Flop du SPAC

The Spac bubble and bust is one for the history books

Financial Times du 25 Novembre

Le Financial Times parle d’amnésie. Effectivement, j’ai toujours vécu au milieu des bulles spéculatives. J’ai même fait ma thèse de MPhil en Intelligence Artificielle, elle faisait rage dans les années 80. C’était la « 5ème génération ». La dite thèse m’a convaincu que la bulle était vide, en dehors de ce que l’on appelle la « réalité virtuelle », dont une application était les icônes de mon Mac de l’époque, ou les calendriers tournants de nos téléphones.

Aux USA, il y a un mot pour ces crises collectives : « management fads ». Mais, en France, on les prend toujours pour argent content. Le plus surprenant est que là-bas, comme chez-nous c’est l’élite intellectuelle qui semble gober le plus facilement ces balivernes.

Au cours des ans, j’ai identifié deux hypothèses pouvant expliquer le phénomène :

  • Celle qui ressort de l’étude de la crise de 29 par J.K. Galbraith : la bulle spéculative est un jeu financier tout à fait rationnel.
  • Celle, qui n’est pas incompatible avec la première, selon laquelle l’escroc n’escroque que celui qui a envie d’être escroqué. Quand vous vous proclamez un génie certifié par l’Education nationale, en particulier, et que vous vous retrouvez à la tête d’une multinationale ou d’une nation sans savoir quoi faire, vous êtes certainement prêt à croire au père Noël. Ne serait-ce que parce que d’autres pourraient y croire, et que le temps qu’ils y croient, il peut arriver un miracle ?

Réseau d’influence

Il y a quelque-chose qui ne me va pas dans ce que publie linkedin.

J’ai l’impression que beaucoup de messages jouent sur des codes implicites pour amener le lecteur à considérer que l’auteur est une personne « importante ». Une forme de manipulation ?

En revanche, ce qui m’intéresse est ce qui « m’informe ou me fait réfléchir ».

Epate et impact

« L’entreprise à mission », une idée à la mode.

Les rapports des « entreprises à mission » ne sont pas convaincants. Admirez notre vertu ! disent-ils. Il y a des images, de la couleur, des gens qui sourient, des chiffres. Le même vocabulaire partout (chatgpt ?). Mais que signifient ces chiffres ? J’ai fait mon devoir, je peux dormir tranquille ? Tout dans l’épate, mais quel impact ?

Que faudrait-il faire, si l’on était sérieux ? Partir de ce que l’on cherche à obtenir, du phénomène global, et ensuite se demander ce qu’il faut faire pour changer la situation, et à quel endroit critique on peut intervenir.

L’entreprise à impact est un colibri qui prétend éteindre un incendie en crachant dessus. Il ferait mieux d’utiliser ses ailes pour aller prévenir les pompiers.

Brics et Crics

Un temps, il n’y en avait que pour les Brics, un concept inventé par quelque consultant (en fait un économiste de Goldman Sachs, selon wikipedia). Si vous en doutiez, vous étiez, comme aujourd’hui pour les sujets à la mode, un déplorable obsolète. L’avenir avait fuit, emmené par son élite éclairée, l’Occident.

On imagine que le dit consultant doit maintenant avoir une autre théorie, à laquelle il tient toujours aussi fort. Ce n’est pas la girouette qui change…

Quant aux Brics, ils ont pris une mine méchamment patibulaire. Il y aurait de quoi refaire l’affiche de « usual suspects » avec leurs leaders. Les Brics sont devenus Crics : Chine, Russie, Iran, Corée du nord. Le plus curieux est que les deux premiers semblent aux mains des deux seconds, alors que ceux-ci paraissent faméliques…

Un bénéfice du changement ? Il a révélé les vertus de la démocratie. C’est peut-être le chaos, mais le chaos, c’est la vie !

L’armée du doute

Climat : les scientifiques, premières cibles de l’armée du doute sur le réchauffement. (Le Monde de jeudi)

Je découvre « l’armée du doute ». Toute annonce des « spécialistes du climat » ferait l’objet de centaines de commentaires rageurs.

