Château en Allemagne ?

L’Allemagne, grande donneuse de leçons, cacherait des secrets honteux.

Une partie de sa dette serait comptabilisée à la manière Enron. Et pèserait sur sa tête l’épée de Damoclès du vieillissement (phénomène qui, à court terme, lui est favorable). (Et si l’Allemagne n’était pas si exemplaire… – LeMonde.fr)

L’Europe se querelle-t-elle par paresse intellectuelle, par incapacité à faire face à ses responsabilités ?

Compléments :

  • Confirmation (postérieure) venant d’Allemagne : Myth of German economic discipline | Presseurop (English). Rien de ce que l’Allemagne ne dit d’elle n’est juste. Elle a une dette supérieure à celle de l’Espagne, elle n’est pas économe, sa bonne santé vient de son économie, plus prospère que celle de ses collègues. Bref, sa santé vient de l’opposé de la rigueur qu’elle impose aux autres !

Notre cerveau nous abuse

Face à une décision difficile, notre cerveau choisit l’illusion (CultureLab: Our deluded minds are just trying to make us happy).
Cette observation est à l’origine de mes travaux sur le changement. Pourquoi est-ce que les organisations préfèrent s’enfoncer dans l’abîme alors qu’un renouveau triomphant ne demandait presque rien (« effet de levier ») ? Une réflexion de quelques heures ? Parce que réfléchir est effroyablement difficile.
Complément :

Changement permanent

Un cadre supérieur est dégradé suite à une réorganisation interne. J’ai du mal à comprendre son inquiétude : depuis plus de vingt ans, son entreprise se réorganise chaque année, les favoris se remplaçant comme dans un jeu de chaises musicales. Pourquoi ne se repose-t-il pas en attendant que son tour revienne ?

En fait, ce procédé me rappelle ce que Hannah Arendt dit du totalitarisme, qui purge régulièrement ses élites, et les renouvelle.

Le changement permanent est-il un moyen de casser les solidarités internes, rendant à la fois l’organisation sans moyen de résistance aux volontés de ses dirigeants, mais aussi sans capacité d’attenter à leurs jours ?

Compléments :
  • Ce qui est fascinant dans ce phénomène est que des êtres humains puissent être prisonniers de ce jeu, et, donc, de la volonté d’une autre personne…
  • ARENDT, Hannah, Le système totalitaire : Les origines du totalitarisme, Seuil, 2005.

Science et entreprise

« les habitudes acquises pendant l’enfance peuvent durer toute la vie. Donc, les entreprises bombardent, dès leur naissance, les enfants de publicités. L’enfant américain de 3 ans peut reconnaître en moyenne 100 marques. » (Hidden Persuaders II)

De l’usage de la science entre les mains de l’entreprise ? Pourquoi n’existe-t-il pas une science qui évite à l’entreprise d’avoir la tentation de nous manipuler ?

Qu’est-ce que la communication ?

La communication n’est pas qu’un échange d’informations. Paul Watzlawick explique (cf. billet précédent) que l’on essaie d’y faire reconnaître l’identité que l’on se donne. Pour Erving Goffman (The presentation of self in everyday life), chacun tient un rôle, comme dans une pièce de théâtre.

L’expérience et les théories plus récentes semblent dire aussi que chaque interlocuteur essaie d’imposer sa vision implicite du bien et du mal (voir Tversky et Kahneman). Ce qui peut lui servir à y enfermer l’autre (« framing »). Pour cela, il exploite une position sociale qui peut lui donner un avantage moral. Ce faisant, il réalise une injonction paradoxale, technique de lavage de cerveau dont parle Paul Watzlawick.
Notre société a-t-elle remplacé l’affrontement physique par un affrontement moral ? Au lieu de chercher à liquider le corps de l’adversaire, on veut anéantir son cerveau ?

La science au service de l’évaluation de compétence

Un ami dirigeant est soumis à un test par un cabinet international de conseil en RH. Sur la brochure de préparation, on peut lire :
« L’objectif est de placer tous les participants dans une situation équivalente et de leur offrir des chances égales de réussite en fonction de leurs compétences ».
Plus loin, on parle de « recherches approfondies » qui permettent « d’excellentes prédictions de succès ».
C’est curieux, je ne connais pas beaucoup de travaux de sciences humaines qui permettent la moindre prévision. La recherche en économie, et ses moyens colossaux, en est un magnifique exemple.
Plus curieux, les « conditions identiques » ne garantissent pas la moindre égalité de traitement : elles favorisent ceux dont les caractéristiques sont favorables (Normale sup lettres ne recrute pas les mêmes étudiants que Normale Sup maths).
La science serait-elle instrumentalisée pour fournir un argument de vente ? 

L’individu, victime du formatage social

Dans un précédent billet, j’ai commenté Change, grand classique de psychologie.
Selon lui nos malheurs viennent des solutions que nous donnons à nos problèmes. Je crois, pour ma part, que ces solutions sont majoritairement sociales.
Par exemple, c’est la société (les films américains ou notre président) qui nous dit qu’il est bien de vivre comme un parvenu, un mafioso qui a réussi. Or, ce niveau de revenu n’est accessible qu’à moins d’un millième de la population, et qui avait un avantage décisif dès la naissance. Le reste oublie son échec dans la nourriture rapide.
Le vrai changement, à mon avis, est de savoir repérer ce qui est nocif dans le lavage de cerveau ambiant, sans pour autant nous isoler de la société (par exemple en nous définissant comme la perfection).