Covid 20

Nouvelle épidémie, dit le Pr. Raoult. Effectivement, on parle de nouvelles variantes du virus, britannique et sud africaine, pourquoi ne serait-ce pas, comme pour la grippe HxNy, une nouveau membre d’une même famille ? 

Qu’est-ce que ça change ? Parler de Covid 20, comme de Château Margaux 1920, laisse entendre que, chaque année, il y aura de nouvelles variantes du virus. Alors qu’aujourd’hui nous faisons le dos rond, nous espérons qu’il y aura un « monde d’après », on en aurait pris pour perpète. 

C’est le « framing », notre façon de penser dépend de la façon dont nous formulons les questions que nous nous posons. Et surtout cela influence nos actions ! Optimisme selon Robert Cialdini : pour certains « Covid 20 », c’est la dépression ; pour d’autres, c’est le désir d’attaquer le mal à son origine, de changer le monde. 

Vital virus ?

On en apprend tous les jours sur le virus. D’après ce que j’avais compris, c’était du « non vivant », qui avait besoin du vivant pour se reproduire. Or, il semble bien que, sans lui, ce que nous trouvons le summum du vivant, le noyau de nos cellules, n’ait pas existé. En effet, on découvre que certains virus construisent des « fabriques » pour se reproduire, et que ces « fabriques » pourraient avoir été adoptées par nos cellules comme noyau. Mieux, ces noyaux auraient conservé leur équipement viral, ce qui leur donnerait la capacité d’absorber ce qu’ils trouvent désirable dans leur environnement. 

Un nombre croissant de preuves a convaincu certains chercheurs que le noyau aurait pu naître d’un partenariat symbiotique identique à celui qui aurait produit des mitochondries. Une différence cruciale, cependant, est que le partenaire responsable du noyau n’est peut-être pas une cellule, mais un virus.

Ce n’est qu’une hypothèse (article de Quanta), mais elle montre à quel point il est dangereux de parler en termes de « bien et de mal » et à quel point les hypothèses implicites que véhiculent le langage sont redoutablement dangereuses. 

La conduite du changement selon Google

Il y a quelques temps, Google change l’éditeur de ce blog. 

Il annonce que l’on pourra toujours revenir à l’ancienne version. J’essaie, mais visiblement il y a des bugs. Je reviens à l’ancienne version. 

Mais, voilà que l’on m’impose la nouvelle. Et qu’il n’est plus possible de faire marche arrière. 

Façon de conduire le changement à la Google ? Rapport de force ? On l’a vu avec Google+ et quelques autres produits de Google supprimés brutalement ? 

Une hypothèse est que cette décision a été prise par un lampiste, qui ne voulait pas se fatiguer à maintenir deux interfaces. La direction de Google n’est probablement pas intéressée par ce type de détails. Dans une société où l’homme est libre, le lampiste à tous les droits. Mais, il faut bien le faire obéir de temps à autres. Alors, on utilise la loi d’une société libre : le rapport de force. Seulement, celui-ci peut prendre différentes formes. Cela peut être ce que fait notre lampiste. Mais, il y a aussi la manipulation des esprits. Est-ce un hasard si l’on parle tant de « cancel culture » ? 

La prise de pouvoir des intermédiaires

L’expert ne sait pas se vendre, ai-je dit. Je crois que c’est ce qui explique pourquoi ces dernières décennies ont vu une prise de pouvoir, et un notable enrichissement, des intermédiaires.

En effet, au lieu d’expliquer le talent des autres, ils ont trouvé plus rentable d’affirmer qu’ils possédaient le dit talent.

Le temps que l’on se rende compte que ce n’était pas le cas, ils avaient pris leur retraite. Et l’on en a déduit que le monde n’était fait que de charlatans. Les bases de la théorie du complot ?

L'expert est un mauvais vendeur

Les experts, quels qu’ils soient, se désespèrent : on ne les entend pas.

Le phénomène est, pourtant, facile à comprendre, sans avoir besoin de faire appel aux neurosciences. Il suffit de regarder ce qui se passe pour le coronavirus. Les experts s’écharpent. Qui croire ? Ils ont tous des parcours aussi impressionnants les uns que les autres. Leur discours est du même type et tout aussi convaincant, ou inquiétant. Même le nombre n’est pas rassurant : Pasteur fut seul contre tous… Et c’est vrai de tous les innovateurs.

Et Einstein, vous pensez qu’il était compréhensible ?

Comment choisit-on un expert, alors ? Un chirurgien, par exemple. On demande son avis à quelqu’un en qui on a confiance, qui parle notre langue, et qui semble s’y connaître en experts. L’idéal est qu’il l’ait testé.

Voilà pourquoi le génie n’est souvent reconnu qu’à titre posthume ?

(Fruit de la discussion avec un expert es langage.)

Le succès est dans la détermination ?

