avancer, ce sont mes réactions aux nouvelles, généralement désagréables. J’ai fini par croire que le changement auquel équivalait son écriture c’était cela : survivre aux désagréments de l’actualité. En quelque sorte, la déminer sans se recroqueviller. Au fond, ce blog me force peut-être simplement à penser, c’est-à-dire à utiliser un semblant de raison plutôt que d’évacuer ce qui choque par quelques expédients faciles.
Le changement est-il réussi ? Non. Je ne suis pas curieux et je tends à ne pas lire les articles qui s’annoncent sinistres. Autrement dit, je ne suis pas « optimiste » au sens de Seligman : l’imprévu n’est pas promesse d’aventures délicieuses. Et l’optimisme est le seul indicateur du changement réussi, si l’on en croit mes livres…
En fait, tout dans ce blog est marqué par l’égoïsme. Il ne dit plus grand chose sur les techniques de changement. L’important, pour moi, c’est d’enregistrer des événements, marques-pages d’un raisonnement en construction. De même, mes chroniques de livre séparent de plus en plus ce que j’en ai retenu de mes commentaires – qui m’ennuient à la relecture.
Compléments :
Les commentateurs encouragent M.Obama, depuis qu’il a perdu la majorité absolue au Sénat, à suivre l’exemple de M.Clinton.
Pourtant, quand il le fait, en s’en prenant aux banques et en gelant les dépenses de l’État, demande de la vox populi ?, on parle de populisme grossier. Non seulement il contredit ses propos de campagne, mais il fait l’inverse de ce que réclame le traitement de la crise.
Explication possible ? M.Obama n’est pas un politicien ordinaire, il est froid et rationnel. L’atout du grand politique est d’être un grand séducteur et un survivant : il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est en difficulté et il a un sixième sens qui lui dit ce que le peuple est prêt à croire.
Compléments :
Une étude montre pourquoi les puissants sont hypocrites :
Étude riche d’implications :
J’ai parlé dans mon cours, comme je le fais souvent dans ce blog, des travaux du psychologue Martin Seligman.
Des élèves m’ont demandé de mesurer leur optimisme. J’ai trouvé ce test : http://www.stanford.edu/class/msande271/onlinetools/LearnedOpt.html.
15 minutes pour savoir si vous êtes optimiste ou si vous avez tendance à la déprime. C’est en anglais.
Note pratique : une personne qui vient de remplir ce test me fait remarquer qu’il est facilement manipulable. Ce qui est certain. Afin qu’il donne des résultats utiles, il me semble qu’il faut accrocher les situations qu’il propose à des événements vécus récemment et chercher la réponse qui correspond le mieux à ce que vous avez pensé alors.
Un article sur les facteurs annonciateurs de dépression chez les enfants de moins de 5 ans (je découvre le phénomène, et le fait que 15% des enfants soient sujets à la dépression aux USA) :
Et après 5 ans ? Ces facteurs plus d’autres, environnementaux ? L’article ne le dit pas.
Compléments :
Être idiot c’est faire toujours la même erreur, désespérante pour ceux qui nous entourent. Les gouvernants sont familiers du phénomène : plus ils réforment, plus la situation se dégrade. Et plus ils sont fiers d’eux-mêmes, ce qui nous interloque.
Exemple que je cite dans un livre : la CGT entre dans une entreprise d’ingénieurs high tech. Le mot CGT suscite un réflexe pavlovien chez ses dirigeants. Ils entendent conflits salariaux, revendication de réduction du temps de travail, grèves et séquestrations, et préparent des contre-mesures coercitives (et ils cherchent à susciter le volontariat de jaunes). En fait, les ingénieurs se plaignent depuis des années de l’inintérêt de leur travail (ils veulent avoir plus de responsabilités), et de l’autisme de leur direction. En désespoir de cause, ils ont cherché un moyen radical de se faire entendre (celle qui est à l’origine du mouvement est un cadre américain…).
