On nous cache la vérité !

Le think tank libéral espagnol Instituto Juan De Mariana vient de publier son tableau de bord des performances économiques des 27 pays de l’Union européenne pour la période 2019-2023. Il mesure cinq variables clés : la croissance du PIB, la réduction du taux de chômage, la maîtrise de la dette publique, l’évolution du revenu disponible des ménages et la modération de la pression fiscale. La France arrive en 21ème position sur 27. Un classement qui contredit les discours lénifiants, pour ne pas dire mensongers, de nos dirigeants sur la « puissance » de notre pays.

Article

L’article donne le tableau dont il tire ses conclusions. Les premiers de son classement sont : Irlande, Croatie, Pologne, Danemark, Malte, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Slovénie. L’Allemagne est 24ème.

Mais qui a lu ce tableau ? Mécanisme de la théorie du complot ? Placé dans certaines conditions l’homme ne pense plus ? Il ne voit plus que ce qui nourrit ses préjugés ?

(En l’alimentant habilement, on peut l’amener à la folie destructrice ? En tous cas, il serait intéressant de comprendre ce qui peut nous prédisposer à un tel état de crédulité.)

Biais de confirmation

Je n’ai pas confiance en moi. Si bien que je tends à m’entourer de personnes expérimentées et à me reposer sur leur avis.

Ce qui est une erreur. Car ils ne jugent pas mieux que moi. Ils sont eux-mêmes souvent sous l’influence d’une pulsion non rationnelle. Par exemple, ils peuvent ressentir de la sympathie pour un jeune entrepreneur, non pour son talent, mais pour des raisons de fibre parentale. Ou, comme tout Français, ils ont une opinion sur tout. Surtout sur ce qu’ils ne connaissent pas.

Il faut certainement interroger les opinions. Ne pas en rester à la surface.

Un indice de biais : un jugement qui ne vient pas de l’expérience unique de la personne.

Orange mécanique

On fait une expérience sur les enfants et les jeunes singes. Même dispositif : il y a quelque chose de bon à trouver. Mais il est caché. Pour y parvenir, on suit une procédure compliquée. Singes et enfants imitent la procédure. Puis on ôte le cache. Le singe va droit au but, l’enfant continue la procédure.

Qui est le plus intelligent des deux ?

L’être humain est social avant tout ?

(Entendu à la BBC : Ritual, par Dimitris Xygalatas.)

Pédantisme

Il y a quarante ans, on parlait de « L’intelligence artificielle ». Maintenant, les gens éduqués n’emploient « qu’Une intelligence artificielle ».

Bien sûr, il y a certainement un raisonnement subtil derrière cette expression. De même que derrière « la covid ». Mais quel est son intérêt ? Il y a certainement des manières tout aussi convaincantes de justifier « l’intelligence artificielle », ne serait-ce que parce que tout le monde comprend de quoi il s’agit ? N’est-ce pas une façon particulière de prendre les choses, une perspective que veut imposer une minorité à la majorité, alors qu’elle n’est pas unique ? Une forme de totalitarisme intellectuel ?

Grande faillite

Il y a quelques années a commencé la mode du micro entrepreneur. Chaque année, des centaines de milliers de personnes se lancent dans l’entrepreneuriat. Et font faillite.

Pourquoi ? Elles n’ont pas la moindre idée de ce que signifie une entreprise. Particulièrement en France, qui est un enfer administratif. Ce sont des illuminées. Elles pensent que l’entrepreneuriat c’est la liberté, semble-t-il. Et elles sont victimes d’un massif lavage de cerveau. A la fois des entreprises (licenciement sans douleur), de l’Etat et de Pôle emploi (elles sortent des chiffres du chômage), du GAFA, qui leur fait croire que vendre c’est abreuver les réseaux sociaux de fautes d’orthographe, et de toutes les idées socialement avancées des influenceurs de la morale bien pensante.

Le plus surprenant est qu’elles ne sont pas les seules à se bercer d’illusions. Je mène une étude auprès des « start-up industrielles ». J’ai même publié plusieurs rapports à leur sujet. Eh bien, avec le recul, un petit recul de quelques mois, je suis surpris par le nombre de faillites de celles qui paraissaient les mieux installées. J’imagine qu’elles doivent incriminer les investisseurs, qui ne croient pas en elles. Seulement, lorsque l’on se penche sur leur histoire, on découvre qu’il y avait un vice dans leur modèle économique, une « erreur de débutant ». Au contraire, c’est grâce à la générosité des financements publics qu’elles sont allées aussi loin en dépit d’un handicap rédhibitoire.

Morale ? L’homme est bien peu régi par la raison. Il est le fruit des idées du moment.

Les idées de Platon

J’ai eu une illumination. En lisant La philosophie des Lumières d’Ernst Cassirer, j’ai eu l’idée de la raison d’être des idées de Platon.

Ce qui m’a frappé en me penchant sur la philosophie, c’est qu’elle utilise des concepts qu’elle ne définit pas. Or, ces concepts sont insaisissables.

D’où le coup de génie de « l’idée ». Platon dit : certes j’aurais bien du mal à vous expliquer ce qu’est la justice, mais il y a quelque part dans les limbes l’idée de justice. Mon propos est un peu approximatif, mais il est globalement juste.

Mais ce n’est pas le plus intéressant. Car les Lumières et lui combattent la loi du plus fort. Ils lui opposent « l’idée » : puisqu’il y a une idée immanente de justice, la loi du plus fort n’a pas lieu d’être. Ne peut-on faire autre chose que de leur donner le paradis sans confession ?

