Tendre Poutine

La guerre d’Ukraine ne doit pas se terminer de façon humiliante pour M.Poutine, dirait M.Macron.

Surprenant. On lit qu’il commet des « crimes contre l’humanité », il déclenche une guerre qui fait des centaines de milliers de victimes et détruit un pays, et il faut ménager son amour propre ? Pauvre chéri ?

Les paroles de M.Macron doivent être le coup de pied de l’âne. M.Poutine croit un grand destin à sa nation. Or, depuis qu’elle s’est effondrée, elle est considérée, à la façon Macron, avec condescendance. Et, en plus, par quelqu’un que M.Poutine doit mépriser.

Guerre psychologique ?

Paris brûle-t-il ?

Ma vie n’est pas en danger. Le correspondant de la BBC en France voulait rassurer ses amis qui s’inquiètent pour lui. Apparemment, les télévisions étrangères montrent des mairies en flamme. (From our own correspondant, BBC 4.)

(Voilà qui pose une question intéressante : peut-on croire l’information que l’on nous donne ?)

Il expliquait que l’on pouvait vivre en France comme si de rien n’était, sans même entendre parler de manifestations. Que tout était normal.

Selon lui, le malaise viendrait non de la question des retraites, mais du comportement de M.Macron, que personne n’apprécie.

L’élite en col roulé

Par Studio Harcourt — RMN, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=76812068

L’autre jour j’écoutais deux très jeunes hommes parler de leur rôle important dans leur multinationale. Avec mon mauvais esprit habituel, je pensais que l’on en était revenu à l’ancien régime. Ce n’est pas la compétence qui compte, mais la naissance.

Alors, j’ai remarqué qu’ils portaient tous les deux des cols roulés ! Voilà, à mon avis, un fait statistiquement représentatif.

Notre gouvernement aurait-il lancé la mode du col roulé ? Le col roulé, « acte militant » ? Défi aux puissances des ténèbres ? Marque de reconnaissance du progressiste ?

La fin du travail

La pandémie a démontré que le monde pouvait tourner sans nous. On ne travaillait plus et pourtant tout marchait comme avant ! Voilà ce que j’entends depuis quelques-temps.

Cette théorie servirait à justifier l’idée que les machines peuvent nous remplacer.

Mais, le pays n’a pas marché sans nous ! Il a accumulé des dettes, pour nous nourrir au chômage. (Je suis une exception : je n’ai jamais autant travaillé !) Et aujourd’hui, le gouvernement doit faire des prouesses pour éviter aux entreprises plombées par le PGE de sombrer.

Cette politique résulterait d’une leçon tirée de la crise de 2008 : contrairement à l’Allemagne, la France avait laissé ses entreprises faire faillite. D’où chômage et perte de compétitivité nationale, par appauvrissement de notre tissu économique.

Plus récemment : on a vu l’impact de la politique de zéro covid de la Chine sur l’économie mondiale.

La France entre Charybde et Scylla : d’un côté un gouvernement qui nous croit trop bêtes pour comprendre sa politique, de l’autre l’intellectuel gramsciste ? La recette de l’irresponsabilité et de la révolution ?

Les raisons de la colère

Une personne ne supporte pas un emploi de fonctionnaire à 4 cinquième. Elle est prête à le quitter pour lancer une entreprise qui va la faire travailler à plein temps et pour des revenus aléatoires. Voilà ce que j’observe tous les jours.

Le monde du travail serait-il devenu irrespirable ? N’est-ce pas ce que dit Philippe d’Iribarne ? Une société basée sur l’idée qu’il y a une hiérarchie sociale ne va pas. Et ce n’est pas mieux de confondre diplôme et statut social. En France, le rapport à l’autre est toxique ?

Et le comportement de petit chef de M.Macron met le feu aux poudres ?

Montée des périls

Un mot sur la réforme des retraites.

Elle illustre la raison d’être de l’association des interpreneurs, dont je suis un des fondateurs.

Le remous qu’elle a créé montre que notre pays est extraordinairement fragile. Il n’a plus d’armée, d’industrie, est dépendant de l’étranger, et généralement de régimes qui ne lui veulent pas du bien, quasiment pour tout ce qu’il consomme, est criblé de dettes, a des services publics qui ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils furent, et en plus est au bord de la guerre civile. Dans mes cours d’histoire, on parlait de « montée des périls ». Et je n’exagère pas.

Ce dont nous avons besoin c’est d’un changement d’état d’esprit. Mot d’ordre : « responsabilité ». Le citoyen doit prendre son sort en main et faire preuve de solidarité, pour relancer le pays « par en bas ».

Mal français

Ce témoignage met le doigt sur ce qui ne va pas dans notre pays. Ce qui fait que, à cause de sa fragilité, une erreur de notre gouvernement pourrait le plonger dans l’anarchie. 