Cet exemple montre comment fonctionne le processus de décision humain. Un événement (CGT) suscite une interprétation automatique (barricade et pavés), qui elle-même déclenche mécaniquement le comportement associé à l’interprétation (appeler les CRS). Quand le mécanisme de décodage ne marche pas, le comportement est incorrect. Ce mécanisme est d’autant plus difficile à remettre en cause qu’il est inconscient et qu’il produit des conséquences qui le confortent (plus on fait donner le CRS, plus on reçoit de pavés).
Difficile ne veut pas dire impossible. L’idiotie est passagère.
Compléments :
Au début de la crise, j’ai cherché des raisons d’être optimiste. La meilleure me semble-t-il est que pour sortir de tous les malheurs qu’on nous annonce, il va falloir faire preuve d’une grande créativité et de pas mal de solidarité. L’avenir sera humain et intellectuellement stimulant ou il ne sera pas ! En tout cas, les chercheurs semblent avoir découvert une source d’optimisme à meilleur marché : imaginer que ce qui est vraiment important pour soi aurait pu ne pas arriver.
Par exemple, c’est un hasard invraisemblable qui fait que vous avez trouvé l’homme ou la femme de votre vie. Et si ce hasard n’avait pas eu lieu ? (What If I’d Never Met My Husband.) Voyons, qu’est-ce qui pourrait me réjouir ?
Ajoutez à cela le fait qu’il est quand même remarquable que cette crise n’ait pas suscité le repli sur soi égoïste de l’après première guerre mondiale et vous conclurez, avec les scientifiques du premier paragraphe, qu’il y a de solides raisons d’être optimiste.
Compléments :
Bizarre comportement des dirigeants de l’économie : un moment ils nous aspergent de leur suffisance, l’instant d’après, ils appellent à l’aide. Observations, réflexions et quelques théories familières à ce blog :
Compléments :
Le paradoxe est l’outil du changement. Et parmi les paradoxes du moment, il y en a un énorme : 3 hommes heureux. Les USA ont élu un président rayonnant, Barak Obama ; Gordon Brown a retrouvé le sourire ; et Nicolas Sarkozy ne s’est jamais senti aussi bien.
Et si cette crise montrait la force de ces nations, que l’on avait enterrées un peu vite ?
On les accuse de tous les maux (colonialisme, impérialisme…). D’ailleurs elles sont condamnées mécaniquement par la puissance des pays émergents, qui ne se privent pas d’annoncer leurs ambitions. Que la vengeance sera douce !
Elles attendent leur fin avec résignation, écrasées par le sentiment de leur culpabilité et de leur fragilité. Nous sommes des loosers. Faux.
Le monde a adopté nos valeurs : la démocratie, l’économie de marché, la science, les droits de l’homme (l’individualisme)… Elles étaient tellement naturelles pour nous, qu’elles le sont devenues pour lui. À tel point qu’il nous a chassés en leur nom. Et maintenant, il se rend compte que quels que soient nos vices, les siens sont bien plus grands. Le Président Mugabe n’est qu’un exemple d’une règle qui ne semble pas avoir d’exceptions. D’ailleurs, les nouveaux pays mercantilistes, qui pensaient se venger de nos méfaits avec nos armes, pourraient se trouver piégés par elles. Auraient-ils dévoilé leurs batteries trop vite ?
La force de l’Occident est qu’il s’est, en partie, immunisé contre les maux qu’il crée. Conformément aux traveaux de psychologie de l’optimisme, la crise le stimule. Regardez MM. Brown, Obama et Sarkozy.
Le monde doit apprendre à nous respecter, parce que nous sommes redoutablement dangereux. Nous sommes les barbares des temps modernes. Nos innovations dévastent le monde comme jadis les hordes mongoles. Et nous sommes indispensables : nous sommes les plus avancés dans la maîtrise des ficelles que nous avons inventées, et qui règlent la vie de la planète.
Compléments :