Gilet jaune über alles

Industrie, souverainisme, protectionnisme, formation professionnelle, emplois bien payés, pause dans les réformes environnementales… On a ri des Gilets jaunes. Et pourtant, ils ont vaincu. M.Macron fait dorénavant leur politique. En cela, il ne fait que suivre, avec retard, la tendance mondiale.

Pour autant, la morale publique ne change pas. Par exemple, on brandit toujours la menace du GIEC.

Les classes qui font l’opinion ne feraient-elles pas le changement, M.Gramsci ?

Genre incertain

Il faut nous aider, nous ne savons comment nous comporter vis-à-vis des élèves qui sont mal dans leur genre. C’est ce que disait, l’autre jour, les enseignants anglais. (Informations de la BBC.)

Le mot « genre » n’est entré que récemment dans ce blog.

Curieux phénomène. Il y a encore quelques décennies, il n’existait pas.

Eh puis, il s’est agi de protéger les « dominés ». Un temps ce fut les Gitans, puis les « minorités ethniques ». Aujourd’hui il ne semble subsister que les femmes (paradoxalement, en majorité) et quelques minorités sexuelles quelque peu ésotériques.

Pas étonnant que l’adolescence, traditionnelle période de crise existentielle, s’y perde, et soit un peu plus mal dans sa peau que d’habitude ?

Ce que l’enseignant aurait besoin d’apprendre, serait-ce ce que les Lumières croyaient le moyen ultime de libération de l’homme : la pensée critique ? Le vaccin contre les modes sociales ?

La grand peur de l’IA

Soudainement les autorités de la pensée ont peur de l’IA. A commencer par Elon Musk, dont, pourtant, les automobiles sont truffées d’IA.

Etrange ? Ce blog raconte que The Economist prévoyait, il y a déjà bien longtemps, un monde en « sablier » : plus de classe moyenne, beaucoup de gens vivant de leurs muscles, et quelques maîtres de la technologie. Mais cela n’effrayait personne. Pas plus que n’a effrayé la délocalisation massive de l’emploi en Asie ou ailleurs : c’était à « l’Occident d’en bas » de s’adapter.

L’élite se sentirait-elle menacée ? Car chatGPT ne fait pas le ménage, il pense.

Ou, du moins, il semble penser. Et si l’IA était punie par là où elle a pêché : sa capacité à susciter le rêve ?

La séduction de l’IA

Les Chinois tombent comme des mouches. N’est-ce pas ce que l’on nous a annoncé ? Ils ont mis un terme à leur politique de zéro covid, sans disposer de nos merveilleux vaccins, l’hécatombe était certaine. Et que dire des pays africains ?

Lorsque l’homme ne s’accroche pas aux faits, son esprit délire. Les journaux, eux-mêmes, grands combattants de la théorie du complot, en sont les premières victimes.

Et c’est probablement la force de l’intelligence artificielle et de toutes les innovations numériques, notre pain quotidien depuis la bulle Internet : elles se prêtent aux rêves les plus fous.

Fake news

Une enquête de Sherlock Holmes. On croit une personne de la bonne société assassinée par un mendiant. Or, le mendiant, c’est elle. Elle s’est rendue compte que mendier était un excellent moyen de gagner sa vie. Et plus les dépenses de sa famille augmentent, plus elle est contrainte à la mendicité !

Et voilà comment on dissémine les fausses informations ? Toute lecture, toute oeuvre d’art, devrait faire l’objet d’une étude critique ?

Vaccin et communication

Déficit de vaccination. La cause en serait le covid. Les usages médicaux ont été bouleversés par les mesures de lutte contre le virus. De plus, la population serait de plus en plus méfiante vis-à-vis des vaccins. Coupable ? La désinformation. (Du moins en Angleterre, d’où je tire mes informations.)

Curieuse explication, eu égard au battage fait pour la promotion du vaccin contre le covid.

Et si les autorités sanitaires avaient manqué de doigté, en ne tolérant qu’une pensée unique ? Si elles ne peuvent pas s’exprimer librement, les opinions s’expriment autrement ?

