Recettes du succès pour manageur ambitieux

Les dernières décennies ont vu l’apparition du leader. Le patron de multinationale qui mène une vie de rock star et gagne une fortune.

Petit à petit, on perce les ressorts de son succès. Le principe en est simple : pousser ses collaborateurs à la dépression en les empêchant de faire correctement leur travail. Voilà le résultat d’une étudede chercheurs de Harvard !
Compléments :
  • Comment réussir quand on est un manager ambitieux ? 23 transparents indispensables.
  • Ceci peut paraître caricatural. Ce serait faux de le croire. En brisant ses subordonnés (ou ses sous-traitants, et en exploitant ses clients), le dirigeant peut obtenir des gains à court terme. De ce fait, il justifie une augmentation de son salaire. Ces pratiques pourraient très bien expliquer la croissance faible de ces dernières décennies. 

Les conséquences imprévues de 68

Dans les années 60 les intellectuels voulaient libérer l’homme des entraves de la société. Aujourd’hui, l’individu est affligé de pathologies nouvelles. Conséquences imprévues.

C’est ce qui m’a paru ressortir d’une interview de Mme Hirigoyen, psychanalyste, par France Culture, il y a quelques jours. J’en retiens qu’elle a vu les maux de ses patients passer de la culpabilité au « narcissisme ». Addiction (Internet, sexe…), sentiment de ne pas être à la hauteur, « perversion morale », qui consiste, apparemment, à ressembler à M.Sarkozy : être mégalo, se vendre, séduire, arranger la réalité à son avantage…
Le livre qu’elle défendait parlait « d’abus de faiblesse ». Mais ceux qui l’interrogeaient avaient plus intéressant à dire que de la laisser parler. Du coup, je me suis demandé ce que signifiait être faible.
C’est tenir à quelque chose. Alors, facile de vous plumer. Exemple. Vous tenez à votre famille. Il est aisé de jouer sur les horaires extensibles de l’entreprise pour vous disqualifier de toute promotion ou vous pousser au divorce.
La perversion est logique dans un monde individualiste, puisque chacun se croyant seul au monde ne peut que chercher à exploiter son prochain. Le plus simple pour cela est « l’injonction paradoxale » : rendre l’autre fou.
Compléments :

The Artist contre Intouchables

The Artist a reçu tous les prix, Intouchables a été porté par le bouche à oreille. Le premier, en dépit de deux lancements, n’en est pas à trois millions de spectateurs, le second dépasse les dix-neuf millions.

Faut-il voir dans cet écart une forme de « lutte des classes » ? The Artist c’est le choix d’une élite intellectuelle qui utilise les institutions pour nous dicter notre comportement ? Intouchables, c’est celui du reste de la population, qui se répand par le téléphone arabe (au sens printemps du terme) ?

L’économiste et le mensonge

Paul Krugman accuse la plupart des économistes de nous mentir par intérêt personnel.

À en croire le biologiste Robert Trivers (The Folly of Fools), Paul Krugman a tort. Pour bien mentir, il faut se mentir à soi-même. Par conséquent, ils ne sont pas totalement conscients de l’inconsistance de leur position.

À ceci s’ajoute probablement un phénomène que j’ai étudié dans un livre. Le cas Tartuffe.

Pourquoi, pris la main dans le sac, Tartuffe veut-il se venger ? Pour la même raison que l’on peut se faire insulter si l’on dit à un cycliste qu’il est passé au rouge. Parce qu’on attaque « l’identité » de la personne. C’est-à-dire la façon dont elle se voit. C’est pire que de l’assassiner.

Abeille et décision de groupe

Comment les abeilles parviennent-elles au consensus ?

