Gauche brahmane

Thomas Piketty, hier, parlait de « gauche brahmane », gauche intellectuelle, très riche, et qui a oublié le peuple dans son programme. Cela m’a rappelé l’époque de la bulle Internet : il a fallu attendre qu’elle éclate pour que l’on puisse dire que c’était une bulle. 

Nous vivons au temps de ce que l’on appelle, dans le monde des affaires américain, les « modes de management ». Des idées apparaissent de temps à autres, qui s’imposent à la société, et qu’il est interdit de discuter. Ce sont des sortes de révélations, au sens biblique du terme. 

Qu’est-ce qui les explique ? Nous avons besoin de croire au père Noël ? « The trend is our friend », disent les Anglo-saxons : elles sont attisées par des intérêts ?… Ou, tout simplement, lorsque l’humanité est protégée des réalités, elle invente des fantasmagories ? 

Le virus sera-t-il fatal à la mode ?

Théorie du complot

On entend moins parler de « théorie du complot ». Pourtant, la théorie du complot est éternelle. Il y en a énormément d’exemples dans l’histoire. Et, il suffit d’écouter ce que l’on dit autour de nous pour comprendre qu’il y a des personnes qui voient des complots partout. Comment l’expliquer ? Cela doit répondre à un besoin humain. 

Cette constatation a une conséquence inattendue : ceux qui s’en prennent à la théorie du complot cherchent la bagarre. Certes, il serait certainement mieux que l’on ne croit pas à cette théorie, mais il semble évident qu’en faire l’origine du Mal est idiot. C’est un fait social, pas une cause. « Parisien, fils de chien » disait-on au temps de mon père. C’est la même chose. Une insulte gratuite. 

Reste la question : pourquoi certaines personnes ont-elles eu le besoin de « chercher la bagarre » ? Théorie du complot ?

Islamophobie et islamo gauchisme

Islamophobie, islamo gauchisme. Encore des trucs d’intellectuels ?  

Il suffit de tendre l’oreille pour entendre certaines personnes prétendre que l’Islam conspire contre l’Occident. L’islamophobie, c’est cela. Et certains courants intellectuels ont choisi de mener une croisade contre ces gens ?

N’était-ce pas déjà la même chose avec le mariage pour tous ? Les, jusque-là champions de l’union libre, défiaient les valeurs d’une partie de la population ? Cathophobie ? 

Frères ennemis ? Xénophobes : ils n’aiment pas « l’autre » ? Mais, ne sont-ils pas, aussi, bien souvent, les « suiveurs » d’un « influenceur » ? Pas à l’aise avec l’autre, signifierait-il que l’on n’est pas à l’aise avec soi-même ? 

Voilà qui se guérit peut-être ? Et qui mériterait d’être étudié ?

Qu'est-ce qu'un "influenceur" ?

J’entendais une personne raconter qu’elle lisait régulièrement ce que plusieurs autres personnes publiaient sur les réseaux sociaux. Suiveur et influenceur. 

Quel plaisir trouve-t-on à « suivre » ? Rêver. S’imaginer que l’on vit l’existence de « l’influenceur ». C’est du moins ce que j’ai cru comprendre. 

Cependant, le champ d’influence de l’influenceur semble limité. J’entendais que, dans une discussion entre influenceurs et porte-parole du gouvernement, les suiveurs avaient jugé qu’ils étaient mal représentés. De même, on croyait que les vedettes avaient un gros pouvoir d’influence, on a constaté que leurs opinions n’étaient pas suivies par la population. Quand on admire Zorro, on peut avoir envie d’acheter son costume, mais, s’il ne se comporte plus comme Zorro, il n’est plus rien ? 

Féminicide

La journée de la femme ? Une journée durant laquelle il n’est question que malheurs de femmes. Matraquage. Procédé habituel. Depuis quelques décennies, les médias nous disent ce que nous devons penser. 

Qui a eu l’idée d’un tel procédé ? Name and shame, comme disent les Anglo-saxons ? Michel Crozier observait que l’homme résistait spontanément à tout ce qui lui était imposé. Le procédé ne risque-il pas de faire haïr la cause ? 

