Grand froid

On nous annonce un hiver froid. (Cela a bien commencé.) Ce serait une conséquence de El Nino.

Comme les paquets de cigarette, l’information était assortie d’un avertissement : n’oublions pas le réchauffement climatique !

Peut-être serait-il temps de comprendre que prendre les gens pour des imbéciles peut nuire gravement à la cause que l’on défend ?

Fluctuante immigration

L’autre jour, un « petit bateau » de plus avait fait naufrage, dans la Manche. Le gouvernement travailliste anglais s’en prenait aux trafiquants d’êtres humains.

Il serait intéressant d’étudier l’évolution de ce qui est dit de l’immigration, au moins par la radio. Jadis, il était mal de condamner l’immigration, maintenant il est bien de condamner ce qui lui permet d’exister…

Ce n’est pas la girouette qui change… ?

Fuel poverty

« Fuel poverty » disait la BBC, hier matin. Beaucoup d’Anglais ne parviennent plus à payer le prix de leur chauffage.

Un autre billet disait que, à Roubaix, 50% de la population était sous le seuil de la pauvreté. La pauvreté serait-elle redevenue le mal de l’Occident ? Pourquoi ne semble-elle pas avoir préoccupé nos gouvernements ? Pourquoi n’en parle-t-on pas plus ?

Aurait-on cru qu’il était suffisant de s’occuper de « discriminations » ? Un mal de riche ?

Bataille du passé

« Who controls the past controls the future » aurait dit George Orwell.

En écoutant les chaînes musicales, je me dis que ce pourrait être la devise de notre époque. Elles découvrent sans cesse des compositrices que seul le complot masculin a maintenu dans l’ombre.

Pourquoi ne pas dire, simplement, que l’on n’a plus envie de vivre dans la société de nos parents ? Pourquoi vouloir faire reposer l’ordre social sur une sorte de loi naturelle ?

Et si l’on prenait conscience que c’est un procédé totalitaire ? Peut être en arriverait-on à penser que la démocratie a des ressources tout aussi efficaces de conduite du changement ?

Candidat artificiel

Jobhunters flood recruiters with AI-generated CVs
About half of applicants are using tools such as ChatGPT to help write cover letters but without editing the language is ‘clunky’

Financial Times du 13 août

Je devrais ouvrir une agence de presse. Le FT reprend avec des mois de retard ce que l’on trouve sur ce site.

Et encore, le FT fait preuve d’une remarquable indépendance d’esprit.

Et si l’on enseignait au journaliste l’art de la critique ?

Le biais du bon élève

J’ai hérité de mon père le biais du bon élève.

Il consiste à penser juste un raisonnement parce qu’on le comprend.

Or, ce n’est pas le raisonnement seul qui fait la vérité, mais ce sur quoi il est basé.

S’interroger sur ses présupposés s’appelle la « critique », ai-je appris (cf. les « critiques » de Kant). Je manque d’esprit critique.

En fait, c’est ma conscience qui joue le rôle de critique. Elle me réveille la nuit. Et je comprends soudain qu’il y a quelque-chose qui ne va pas. Heureux ceux dont la conscience n’a pas été liquidée par l’éducation ! Ce sont probablement eux que Bergson appelle de ses voeux.

Et cela explique probablement pourquoi les bons élèves qui nous gouvernent sont si faciles à manipuler et font autant d’erreurs fatales ?

(Posséder ce biais est un très gros avantage concurrentiel lorsque l’on fait des études, et dans la vie, en général : on raisonne à la vitesse de l’éclair ?)

Drôle de mine

Il n’y a pas que le numérique ! Au Canada, les mines peuvent aussi faire des bulles.

A-t-on l’équivalent chez nous ? On trouve dans les programmes de la BBC des enquêtes passionnantes. Un journaliste de l’Empire a consacré 25 ans de sa vie à étudier tel ou tel scandale ou crime crapuleux. Et il présente ses travaux sous la forme d’un feuilleton, dont les effets sont soigneusement calculés. Riveting, comme on dit en anglais.

