Pensée d’élite

Notre pensée est-elle manipulée par la « nouvelle élite », se demandait la BBC.

Un interviewé expliquait que c’était une thèse stupide : les médias sont aux mains des milliardaires. C’est, d’ailleurs, eux qui ont manipulé le peuple afin qu’il vote Brexit.

Cela m’a rappelé une discussion que j’ai eue avec mon voisin. Lors de l’élection présidentielle de 2017, il me disait que la presse votait Macron, alors que je constatais le contraire. Nous lisions probablement deus presses différentes.

Ce qui m’a aussi frappé, à l’époque où je côtoyais les journalistes, c’était leurs CV : on y trouvait aussi bien Libération que le Figaro.

Je crois surtout que nous sommes influencés par notre éducation et que notre éducation est de gauche. Je reçois la communication de Cambridge et de l’INSEAD : dans les deux cas, on ne parle que de changement climatique et de genre. Il n’est plus question des sujets que l’on traitait jadis dans ces institutions. C’est ce que l’on nomme désormais le « capitalisme woke ».

Grand froid

Cette été restera dans notre souvenir comme exceptionnellement froid. J’entendais dire cela par les autorités scientifiques, hier matin, à la BBC.

Histoire de bien faire comprendre au citoyen britannique qu’il ne doit pas se fier à ses impressions : le climat se réchauffe ? Que, surtout, il ne lui prenne pas l’envie de douter du dogme officiel ?

(Ce qui est oublier que tout citoyen n’obéit pas aux dogmes, mais à ses intérêts immédiats. Le jour où ils sont touchés, il fait sauter le gouvernement ?)

Grandes illusions

Lorsque je me tourne vers ma jeunesse, je constate que les grands choix de ma vie ont reposé sur des idées auxquelles je croyais dur comme fer, et qui étaient totalement fausses. Elles m’ont fermé beaucoup de portes.

Ces idées m’ont été enseignées par la société. Souvent, ce que nous considérions comme des « autorités » les appuyaient de tout leur prestige de prix Nobel, ou équivalent. Elles ne reposaient, je le comprends maintenant, sur rien de matériel. En outre elles ne jouaient pas le même rôle pour tous. Pour ceux, par exemple, qui pensaient que la « fin justifiait les moyens », elles n’avaient pas grande influence.

Je ne parviens pas à regretter mes erreurs, toutefois. Elles m’ont fait sortir d’une voie qui, a posteriori, était toute tracée. J’ai roulé ma pierre, je n’ai pas amassé de mousse : j’ai beaucoup découvert, sans jamais étudier suffisamment un sujet pour pouvoir prétendre bien le connaître. Ce qui fait que je roule encore…

En tous cas, si j’avais des enfants, j’essaierais de les aider à rechercher quelles sont leurs certitudes, et à se demander quelles portes s’ouvriraient, si elles étaient erronées.

ChatGPT démasqué

Passionnante vidéo qui explique tout ce que j’ai observé de chatGPT.

ChatGPT, c’est un « truc ». C’est chercher les mots qui sont associés à d’autres mots, ceux de la question. Le but est que l’association semble « vraisemblable ».

C’est la raison pour laquelle chatGPT est aussi créatif. Par exemple, il a compris que, vu le type de travail que je fais, je devais avoir inventé une méthode de conseil dont le nom serait du meilleur effet sur la couverture d’un livre. Un nom qui fleure la « mode de management ». Il est aussi à son meilleur pour inventer des titres de références scientifiques. (Ce qui m’a rappelé Jules Vallès, qui pissait de la copie pour remplir un dictionnaire, et qui inventait des citations littéraires.)

L’explication de ce qu’il semble un rien mièvre tient à ce qu’on peut lui demander de répondre comme si il était x ou y. Dans ce cas, on lui a dit probablement de se comporter comme s’il ne voulait choquer la sensibilité de personne.

chatGPT n’est pas dressé pour trouver la vérité, mais pour en « foutre plein la vue ». Ce faisant, c’est un extraordinaire outil de marketing. Si quelqu’un doit avoir peur, c’est peut-être bien ceux dont le métier est de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?

