A l’institut des hautes études des mondes ruraux j’ai assisté à une « introduction aux nouvelles questions rurales », par le professeur Romain Lajarge. Le sujet était inconnu, ai-je bien compris ? Voici ce que j’ai retenu :
La situation de notre pays serait le résultat d’un plan qui aurait mal tourné. Après guerre, il y aurait eu volonté de créer une France urbaine. (La ville, « l’artificialisation », c’était le progrès ?) Les campagnes se sont vidées de leurs populations, mais aussi de leur industrie, partis dans les banlieues des grandes villes. Cela était porté par une logique de « rente foncière ». En France, la richesse, l’ascenseur social, est associée à la propriété.
Mais l’histoire a connu un revirement inattendu. Les banlieues sont devenues tout ce qu’elles ne devaient pas être : zones d’exclusion et de mal être. Et l’industrie s’est délocalisée. Quant à la campagne, elle n’a plus d’agriculteurs, si bien que le commerce extérieur agricole de la France est déficitaire ! Ses terres sont envahies par des taillis. Elle n’a jamais été aussi boisée, mais ses forêts sont inexploitables.
Crise existentielle ? Les urbains sont saisis « d’urbanophobie ». La question du travail, centrale pour la société d’après guerre, a été remplacée par celle « d’habitabilité ». Le changement désiré n’a pas créé d’urbains. Mais des ruraux vivant en ville. Il y a « ruissellement », ces urbains ne quittent pas « la ville », mais « une ville » pour en trouver une où il fait meilleur vivre. Notamment Paris pour Marseille. A l’autre extrême, la situation est inflammable. Bonnets rouges, Gilets jaunes, et après ?
Finalement, l’Etat. (Notre fameux Etat jacobin, omnipotent, dirigé par l’élite de la nation.) Il est pris dans ses contradictions. Sa dernière réforme, régionale, au mieux, n’a rien changé. C’est « l’anarchie » ! En particulier, en termes de construction. « La société se défait de l’intérieur. »
Pour résumer : il n’y aurait pas de mouvement bien ordonné, qui irait de la ville à la campagne, ou, à l’envers, de villes qui résisteraient, comme on l’entend. « Rien ne va plus. » Le Français « ne sait plus où il habite ». Ses gouvernants sont paumés. C’est le chaos.
Pour prendre des voies aux écologistes, M.Macron a décidé, une veille d’élection, du « Zéro artificialisation nette », sans faire aucune analyse de son impact. Comme Cortez aurait-il brûlé ses vaisseaux ? Vaincre ou périr ?
Inquiétant. Plus de service public, plus d’agriculture, plus d’industrie… quel bilan !
PS. Un article qui semble confirmer cette analyse.