Dernier en date : The $6 Billion Gold scam. A la fin des années 90, des prospecteurs disent avoir découvert la mine d’or du siècle aux Philippines. Un géologue hollandais, au bout du rouleau, et une compagnie canadienne famélique leur emboîtent la pas. On trouve de plus en plus d’or. Le cours de l’action de ladite société s’envole. En fait, c’était, très probablement, un coup monté par des géologues philippins. Une révolte de l’exploité ? L’organisateur s’est évanoui dans la nature, en faisant croire à sa mort. Personne n’a été condamné. Le petit porteur qui se pensait millionnaire s’est retrouvé gros Jean comme devant.

Eternelle recette de l’escroquerie ? Un des sous-produits du capitalisme ?

Le coupable et l’escroc

Une des découvertes de ce blog aura été l’escroquerie.

On croit que l’escroquerie est un délit un rien ridicule, alors qu’elle est un phénomène de haute psychologie. Elle ressortit aux « techniques d’influence ». Les études que j’ai lues expliquent que l’escroc ne dit à sa victime que ce qu’elle a envie d’entendre. D’où le succès des discours parlant de la « fin du travail ». Peut être aussi de celui de Pétain. L’escroquerie est probablement une des techniques de conduite du changement les plus pratiquées. Particulièrement entre amis.

D’où, surtout, la difficulté qu’il y a à redresser la situation : le danger est de révéler à la personne qu’elle est à la fois victime et coupable. J’ai deux mauvaises nouvelles à vous dire, par laquelle voulez-vous que je commence ?

Météo déréglée

Il fait froid et il pleut. Mais quand, donc, va commencer le printemps ? Je n’en peux plus. Un ami me disait que c’était un temps pour climatosceptique.

D’où ma surprise : vendredi, en cherchant une raison d’espérer sur un site de prévision météo, je lis que nous en serions au 28ème mois record. La température moyenne aurait connu une hausse de 0,1° par rapport au précédent mai le plus chaud.

Cela tiendrait à ce qu’il y a eu une pointe de température au début du mois.

Voilà qui fait comprendre pourquoi tant de monde vote Trump ?

Puissance de l’intellect

La République de Platon fut une révélation.

L’intellectuel, qui se nomme philosophe, veut être le roi de la cité. (Car il n’y a que la royauté qui vaille, la démocratie étant l’antichambre de la tyrannie, dit Platon.)

Son arme ? Il invente la morale. Il définit le « bien », et comment on y parvient. Et cela contredit les usages ancestraux de la cité. Elle est donc, totalement, en tort. Elle est le mal.

Lorsque Tocqueville décrit le mécanisme qui a mis la France et l’Europe à feu et à sang, lors de la révolution, il parle exactement du même phénomène, quasiment dans ces termes.

« Le gouvernement central ne se bornait pas à venir au secours des paysans dans leurs misères ; il prétendait leur enseigner l’art de s’enrichir, les y aider et les y forcer au besoin. »

« le gouvernement était déjà passé du rôle de souverain au rôle de tuteur »

 « tous pensent qu’il convient de substituer des règles simples et élémentaires, puisées dans la raison et dans la loi naturelle, aux coutumes compliquées et traditionnelles qui régissent la société de leur temps »

« dans l’éloignement presque infini où ils vivaient de la pratique, aucune expérience ne venait tempérer les ardeurs de leur naturel ».

« la même ignorance leur livrait l’oreille et le cœur de la foule ».

Une des découvertes de ce blog a été que les techniques de changement vont au delà de celles que l’on trouve dans les livre de cours. « L’influence », la manipulation des esprits, est l’outil de « conduite du changement » le plus utilisé de nos jours. Et il est utilisé par un autre phénomène de société qui est apparu aussi progressivement dans ce blog : « l’intellectuel ».