Pauvre femme

Emission sur Rebecca Clark. Une musicienne anglaise inconnue. Sans cette affreuse discrimination, cette charmante femme aurait écrit beaucoup plus d’oeuvres, disait la présentatrice. 

Mais, elle est née en 1886 (décédée à 93 ans). Ce qui m’a fait penser à mon grand père. Il était un peu plus jeune qu’elle. Il n’aurait jamais été question qu’il fasse de la musique, car il était trop pauvre pour cela. En revanche, il a fait 3 ans de service militaire, puis deux ans de guerre, où il a perdu un bras. Et il est mort à 55 ans. 

N’est-il pas ridicule de donner des leçons à l’histoire ? 

Le coiffeur et le mathématicien

Je fréquente les réseaux sociaux pour des raisons plus ou moins professionnelles. Je n’y suis pas à l’aise. J’ai essayé de les utiliser comme une sorte de revue de presse, mais ça ne marche pas bien. Je voulais y lire de l’information pas trop stressante. Donc je m’étais mis à suivre des scientifiques. Au moins la recherche fondamentale, elle, n’était pas troublée par les controverses du moment. Raté :

D’abord, tout le monde a voulu dire qu’il était contre Trump. Comme si cela avait le moindre intérêt : tous ses lecteurs partageant son avis. Ensuite, ces gens se prennent pour des célébrités. Les moindres événements de leur vie leur paraissent démesurément importants. Admirez-moi, disent-ils. 

Il paraît que les coiffeurs sont devenus des « influenceurs ». Eh bien, il me semble qu’ils ont plus de légitimité à l’être que les mathématiciens : au moins eux parlent de ce qu’ils connaissent : la mode. 

Coup de froid au Texas

Exceptionnel coup de froid au Texas. Mauvais coup pour le réchauffement climatique, au pays de Donald Trump ? 

Les promoteurs de la « transition climatique » nous prennent pour des benêts. Ils nous disent : regardez, il fait plus chaud, c’est la cause du réchauffement climatique. Et quand il fait exceptionnellement froid ? Ils nous répondent que ça ne change rien à leur thèse. 

Et effectivement, un coup de chaud il y a quelques milliers d’années a produit une glaciation de l’hémisphère nord. Le réchauffement climatique ne produit pas nécessairement le réchauffement des températures partout sur la Terre. C’est une question de systémique. Mais la systémique, ce n’est pas pour les benêts. 

Mais aussi, il y a des phénomènes climatiques violents, que nous ne comprenons pas très bien. Comme celui qui a touché le Texas. Qui sait s’ils ne pourraient amener un froid polaire en France, auquel ne résisterait peut être ni le chauffage de ma maison, ni le réseau d’EdF, et donc pas mieux notre foule grandissante de pauvres ? Et si l’on se demandait ce qui se passerait si l’on était transformés en Texas ? 

Leçon de communication : ce n’est jamais une bonne idée de prendre les gens pour des imbéciles ? 

La joie de décider

J’entendais parler de courage, et de décision, et de joie qu’il y a à décider. (Chez Jankélévitch.)

En ces temps de pandémie, d’incertitude, nous sommes stressés. Prendre des décisions est un moyen d’y mettre fin. Seulement, il ne faut pas prendre n’importe quelle décision. (Les guerres mettent un terme à l’incertitude !) La bonne décision est nécessairement « courageuse » ?  

Covid 20

Nouvelle épidémie, dit le Pr. Raoult. Effectivement, on parle de nouvelles variantes du virus, britannique et sud africaine, pourquoi ne serait-ce pas, comme pour la grippe HxNy, une nouveau membre d’une même famille ? 

Qu’est-ce que ça change ? Parler de Covid 20, comme de Château Margaux 1920, laisse entendre que, chaque année, il y aura de nouvelles variantes du virus. Alors qu’aujourd’hui nous faisons le dos rond, nous espérons qu’il y aura un « monde d’après », on en aurait pris pour perpète. 

C’est le « framing », notre façon de penser dépend de la façon dont nous formulons les questions que nous nous posons. Et surtout cela influence nos actions ! Optimisme selon Robert Cialdini : pour certains « Covid 20 », c’est la dépression ; pour d’autres, c’est le désir d’attaquer le mal à son origine, de changer le monde. 

Vital virus ?