Elles utiliseraient un double mécanisme. Une abeille qui a trouvé quelque chose d’intéressant (par exemple un emplacement pour une nouvelle ruche) se lance dans une sorte de danse, qui amène d’autres abeilles à faire comme elle. Jusqu’à ce que toutes fassent de même.
Mais plusieurs abeilles peuvent avoir des idées différentes. Pour éviter une scission, il semblerait que les partisans de chaque option aient le pouvoir de bloquer la danse des autres. Si je comprends bien, dès qu’une option a le moindre avantage numérique elle emporte l’adhésion collective.
Il semblerait aussi que ce phénomène soit celui que suit notre cerveau pour décider.
Est-ce aussi comme cela qu’une foule applaudit de la même façon ?

USA, argent et élections

Les grandes fortunes américaines ont trouvé le moyen de contourner les lois locales, pour donner des millions de dollars à leurs favoris. Ceux-ci emploient cet argent en publicités qui dénigrent leurs concurrents. Le plus curieux est que cette publicité destructrice est efficace. (The hands that prod, the wallets that feed)

La nature humaine est-elle aussi facilement manipulable ? Faut-il penser, comme les philosophes des Lumières et notre troisième République, que cela n’arriverait pas si la raison du peuple était correctement éduquée ? 

De l’avantage économique du sénior

Il y a peu, on nous disait que le jeune avait toutes les qualités. Depuis quelques temps, la tendance s’inverse.

Même la créativité ne lui semble plus réservée. Les groupes de rock ne retrouvent-ils pas une nouvelle jeunesse passés les 70 ans ? L’avenir de la création n’est-il pas au mélange de disciplines qui demandent des années pour être assimilées ?… (Enterprising oldies)

Argumentation (de The Economist) suspecte ? À l’époque où les entreprises voulaient réduire leurs effectifs elles prônaient le jeunisme, aujourd’hui elles enjoignent les (vieux) chômeurs à créer leur emploi ? Comme cela, plus besoin de cette coûteuse sécurité sociale dont « nous n’avons plus les moyens » ?  

La science économique sauvée par le blog ?

Réunion annuelle de l’American Economic Association. On semble y découvrir que les recommandations de l’économiste ne se préoccupent pas de la faisabilité des changements qu’elles sous-entendent (pour parler comme ce blog). La vie n’est pas une équation. De surcroît, « l’économie a internalisé les opinions de ses riches bienfaiteurs ».
Possible rédemption ? « La technologie, au moins, aide la profession à être plus honnête ». Le blog permet à des opinions discordantes de se faire entendre. (The Beltway constraint)

Démocratie et crise

Paul Krugman se désespère, à longueur de blog, de ce qu’on ne le comprend pas.

Mais, n’est-ce pas normal ? Pourquoi devrions-nous comprendre un prix Nobel d’économie qui occupe sa vie à étudier un sujet compliqué. Pouvons-nous lui faire confiance, alors que  les économistes, de leur propre aveu, ont été de grands coupables de la crise actuelle ?

Les crises posent à l’individu des problèmes complexes qu’il n’est pas préparé à résoudre. La psychologie dit que, dans ce cas, il prend de mauvaises décisions. (Pire : dans les périodes prospères, la société semble avoir l’obsession de transformer l’homme en consommateur décervelé, en un légume.)

La démocratie ne peut-elle que transformer les crises en désastres ?

Faut-il en revenir au projet des Lumières et de la troisième République : « émanciper » l’esprit du citoyen pour qu’il puisse décider judicieusement ?

Je doute de cette solution. La capacité de traitement de l’information d’un homme n’est rien par rapport à celle de la société. Il me semble donc plutôt qu’il faut reconstruire un édifice social digne de confiance, dans lequel les économistes, par exemple, se comportent comme des scientifiques. 

Média social et influence

Que nous réservent en 2012 les médias sociaux ? se demande un expert américain.

Les médias sociaux y apparaissent totalement instrumentalisés. Leur rôle est de nous faire consommer le plus possible, de coca et de pizzas, par une forme sophistiquée de manipulation. Exemple :

Le culte de l’influence. De la même manière que Google a créé un système qui récompense ceux qui produisent un contenu que l’on a envie de chercher, il y a actuellement une course au développement du système qui va récompenser ceux qui ont le plus d’influence sociale.