« la dysfonction apparaît comme la résistance du facteur humain à un comportement qu’on essaie d’obtenir mécaniquement ». (Michel Crozier.)

Efficacité du marché

Fox News est condamné à une amende de 800m$. 4 ou 5% de sa valeur. Mais son cours de bourse ne bouge pas.

Mes professeurs de MBA m’ont pourtant affirmé, sur tous les tons, que cela n’est pas possible. Le marché est rationnel. La valeur de Fox News devrait baisser de 4 ou 5%.

Bien sûr, on peut aussi dire que le marché avait anticipé l’amende. Il savait mieux que les jurés ce qui était dans leur tête. On peut aussi dire que le marché a anticipé que cette perte serait compensée par un gain équivalent.

A moins, plus simplement, que le marché n’ait pas lu les cours de mes professeurs ?

Rigueur intellectuelle

La BBC annonçait que, en Angleterre, les femmes noires et asiatiques mourraient significativement plus en couche que les femmes blanches. Explication : racisme.

Curieusement, la BBC ne se demandait pas si un pays dont le premier ministre s’appelle Rishi Sunak, où Humza Yusef est le nom du leader du mouvement de libération de l’Ecosse, est fondamentalement raciste.

Et si d’autres facteurs entraient en jeu ? Richesse ? Niveau d’éducation ? Histoire de la famille ? Culture d’une société fondamentalement inégalitaire ?… Pourquoi ne pas comparer les conditions de vie de ceux qui ont un duc parmi leurs ancêtres, avec celles du reste de la population ?

L’analyse de la BBC ressemble fort à un biais de confirmation. On ne trouve que ce que l’on cherche. Et, la façon de formuler une question oriente sa solution. Dommage que la rigueur scientifique ne soit plus enseignée ?

Donneur de leçons

Le donneur de leçons est le mal de notre temps. Il est certifié dans tous les domaines. C’est une autorité du changement, du coaching, du biais humain, de la transition climatique… Sa parole est d’autorité.

Il n’a aucun sens du ridicule. Car, non seulement il pontifie à partir de théories bien connues, depuis fort longtemps. Mais surtout il officie dans un espace où seul le doute est permis. Plus comique encore, il s’accroche à des diplômes au moment où la faillite de l’enseignement leur a retiré toute valeur.

Je lui conseille d’écouter David Attenborough. Il se contente de raconter ce qu’il a observé. Ce qui l’a surpris. Et c’est plein d’enseignements.

Tocqueville

Le mal de l’universitaire est de ne pas connaître son sujet. J’écoutais les universitaires de In our time, de la BBC, s’entretenir de Tocqueville. L’une d’entre eux, au lieu de voir dans son oeuvre une analyse systémique de la démocratie américaine, qui demeure une référence, n’en apercevait que les aspects anecdotiques. Heureusement que le pauvre Tocqueville n’a pas émis sur les femmes une opinion que la morale réprouve, car, il aurait été brûlé en place publique.

Surtout, il n’y a pas besoin d’être universitaire pour lire Tocqueville, ou bien des philosophes classiques. Ils s’adressaient à leurs contemporains, avec leurs mots.

L’émission s’intéressait à la « dictature de la majorité », propre à la démocratie, selon Tocqueville. Aux USA, les plus belles facultés humaines étaient dominées par les plus basses. Ce qui est probablement toujours le cas.

Les révolutions arabes, la révolution iranienne, la Turquie actuelle… illustrent cette dictature. Le peuple gouverne en fonction de ses valeurs et intérêts, qui, dans un pays pauvre, sont pauvres.

Mais ce n’est pas tout. Des amis me disaient que leurs enfants étaient surpris par ce que leurs enseignants leur affirmaient, affirmations qui évoluaient, d’ailleurs, d’une année à l’autre. Ils leur conseillaient de ne pas les croire, mais de ne pas faire de vagues. La « bien pensance » actuelle est imposée par une minorité qui utilise des mécanismes sociaux, pour imposer ses idées. Ce phénomène est aussi vieux que le monde.

L’esprit de la démocratie est la vertu, dit Montesquieu. Et si la vertu était un principe social et non une qualité individuelle : éviter la dictature ?