Victor Basch fut le président de la Ligue des droits de l’homme, avant guerre.
Il a vu la montée du fascisme et les crimes qu’il a immédiatement perpétrés. Il s’est demandé pourquoi l’affaire Dreyfus avait pu secouer toute une nation, alors que l’indifférence était devenue totale. Le Pape doit se poser la même question.
Qu’est-ce qui met en mouvement une nation ? La souffrance ? La famine, comme au temps de la révolution, la crise et la pauvreté à l’époque du fascisme, la dégradation des conditions de vie des Gilets Jaunes. Mais on peut être remué par des idées. Et les intellectuels jouent alors un rôle essentiel, comme au temps de l’affaire Dreyfus. Seulement, il faut que leurs préoccupations trouvent un écho dans le peuple. Ce qui ne semble pas avoir été le cas en ce qui concerne leur combat pour la transition climatique ou la cause palestinienne. Et ils ne paraissent réagir qu’à certains types de signaux. Par exemple à l’affaire Dreyfus et pas aux crises économiques.
Les sociétés ressemblent quelque peu à des machines ? Comment pourrait-on les rendre intelligentes ?
(Remarque : mettre en mouvement une société est, à proprement parler, la tâche de la « conduite du changement », le sujet de ce blog.)