Un ami universitaire se demandait pourquoi telle personne était considérée comme une autorité, en termes de réchauffement climatique. En effet, c’est un ingénieur qui n’a pas eu un parcours de chercheur, et qu’il trouve assez peu pertinent.

Une question d’acharnement ? Ce sujet est une obsession pour lui, depuis des années. A force de le voir, on a fini par l’associer au mot « environnement » ?

Cela m’a rappelé l’histoire d’un organisateur de conférences. Quand il voulait inviter quelqu’un, il se présentait, sans rien dire, dans des événements où se trouvait sa proie. Au bout de quelques temps, celle-ci était convaincue qu’elle le connaissait, et même qu’elle s’était engagée vis-à-vis de lui.

N’avoir aucun talent n’est pas un obstacle au succès ? (Au contraire ?) Très américain tout ça ?

Anti traité de manipulation : le complexe de supériorité

J’ai entendu dire que si l’enfant était victime du pervers, ce n’était pas par faiblesse, mais parce qu’il surestimait sa capacité à lui résister.

J’ai ce même problème. Par exemple, héritage possible de mes études, je fais très rapidement des déductions. Il y a quelques années j’ai commencé à découvrir que ça ne marchait plus, parce que les fondations de mes raisonnements étaient fausses. Ce qui révélait que je manquais de rigueur intellectuelle. Honte à moi. Le phénomène n’a jamais était aussi fort qu’actuellement. Nous sommes bombardés d’arguments « scientifiques », qui m’auraient convaincu hier, et dont on découvre qu’ils ont un biais. Comment ne pas tomber dans le doute systématique ? J’enquête mieux. Mais je suis inquiet.

Cela rejoint peut-être les travaux sur l’influence du professeur Cialdini. Un moyen de s’enrichir est de profiter des failles psychologiques de l’individu. Le complexe de supériorité en est une. En conséquence, à force de chercher, quand toute la société combine ses forces, on trouve. Et nous périssons, au moins sommes manipulés, par là où nous avons péché.

Peut-on lutter ? Ce mécanisme de manipulation peut-il nous amener à devenir parfaits ? Non manipulables ? Ou l’on ne peut rien contre le rouleau compresseur de la société, elle aura toujours un coup d’avance ? A moins qu’elle en arrive à changer ses principes directeurs ?

Révélation ?

Allons-nous vers une glaciation ? En 1971, France Culture consacrait trois heures à cette question.

Choc. On y entend des savants qui doutent, et qui remettent en cause nos certitudes.

Depuis la nuit des temps, le climat subit des oscillations, longues (dizaine de milliers d’années) ou courtes (dizaine d’années). Il peut y avoir des décennies « normales » dans une ère glaciaire. On ne sait pas expliquer ces oscillations.

Donc, croire que l’homme, par son action, est le maître du climat est ridicule. D’ailleurs, la question du CO2 est évoquée : un réchauffement créerait une évaporation d’eau, susceptible de contrer l’effet de serre. Idem pour l’émission de particules par la pollution.

La seule tentative de prospective, basée sur les cycles du climat, prévoyait une baisse de température de 1970 à 1990, puis une hausse jusqu’à 2050.

Cela ne signifie pas que notre développement soit durable. Ce qui est dit du plomb et du nucléaire, retrouvés dans les glaces polaires, est effrayant. Mais cela conduit à s’interroger sur les zélotes du changement climatique. Et s’ils avaient inventé « l’anthropocène », idée de « bon sens » à la Gramsci, pour nous mener en bateau ?

Bien sûr, comme le rappelle le virus, on ne peut pas oublier la réalité. Mais est-il possible de s’épargner des réveils brutaux, et les drames qui les accompagnent ?

Science sans conscience

« Toute grande transformation sociale trouve ses théoriciens, qui imaginent des causes permanentes pour expliquer des effets transitoires. » (André Maurois, dans « Histoire d’Angleterre », au sujet d’Adam Smith.)

Il y a quelques années, un enseignant d’école de commerce affirmait, dans un article, que notre société n’ayant rien à voir avec les précédentes, ce qu’elles avaient dit sur le changement ne s’appliquait plus.

Phénomène de « rationalisation », perversion de la raison.

Science pervertie

Petit à petit est apparu dans la presse qu’il y avait des esprits, comme M.Trump, qui refusaient la science. On s’est mis à nous seriner qu’il était mal de refuser la science.

Mais de quelle science s’agit-il ? Celle des experts qui ont occupé les plateaux de télé ? Celle des ARS ?… Comment se fait-il que nos croisés de la science, hier, s’opposaient à Monsanto qui s’appuyait sur « la science » pour affirmer l’innocuité de ses produits ?…

Et si la « science » n’était que ce que l’on appelle maintenant un « élément de langage », c’est-à-dire un mot qui impressionne l’opinion ? Perversion de la science ? Dernier stade de l’aliénation, aurait dit Dostoïevsky ?

(Ce qui nous laisse un espoir de rédemption.)