Marre de la résilience

On n’en peut plus de « résilience ». Idem pour « rebondir ». Voilà ce que j’ai entendu à la radio. La raison de la colère tiendrait au sens qu’ont pris ces mots que l’on entend sans cesse. Après sois belle et tais-toi, il y aurait sois résilient, et rebondi. 

Agir est devenu trouver un mot. La France est en crise : elle n’a qu’a être résiliente ! Or, justement, ce mot est une excuse pour ne pas agir. 

Un mot qui ne signifie pas d’action n’est donc pas un bon mot. Que veut dire résilience en réalité ? C’est ce que Nassim Taleb a appelé « anti fragile ». C’est « l’union fait la force » qui permet de profiter de « cygne noir ». Autrement dit l’épidémie (plus généralement l’aléa violent) est une chance, pour en profiter il faut une société forte et solidaire.

Pauvre femme

Emission sur Rebecca Clark. Une musicienne anglaise inconnue. Sans cette affreuse discrimination, cette charmante femme aurait écrit beaucoup plus d’oeuvres, disait la présentatrice. 

Mais, elle est née en 1886 (décédée à 93 ans). Ce qui m’a fait penser à mon grand père. Il était un peu plus jeune qu’elle. Il n’aurait jamais été question qu’il fasse de la musique, car il était trop pauvre pour cela. En revanche, il a fait 3 ans de service militaire, puis deux ans de guerre, où il a perdu un bras. Et il est mort à 55 ans. 

N’est-il pas ridicule de donner des leçons à l’histoire ? 

Le coiffeur et le mathématicien

Je fréquente les réseaux sociaux pour des raisons plus ou moins professionnelles. Je n’y suis pas à l’aise. J’ai essayé de les utiliser comme une sorte de revue de presse, mais ça ne marche pas bien. Je voulais y lire de l’information pas trop stressante. Donc je m’étais mis à suivre des scientifiques. Au moins la recherche fondamentale, elle, n’était pas troublée par les controverses du moment. Raté :

D’abord, tout le monde a voulu dire qu’il était contre Trump. Comme si cela avait le moindre intérêt : tous ses lecteurs partageant son avis. Ensuite, ces gens se prennent pour des célébrités. Les moindres événements de leur vie leur paraissent démesurément importants. Admirez-moi, disent-ils. 

Il paraît que les coiffeurs sont devenus des « influenceurs ». Eh bien, il me semble qu’ils ont plus de légitimité à l’être que les mathématiciens : au moins eux parlent de ce qu’ils connaissent : la mode. 

Coup de froid au Texas

Exceptionnel coup de froid au Texas. Mauvais coup pour le réchauffement climatique, au pays de Donald Trump ? 

Les promoteurs de la « transition climatique » nous prennent pour des benêts. Ils nous disent : regardez, il fait plus chaud, c’est la cause du réchauffement climatique. Et quand il fait exceptionnellement froid ? Ils nous répondent que ça ne change rien à leur thèse. 

Et effectivement, un coup de chaud il y a quelques milliers d’années a produit une glaciation de l’hémisphère nord. Le réchauffement climatique ne produit pas nécessairement le réchauffement des températures partout sur la Terre. C’est une question de systémique. Mais la systémique, ce n’est pas pour les benêts. 

Mais aussi, il y a des phénomènes climatiques violents, que nous ne comprenons pas très bien. Comme celui qui a touché le Texas. Qui sait s’ils ne pourraient amener un froid polaire en France, auquel ne résisterait peut être ni le chauffage de ma maison, ni le réseau d’EdF, et donc pas mieux notre foule grandissante de pauvres ? Et si l’on se demandait ce qui se passerait si l’on était transformés en Texas ? 

Leçon de communication : ce n’est jamais une bonne idée de prendre les gens pour des imbéciles ? 

La joie de décider

J’entendais parler de courage, et de décision, et de joie qu’il y a à décider. (Chez Jankélévitch.)

En ces temps de pandémie, d’incertitude, nous sommes stressés. Prendre des décisions est un moyen d’y mettre fin. Seulement, il ne faut pas prendre n’importe quelle décision. (Les guerres mettent un terme à l’incertitude !) La bonne décision est nécessairement « courageuse » ?