Je n’imaginais pas que c’était possible. Il me semblait que tout doute concernant le réchauffement climatique faisait l’objet d’une censure implacable. Mais la critique est anonyme, ce qui fait qu’elle désamorce la censure. (Rappelons-nous qu’Internet fut un rêve libertaire ?)

Enantiodromie ? C’est parce que la pensée officielle ne veut pas laisser de prise au doute, qu’elle n’est pas crédible ?

L’essence du capitalisme

L’autre jour, je participais à une conférence. J’ai entendu un agriculteur résumer le sentiment général en disan, en substance : aujourd’hui le prix d’une laitue est de 1€, mais, comme elle vous rend malade, elle coûte 2€ à la collectivité. Pourquoi ne paierions-nous pas 3€ une laitue saine ?

Cela m’a rappelé une question que je me pose depuis longtemps. Et si la nature du capitalisme était, en grande partie, de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? Autrement dit, de nous masquer ses « externalités négatives », par une manipulation habile. C’est une forme de conduite du changement.

(Autre exemple : l’épidémie de coronavirus. On sait que les mélanges produisent les épidémies. La « globalisation » devait, à coup sûr en être porteuse. Les épidémies n’ont pas été prises en compte dans les calculs économiques. Leur coût a été payé par la collectivité.

En fait, le phénomène a été prévu par le sociologue Robert Merton, il appelle cela « innovation ».)

Front anti Bobo ?

Je participais à une réunion des membres d’une association que je trouve particulièrement dynamique. Ce que j’apprécie est qu’elle me semble très concrète, et obtenir des résultats « sur le terrain ».

Je la croyais sur la voie du succès. Mais ne me suis-je pas trompé ?

Ce qui m’a surpris dans ce que j’entendais des réactions que suscitait l’action de ses membres, était deux choses : à quel point le terme « Bobo » surgit rapidement pour censurer un argument, et à quel point le raisonnement conceptuel irrite.

Quelqu’un me disait l’autre jour qu’il était regrettable que Mme Le Pen se soit approprié « le bon sens ».

Je me suis demandé si le discours qui a « le haut du pavé » n’est pas celui d’une infime minorité, ayant un énorme pouvoir d’influence. Et si l’ombre ne cache pas un considérable mécontentement d’une très grande part de la société.

Du mensonge

On peut mentir en disant la vérité. En ne disant pas toute la vérité. C’est ce que font nos journaux.

Comme dans la fable des aveugles et de l’éléphant, la vérité est « complexe ». Elle a plusieurs dimensions. Si on ne les connaît pas toutes, on ne peut rien décider.

Exemple ? Il y a autour de moi des gens qui m’horripilent, mais, qu’aurais-je fait sans eux ?

Mozart était un avorton, Beethoven laid, Le Carravage un voyou…

Une erreur habituelle est de ne parler que de ce qui ne va pas. Ce faisant on passe à côté de la seule chose d’utile : les leviers du changement, la réelle richesse de l’individu ou de la société.

Loi forte des petits nombres

Hier, la BBC était sens dessus dessous. Depuis 19 ans, un homme est en prison. Des preuves de son innocence sont apparues très tôt. Mais les instances judiciaires n’ont pas voulu les considérer. (En particulier pour des questions de coûts.)

A côté de cela, il y a un grand nombre d’innocents qui se font massacrer tous les jours, sans que cela n’émeuve personne.

De la rationalité humaine ?

Le charme de l’escroc

La vie de Talleyrand a été une de mes grandes découvertes. On dénonçait ses vices, mais dès que l’on était en difficultés, on avait recours à ses services.

On me racontait une histoire similaire concernant quelqu’un généralement considéré comme un escroc.

Nouvelle erreur de raisonnement ? Pourquoi un escroc serait-il infréquentable ? Comme le diable, il a de grandes vertus !

(En fait, la raison de ne pas fréquenter les escrocs est qu’ils n’escroquent que ceux qui croient en eux. Le phénomène est bien connu. On en a récemment parlé au sujet de l’affaire Madoff.)