On en apprend tous les jours sur le virus. D’après ce que j’avais compris, c’était du « non vivant », qui avait besoin du vivant pour se reproduire. Or, il semble bien que, sans lui, ce que nous trouvons le summum du vivant, le noyau de nos cellules, n’ait pas existé. En effet, on découvre que certains virus construisent des « fabriques » pour se reproduire, et que ces « fabriques » pourraient avoir été adoptées par nos cellules comme noyau. Mieux, ces noyaux auraient conservé leur équipement viral, ce qui leur donnerait la capacité d’absorber ce qu’ils trouvent désirable dans leur environnement. 

Un nombre croissant de preuves a convaincu certains chercheurs que le noyau aurait pu naître d’un partenariat symbiotique identique à celui qui aurait produit des mitochondries. Une différence cruciale, cependant, est que le partenaire responsable du noyau n’est peut-être pas une cellule, mais un virus.

Ce n’est qu’une hypothèse (article de Quanta), mais elle montre à quel point il est dangereux de parler en termes de « bien et de mal » et à quel point les hypothèses implicites que véhiculent le langage sont redoutablement dangereuses. 

La conduite du changement selon Google

Il y a quelques temps, Google change l’éditeur de ce blog. 

Il annonce que l’on pourra toujours revenir à l’ancienne version. J’essaie, mais visiblement il y a des bugs. Je reviens à l’ancienne version. 

Mais, voilà que l’on m’impose la nouvelle. Et qu’il n’est plus possible de faire marche arrière. 

Façon de conduire le changement à la Google ? Rapport de force ? On l’a vu avec Google+ et quelques autres produits de Google supprimés brutalement ? 

Une hypothèse est que cette décision a été prise par un lampiste, qui ne voulait pas se fatiguer à maintenir deux interfaces. La direction de Google n’est probablement pas intéressée par ce type de détails. Dans une société où l’homme est libre, le lampiste à tous les droits. Mais, il faut bien le faire obéir de temps à autres. Alors, on utilise la loi d’une société libre : le rapport de force. Seulement, celui-ci peut prendre différentes formes. Cela peut être ce que fait notre lampiste. Mais, il y a aussi la manipulation des esprits. Est-ce un hasard si l’on parle tant de « cancel culture » ? 

La prise de pouvoir des intermédiaires

L’expert ne sait pas se vendre, ai-je dit. Je crois que c’est ce qui explique pourquoi ces dernières décennies ont vu une prise de pouvoir, et un notable enrichissement, des intermédiaires.

En effet, au lieu d’expliquer le talent des autres, ils ont trouvé plus rentable d’affirmer qu’ils possédaient le dit talent.

Le temps que l’on se rende compte que ce n’était pas le cas, ils avaient pris leur retraite. Et l’on en a déduit que le monde n’était fait que de charlatans. Les bases de la théorie du complot ?

L'expert est un mauvais vendeur

Les experts, quels qu’ils soient, se désespèrent : on ne les entend pas.

Le phénomène est, pourtant, facile à comprendre, sans avoir besoin de faire appel aux neurosciences. Il suffit de regarder ce qui se passe pour le coronavirus. Les experts s’écharpent. Qui croire ? Ils ont tous des parcours aussi impressionnants les uns que les autres. Leur discours est du même type et tout aussi convaincant, ou inquiétant. Même le nombre n’est pas rassurant : Pasteur fut seul contre tous… Et c’est vrai de tous les innovateurs.

Et Einstein, vous pensez qu’il était compréhensible ?

Comment choisit-on un expert, alors ? Un chirurgien, par exemple. On demande son avis à quelqu’un en qui on a confiance, qui parle notre langue, et qui semble s’y connaître en experts. L’idéal est qu’il l’ait testé.

Voilà pourquoi le génie n’est souvent reconnu qu’à titre posthume ?

(Fruit de la discussion avec un expert es langage.)

Le succès est dans la détermination ?

Un ami universitaire se demandait pourquoi telle personne était considérée comme une autorité, en termes de réchauffement climatique. En effet, c’est un ingénieur qui n’a pas eu un parcours de chercheur, et qu’il trouve assez peu pertinent.

Une question d’acharnement ? Ce sujet est une obsession pour lui, depuis des années. A force de le voir, on a fini par l’associer au mot « environnement » ?

Cela m’a rappelé l’histoire d’un organisateur de conférences. Quand il voulait inviter quelqu’un, il se présentait, sans rien dire, dans des événements où se trouvait sa proie. Au bout de quelques temps, celle-ci était convaincue qu’elle le connaissait, et même qu’elle s’était engagée vis-à-vis de lui.

N’avoir aucun talent n’est pas un obstacle au succès ? (Au contraire ?) Très américain tout ça ?