Seulement, ce raisonnement est un sophisme ! La société n’obéit pas à la loi du plus fort. Elle établit, au contraire, des équilibres. Et lorsque l’on veut les bousculer, on provoque une révolte. Platon conduit à une autre forme d’asservissement que la force. Il asservit l’esprit de l’homme à un raisonnement fondé sur une idée erronée. Ce qui a pour conséquence de remettre les clés du pouvoir, comme par hasard, au philosophe. Comme il est dit dans La république. L’idée est la mère de l’aliénation ? L’arme de destruction massive de la « volonté de puissance » de l’intellectuel ?

(Le procédé de Platon est celui que dénonce Aristote. Platon oppose à la force l’extrême inverse, qui est une autre forme de perversion. Le bon chemin est le « juste milieu » entre les deux.)

Prêche et désert

L’autre jour, un présentateur des nouvelles de la BBC insistait bien lourdement sur le fait que la température était 1,5° plus haute qu’il y a quelques temps. Monsieur Hollande dirait que le réchauffement climatique, c’est maintenant.

Ce qui m’a rappelé les propos d’une militante du climat, déconcertée par le fait que personne ne semble être au courant de ses dangers, alors que l’on n’arrête pas d’en parler.

Et si c’était, justement, parce que l’on en parle tant que l’on n’écoute plus ? Plus on en parle, moins le message est pris au sérieux ?

Après tout, on nous a raconté beaucoup de choses. Dans ma jeunesse, par exemple, on ne parlait que des vertus du progrès technique et scientifique. Un temps on a dénoncé la science, puis, récemment, le scientifique est devenu figure d’autorité. On a parlé de l’union libre, puis, les mêmes, du mariage pour tous. Et je ne vous parle pas des bénéfices d’internet, qui sont devenus terreur millénariste. Et ainsi de suite. Résultat, bien compréhensible : « cause toujours, tu m’intéresses » ?

(Au sujet de la science, j’entendais Foucault parler de la folie : la prétendue autorité de la science qualifie l’homme de fou, et l’enferme. Et je pensais aux disciples modernes de Foucault, qui s’affirment scientifiques, donc figures d’autorité, devant nous dicter notre conduite.)

Avec philosophie

Sur le tard, je me suis intéressé à la philosophie.

Drôle de chose que la philosophie. Notre société considère les étudiants de philosophie comme des égarés, alors que le diplômé de philosophie est révéré, comme une autorité. La cohérence n’est pas le propre de l’homme.

Philosophie, art de la sagesse ? Les philosophes sont incompréhensibles et se critiquent les uns les autres. D’ailleurs, si on les adore, qui les lit ? Quelle influence ont-ils sur la vie de la plupart d’entre-nous ? (Heureusement ?)

Et, parlent-ils de nous ou d’eux-mêmes, êtres élevés hors sol ? Et si leurs théories complexes n’étaient qu’une rationalisation de la façon dont ils aimeraient que la société les laisse vivre ? Et si, derrière toute leur abstraction, si séduisante pour le néophyte, il n’y avait que des réalités banales ?

Toutes ces réflexions m’ont amené à un paradoxe. L’erreur philosophique est productive. Elle offre un excellent exercice à l’esprit. L’exercice de la critique « constructive ». Celui de la liberté ?

Transgenre

Drôle d’histoire que celle du transgenre ?

Elle est apparue il y a peu.

Ne serait-ce pas une dérive du combat pour la défense des opprimés ? Apparemment, certains ont décidé de s’emparer de ce combat. Histoire de se laver la conscience ? Un temps, on a parlé des « Roms ». On semble les avoir oubliés. Et il y a eu le cas des minorités sexuelles. On s’est beaucoup intéressé aux homosexuels. Alors que, dans la société de Proust, ils étaient de droite, ils sont devenus de gauche. Gauche qui, de l’union libre, est passée au mariage pour tous. Et puis, il y a eu cette affaire de transgenre. Et elle semble avoir de l’influence sur certains adolescents.

Mais l’adolescence est facilement influençable, comme en témoignent les nombreuses « jeunesses » de sinistre mémoire. Et si ces transgenres changeaient d’idée, plus tard dans leur vie ? Ne risquent-ils pas d’en vouloir à mort à notre génération et à son interprétation des droits de l’homme ? Ou peut-être à ceux qui se sont tus, alors qu’ils ne la partageaient pas ?

Plus généralement, s’est-on demandé ce que nous reprocheront les prochaines générations ?Banalité du mal (tous coupables ?) et intérêt du changement démocratique ?

Paradis artificiel

Peut-on prédire le degré de sévérité d’une dépression, distinguer dépression unipolaire et bipolaire et enfin réaliser un suivi de l’apathie ?

(des universitaires) cherchent à modéliser une variété dans un espace de faible dimension qui représenterait au mieux l’espace des émotions.

Cette modélisation doit se faire de façon faiblement supervisée : il faut que cette variété « sorte » des données et ne soit pas contrainte par des représentations à priori. Les données d’entrée sont les expressions du visage, la prosodie de la voix et les phrases prononcées par les personnes.  

Annonce d’une conférence

Autrement dit, on met dans la machine ce qu’un individu interprète, d’ordinaire, et on attend à ce qu’elle nous trouve des idées que l’on n’avait pas eues.

Ma première rencontre avec l’IA ressemblait à cela. C’était en 1984. On m’a parlé d’une machine à innover. Elle avait déjà trouvé quelque-chose comme un Klaxon qui faisait un appel de phares, je crois. C’était un début, qui montrait que l’on était sur la bonne voie.

Ce que l’IA a de formidablement séduisant, c’est qu’elle vous promet de penser pour vous.