Affirmative action

Un statisticien me disait que la publicité ne représentait pas la population française. On n’y voit pas des gens majoritairement blancs. En revanche les affiches de la SNCF qui dénoncent la fraude montrent exclusivement des blancs bien habillés.

C’est un fait qui m’a frappé, il y a déjà longtemps, dans les séries télévisées américaines. C’est une sorte d’affirmative action : on y représente le monde comme on pense qu’il devrait être. C’est la croyance en la prédiction auto réalisatrice. C’est aussi pour cela que l’on nous parle tant des malheurs des femmes, par exemple. Nos élites croient en la puissance de la parole.

Cela semble en partie efficace. Peut-être jusqu’à ce que le peuple se rende compte qu’il est le dindon de la farce. Alors, il dégage les beaux parleurs ?

Art moderne

Le livre précédent raconte une curieuse histoire. Celle de l’art moderne. Cet art serait une réaction à Picasso : comment être aussi célèbre que lui, sans talent ? Etrangement, c’est possible. C’est la société qui décide du succès d’une oeuvre. Et son opinion peut être gagnée par d’autres raisons que le talent.

Explication du capitalisme moderne ? La règle du jeu est l’influence. C’est susciter un effet de mode. On a remplacé le talent de création, d’invention, par le talent de communication. On est dans l’économie irréelle.

Goncourt des lycéens

Il paraît que le Goncourt des lycéens est le prix littéraire qui rapporte le plus. C’est curieux, car les lycéens doivent choisir parmi 15 personnes sélectionnées par les jurés du Goncourt. (France Info dixit.) C’est donc un recalé du prix le plus prestigieux qui gagne le gros lot. C’est d’ailleurs probablement pour cela que le vainqueur est une femme.

Illustration de l’irrationalité humaine. Ce qui plaît dans ce prix, c’est probablement « lycéen ». On imagine des gamins dénichant une oeuvre qui avait échappé à la pensée unique des vieilles barbes. Le livre en lui-même ne compte pas. Des miracles du marketing. Mais aussi, validation sociale, dirait Robert Cialdini : nous sommes des moutons de Panurge.

Mais encore, irrationalité de l’auteur. Il préfère certainement gagner le Goncourt des grands plutôt que celui des petits, quitte à y perdre de l’argent. Autre illustration de la « validation sociale ». Il n’a pas sa tête à lui, il est conditionné par la pensée collective.

Decima

Decima, néologisme. Cela serait le dixième titre mondial d’un sportif. Curieux comme on a besoin de créer des mots.

De même, j’entends que Charles de Gaulle est maintenant l’ami de tout le monde. Etrange. La gauche s’est construite contre lui. Qu’aurait-il dit de la théorie du genre ? Et des pouvoirs d’argent, avec lesquels le sarkozysme s’est acoquiné ? Et du culte que lui voue désormais la famille Le Pen ?J’entendais un de Gaulle dire que M.Macron était le seul gaulliste de la bande.  Le général aurait-il apprécié qu’un banquier d’affaires entre dans ses bottes ? (La revanche de Pompidou, autre homme de Rothschild ?)

Morale. Nos opinions fluctuent. Il est plus important pour nous de faire le même bruit que nos amis que d’exprimer une opinion cohérente tout au long de notre vie. L’Education nationale ne nous apprend pas la rigueur scientifique.

Intelligence artificielle et go

L’ordinateur joue mieux au go que le meilleur joueur mondial. Ce qui prouve que l’ordinateur va remplacer l’homme. Non ? Mais la machine fait déjà beaucoup de choses mieux que l’homme, et elle ne l’a pas remplacé. D’ailleurs, le programme de go a utilisé des algorithmes d’apprentissage, à qui on a fait avaler, pendant des mois, voire des années, des millions de parties de go. Imaginons que l’on veuille appliquer cette technique à des problèmes sérieux, cette fois, le coût serait-il acceptable ?

Ce sont ce genre de « preuves » qui nous font croire que l’intelligence artificielle va bouleverser le monde. Le plus surprenant : de très grands chercheurs s’en émeuvent. Nous n’avons plus aucune capacité critique ! Nous sommes menés par le bout du nez, par des sophistes qui ont un art remarquable de la manipulation.

Nature de l'homme

La nature de l’homme est-ce le bien ou le mal ? s’est on demandé. C’est un exemple de « framing », une technique de manipulation. C’est un problème dont la formulation induit la conclusion. Car qu’est ce que le « bien » et le « mal » ? Et l’homme peut-il avoir une nature unique et stable ?

