Le mal de l’universitaire est de ne pas connaître son sujet. J’écoutais les universitaires de In our time, de la BBC, s’entretenir de Tocqueville. L’une d’entre eux, au lieu de voir dans son oeuvre une analyse systémique de la démocratie américaine, qui demeure une référence, n’en apercevait que les aspects anecdotiques. Heureusement que le pauvre Tocqueville n’a pas émis sur les femmes une opinion que la morale réprouve, car, il aurait été brûlé en place publique.
Surtout, il n’y a pas besoin d’être universitaire pour lire Tocqueville, ou bien des philosophes classiques. Ils s’adressaient à leurs contemporains, avec leurs mots.
L’émission s’intéressait à la « dictature de la majorité », propre à la démocratie, selon Tocqueville. Aux USA, les plus belles facultés humaines étaient dominées par les plus basses. Ce qui est probablement toujours le cas.
Les révolutions arabes, la révolution iranienne, la Turquie actuelle… illustrent cette dictature. Le peuple gouverne en fonction de ses valeurs et intérêts, qui, dans un pays pauvre, sont pauvres.
Mais ce n’est pas tout. Des amis me disaient que leurs enfants étaient surpris par ce que leurs enseignants leur affirmaient, affirmations qui évoluaient, d’ailleurs, d’une année à l’autre. Ils leur conseillaient de ne pas les croire, mais de ne pas faire de vagues. La « bien pensance » actuelle est imposée par une minorité qui utilise des mécanismes sociaux, pour imposer ses idées. Ce phénomène est aussi vieux que le monde.
L’esprit de la démocratie est la vertu, dit Montesquieu. Et si la vertu était un principe social et non une qualité individuelle : éviter la dictature ?