Nous avons un Etat qui a infantilisé les dirigeants d’entreprise (et probablement la nation) à tel point qu’ils n’ont pas conscience de la nature de leurs responsabilités. Conséquence : l’action de l’Etat produit l’envers de ses intentions.

Le nom du changement : responsabilité !  

Big bang ?

Le gouvernement va-t-il être renversé ? J’entends dire que Mme Le Pen pourrait bientôt diriger la France.

On ne lance pas de pierres, quand on habite une maison de verre ? Curieuse réforme des retraites. Qu’est-ce qui a poussé notre président à prendre ce risque ? Je vois dans la presse étrangère et française qu’il est victime d’un déni démocratique.

Toujours est-il que cela illustre une propriété de l’histoire que l’on n’enseigne pas à l’école. Un incident infime peut la faire changer de cours, radicalement, façon big bang. L’instant d’avant c’est la paix. Celui d’après, la guerre.

Ainsi, ce n’est pas la crise qui a amené Hitler et le nazisme au pouvoir, mais la mort d’un homme politique qui était parvenu à maîtriser les instincts suicidaires de son pays. De même Nicola Sturgeon vient de disparaître, pour avoir pris une mesure malheureuse, alors qu’elle était au faîte de sa popularité.

Le mal de l’Etat

Le paradoxe de notre temps est que notre super Etat centralisé jacobin omnipotent et omniscient est totalement impuissant. Il est pris au piège de ses contradictions. Il est ligoté comme Gulliver. Pitoyable.

« Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !… mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien ». Eh bien notre président, lui aussi, saute sur sa chaise comme un cabri, et cela n’aboutit à rien.

Que devrait-il faire ? Imiter le dirigeant qui entre dans une entreprise : la mettre en ordre de marche.

Pour cela, il n’y a pas de méthode. Il ne faut que de la volonté. Et surtout comprendre que l’intendance ne suit jamais. Voilà qui devrait être enseigné à l’ENA.

Ruralité nouvelle ?

A l’institut des hautes études des mondes ruraux j’ai assisté à une « introduction aux nouvelles questions rurales », par le professeur Romain Lajarge. Le sujet était inconnu, ai-je bien compris ? Voici ce que j’ai retenu :

La situation de notre pays serait le résultat d’un plan qui aurait mal tourné. Après guerre, il y aurait eu volonté de créer une France urbaine. (La ville, « l’artificialisation », c’était le progrès ?) Les campagnes se sont vidées de leurs populations, mais aussi de leur industrie, partis dans les banlieues des grandes villes. Cela était porté par une logique de « rente foncière ». En France, la richesse, l’ascenseur social, est associée à la propriété.

Mais l’histoire a connu un revirement inattendu. Les banlieues sont devenues tout ce qu’elles ne devaient pas être : zones d’exclusion et de mal être. Et l’industrie s’est délocalisée. Quant à la campagne, elle n’a plus d’agriculteurs, si bien que le commerce extérieur agricole de la France est déficitaire ! Ses terres sont envahies par des taillis. Elle n’a jamais été aussi boisée, mais ses forêts sont inexploitables.

Crise existentielle ? Les urbains sont saisis « d’urbanophobie ». La question du travail, centrale pour la société d’après guerre, a été remplacée par celle « d’habitabilité ». Le changement désiré n’a pas créé d’urbains. Mais des ruraux vivant en ville. Il y a « ruissellement », ces urbains ne quittent pas « la ville », mais « une ville » pour en trouver une où il fait meilleur vivre. Notamment Paris pour Marseille. A l’autre extrême, la situation est inflammable. Bonnets rouges, Gilets jaunes, et après ?

Finalement, l’Etat. (Notre fameux Etat jacobin, omnipotent, dirigé par l’élite de la nation.) Il est pris dans ses contradictions. Sa dernière réforme, régionale, au mieux, n’a rien changé. C’est « l’anarchie » ! En particulier, en termes de construction. « La société se défait de l’intérieur. »

Pour résumer : il n’y aurait pas de mouvement bien ordonné, qui irait de la ville à la campagne, ou, à l’envers, de villes qui résisteraient, comme on l’entend. « Rien ne va plus. » Le Français « ne sait plus où il habite ». Ses gouvernants sont paumés. C’est le chaos.

Pour prendre des voies aux écologistes, M.Macron a décidé, une veille d’élection, du « Zéro artificialisation nette », sans faire aucune analyse de son impact. Comme Cortez aurait-il brûlé ses vaisseaux ? Vaincre ou périr ?

Inquiétant. Plus de service public, plus d’agriculture, plus d’industrie… quel bilan !

PS. Un article qui semble confirmer cette analyse.