J’expliquais que les médecins semblent avoir limité le nombre de leurs nouveaux collègues de manière à maximiser leurs bénéfices. C’est un exemple d’influence culturelle (au sens anthropologique). Nous tendons à être individualistes. Ce qui fait que nous exploitons tous les goulots d’étranglement que nous pouvons trouver. Les routiers paralysent les routes lorsque leurs intérêts sont en jeu. Mais ils ne sont pas les seuls. Tout ceux qui le peuvent procèdent comme eux. C’est moins spectaculaire, mais c’est généralement beaucoup plus efficace. C’est d’ailleurs ce que disait l’étude de la bureaucratie de Michel Crozier. En effet, la bureaucratie est en monopole, et le bureaucrate individualiste va exploiter sa position de force. Mais tous les peuples ne sont pas comme nous. D’ailleurs, un Français en Allemagne se comportera comme un Allemand. Car il y sera contraint par la pression collective. Les sociétés produisent des contre pouvoirs. C’est la fameuse théorie d’Adam Smith : le mal (l’individualisme) peut produire le bien (un enrichissement général).

Cependant, le laisser faire n’est pas de rigueur. Comme le disaient Aristote et Tocqueville, parmi d’autres certainement, pour éviter les cercles vicieux destructeurs, il faut adapter les lois à la nature (provisoire) de la société, à sa culture.

Opposition

France Info disait ce matin que le projet de loi antiterroriste du gouvernement faisait contre lui l’unanimité de l’opposition. Or, la droite dit qu’il est laxiste, et la gauche qu’il est liberticide. Curieuse unanimité.

De même, j’entendais M.Trump faire une déclaration à une foule enthousiaste (au sujet de « Little Rocket Man »). Beaucoup d’hommes politiques français l’auraient envié. Le journaliste parlait d’un public « acquis » à sa cause. On le décrit généralement en France comme peu aimé des Américains. Est-ce réellement le cas ?

Nos journalistes ne feraient-ils pas bien de se pencher sur leur façon d’analyser l’information ?

Start up

Jeanne Bordeau écrit un article amusant sur le langage des Start up. Mais que cache ce discours séduisant ? On s’apitoie sur le sort des cyclistes de Deliveroo, et si « nous étions tous des livreurs de Deliveroo »? Et si la réalité du modèle économique de la Start up était non telle ou telle innovation mais notre crédulité ?

Après tout, cela a déjà été le cas durant la bulle Internet. Alors aussi ont promettait beaucoup, et surtout des conditions de travail idylliques. Mais tout a mal tourné. Et encore, cela aurait pu être bien pire, sans l’intervention des Etats. C’était un grand moment de spéculation.

Monteverdi

Monteverdi ? Un musicien important. Peut-être le lien entre Renaissance et Baroque. Quant-à ses oeuvres, qui les connaît ?… 
On entend souvent parler du « jugement de l’histoire ». Mais l’histoire n’a pas un jugement très stable. C’est ce que dit wikipedia. En effet, Monteverdi a connu des siècles d’effacement avant d’être redécouvert récemment. 
Comment l’histoire se fait-elle une opinion ? Qu’est-ce qui appartient à l’admiration ? Qu’est-ce qui vient d’autres considérations (par exemple, provoquer la génération de ses parents, trouver un débouché à ses talents de musicien hors d’un marché encombré, voire suivre la meute) ? Et si le « jugement de l’histoire » n’était qu’un sophisme de plus ayant pour objet de nous faire croire ce que l’on veut nous faire croire ? 

Assertivité

Dans ma jeunesse, on parlait d’assertivité. C’était un néologisme venu de l’anglais, qui signifiait défendre son point de vue face à la pression sociale. (Le mot existe en français, mais a un autre sens.) 
J’y ai repensé lors d’un passage à la gare Saint Lazare. A l’heure de pointe, un cycliste, casque sur la tête et vélo sur l’épaule empruntait les escaliers roulants, au milieu d’une foule compacte. Il était en chemise de travail, ce qui m’a fait penser qu’il se rendait peut-être ainsi chaque matin à son bureau. 
Mais le vélo est aussi devenu l’apanage du Bobo. (Et de ceux qui boivent ses idées.) Il affronte le beauf en voiture, et, plus curieusement, mais le Bobo est un tissu d’hypocrisies, le prolo piéton. Difficile d’échapper à la pression sociale ?