La République de Platon fut une révélation.
L’intellectuel, qui se nomme philosophe, veut être le roi de la cité. (Car il n’y a que la royauté qui vaille, la démocratie étant l’antichambre de la tyrannie, dit Platon.)
Son arme ? Il invente la morale. Il définit le « bien », et comment on y parvient. Et cela contredit les usages ancestraux de la cité. Elle est donc, totalement, en tort. Elle est le mal.
Lorsque Tocqueville décrit le mécanisme qui a mis la France et l’Europe à feu et à sang, lors de la révolution, il parle exactement du même phénomène, quasiment dans ces termes.
« Le gouvernement central ne se bornait pas à venir au secours des paysans dans leurs misères ; il prétendait leur enseigner l’art de s’enrichir, les y aider et les y forcer au besoin. »
« le gouvernement était déjà passé du rôle de souverain au rôle de tuteur »
« tous pensent qu’il convient de substituer des règles simples et élémentaires, puisées dans la raison et dans la loi naturelle, aux coutumes compliquées et traditionnelles qui régissent la société de leur temps »
« dans l’éloignement presque infini où ils vivaient de la pratique, aucune expérience ne venait tempérer les ardeurs de leur naturel ».
« la même ignorance leur livrait l’oreille et le cœur de la foule ».
Une des découvertes de ce blog a été que les techniques de changement vont au delà de celles que l’on trouve dans les livre de cours. « L’influence », la manipulation des esprits, est l’outil de « conduite du changement » le plus utilisé de nos jours. Et il est utilisé par un autre phénomène de société qui est apparu aussi progressivement dans ce blog : « l’intellectuel ».