Robin Hood

Il semble que le Français ait entendu Robin Wood et non Robin Hood, c’est à dire Robin des bois et non Robin capuchon.

Je soupçonne qu’un Robin capuchon était un terme générique désobligeant pour désigner un être louche. (La France a d’ailleurs eu sa « cagoule », une autre traduction possible pour hood.)

En tous cas, une émission que j’écoutais (In Our Time, de BBC 4), expliquait que l’on ne savait pas si le personnage avait existé. Ses origines remonteraient au douzième ou au treizième siècle, ou avant. Initialement il n’était pas noble, et vivait en forêt (mais ne s’y était pas réfugié). Mais que son mythe (la lutte contre un pouvoir injuste ?) avait été recréé au cours des ans, à plusieurs reprises, en fonction des besoins du temps. En particulier, Hollywood et Walter Scott avaient beaucoup plus fait pour lui que l’histoire qui les avait précédés.

Théorie du complot ?

Meta et les enfants

J’entendais qu’une baronne anglaise avait interpelé M.Zuckerberg. Apparemment, il envisagerait de consacrer sa fortune à la défense de l’enfance. Elle lui a fait remarquer qu’il devrait commencer par ses réseaux sociaux et leur influence délétère.

Mais, les réseaux sociaux ne sont pas tout ce que subissent les enfants. Ne devrait-on pas s’interroger sur les dangers du lavage de cerveau que nous fait subir la société ?

Et quel est le mieux pour l’enfant ? Le protéger, ou lui apprendre à se défendre ?

Gilet jaune über alles

Industrie, souverainisme, protectionnisme, formation professionnelle, emplois bien payés, pause dans les réformes environnementales… On a ri des Gilets jaunes. Et pourtant, ils ont vaincu. M.Macron fait dorénavant leur politique. En cela, il ne fait que suivre, avec retard, la tendance mondiale.

Pour autant, la morale publique ne change pas. Par exemple, on brandit toujours la menace du GIEC.

Les classes qui font l’opinion ne feraient-elles pas le changement, M.Gramsci ?

Genre incertain

Il faut nous aider, nous ne savons comment nous comporter vis-à-vis des élèves qui sont mal dans leur genre. C’est ce que disait, l’autre jour, les enseignants anglais. (Informations de la BBC.)

Le mot « genre » n’est entré que récemment dans ce blog.

Curieux phénomène. Il y a encore quelques décennies, il n’existait pas.

Eh puis, il s’est agi de protéger les « dominés ». Un temps ce fut les Gitans, puis les « minorités ethniques ». Aujourd’hui il ne semble subsister que les femmes (paradoxalement, en majorité) et quelques minorités sexuelles quelque peu ésotériques.

Pas étonnant que l’adolescence, traditionnelle période de crise existentielle, s’y perde, et soit un peu plus mal dans sa peau que d’habitude ?

Ce que l’enseignant aurait besoin d’apprendre, serait-ce ce que les Lumières croyaient le moyen ultime de libération de l’homme : la pensée critique ? Le vaccin contre les modes sociales ?

La grand peur de l’IA

Soudainement les autorités de la pensée ont peur de l’IA. A commencer par Elon Musk, dont, pourtant, les automobiles sont truffées d’IA.

Etrange ? Ce blog raconte que The Economist prévoyait, il y a déjà bien longtemps, un monde en « sablier » : plus de classe moyenne, beaucoup de gens vivant de leurs muscles, et quelques maîtres de la technologie. Mais cela n’effrayait personne. Pas plus que n’a effrayé la délocalisation massive de l’emploi en Asie ou ailleurs : c’était à « l’Occident d’en bas » de s’adapter.

L’élite se sentirait-elle menacée ? Car chatGPT ne fait pas le ménage, il pense.

Ou, du moins, il semble penser. Et si l’IA était punie par là où elle a pêché : sa capacité à susciter le rêve ?