Disruption : fake news ?

Un temps, on a dit que le numérique était le facteur de « disruption » de l’économie traditionnelle. Le patron de PME, en particulier, était un méchant résistant au changement. 

L’enquête que je mène montre que l’on ne peut pas avoir plus tort. Le patron de PME subit régulièrement des tsunamis infiniment plus méchants que le numérique. Un exemple ?

« Ce marché, qui est monté progressivement à 55% de notre chiffre d’affaires !, s’est éteint en quelques mois, à cause d’une innovation technologique qui a permis de supprimer l’emballage ! Il fallait réagir. Nous avons travaillé sur différentes pistes et en analysant le marché du médical, que nous connaissions peu, nous avons constaté que la fabrication de blisters médicaux, nettoyés un par un ou dans des laves vaisselle, se faisait dans des conditions d’hygiène plus que douteuses. D’où l’idée de les fabriquer dans une salle blanche à empoussièrement contrôlé en maîtrisant la propreté du début à la fin de la chaîne. Après quelques avis positifs parmi la centaine de prospects sollicités, nous avons franchi le pas en investissant 50% de notre CA de l’époque dans une machine de thermoformage et une salle blanche. 

On peut citer quelques domaines qui nous ont fait vivre pendant des périodes plus ou moins longues et qui ont disparu, victimes d’aléas indépendants de notre volonté : Boîtes de rasoirs à mains, remplacés par les rasoirs électriques, boîtes pour règles à calcul, remplacées par les calculatrices, boîtes à fromage en carton embouti, remplacées progressivement par le papier alu dans les années 80. Emballages de munitions pour l’armée Française, secteur exsangue aujourd’hui, qui a représenté dans les années 90 jusqu’à 40% de notre chiffre d’affaires. » (Article.)

Décidément, nous aurons vécu un grand moment de manipulation. Espérons qu’il a fait son temps. 

Plancher de verre

Tout le programme d’Hilary Clinton aurait été de montrer qu’il n’y avait plus de plafond de verre. 

Lorsque l’on regarde le plafond, on ne pense pas au plancher ? Et s’il y avait aussi un « plancher de verre » ? Cela ressemblerait à ce que disent les statistiques : lorsque l’on a des éléments exceptionnellement hauts, on en a aussi d’exceptionnellement bas. 

Les dangers du militantisme

Les pathologies du militantisme. « Quelle que soit leur obédience, les organisations d’extrême gauche ont en commun d’être des « institutions voraces » ou « dévoreuses » (greedy institutions), d’exiger un engagement total » 

On découvre que les organisations plus ou moins humanitaires qui font l’opinion maltraitent leurs membres : « Deux éléments constitutifs les orientent vers la « voracité » et l’engagement total : leur aspiration à aller « à la racine » des maux qu’ils prennent en charge pour un changement en profondeur de la société les incline à l’intransigeance ; leur position en marges, qui les désigne comme subversifs pour l’ordre (social, politique ou sexuel), favorise sentiment d’adversité et repli sur soi déjà en germe dans leur volonté de rupture. La dynamique s’est vérifiée pour les groupes d’extrême gauche des années 1970 ; elle pourrait aujourd’hui se cristalliser avec la montée des polémiques stériles tout autant que caricaturales portées contre certaines causes. « 

On n’est pas loin de la secte. La société devrait-elle s’inquiéter dès qu’elle voit apparaître de tels phénomènes ? 

Société : jungle pour l'homme ?

On demande à des spécialistes du cancer de faire un diagnostic de tumeurs sur un cliché de poumons. L’individu ordinaire (moi) voit immédiatement un singe. Mais pas le spécialiste !

Dans certains cas, le super spécialiste prend des décisions bien plus mauvaises que celles d’un homme normal. Ainsi, on m’a parlé de quelqu’un à qui l’on cherche une maladie tropicale parce qu’il vient des tropiques, alors qu’il a l’appendicite. (Ce qui a failli lui être fatal.) La formation déforme ? Elle nous aliène en nous donnant des obsessions ? Le spécialiste de la tumeur ne voit que des tumeurs. Celui des marteaux, que des clous. 

Pourtant, notre cerveau est génial : le monde est effroyablement complexe, or, il voit quasi instantanément ce qui compte. Pensons au Pygmée dans la forêt vierge, ou à l’alpiniste à mains nues… Je me souviens d’un chercheur en psychologie qui raconte l’histoire d’une personne qui sort d’un déjeuner au bord de la mer, et qui se retrouve, sans savoir pourquoi, dans l’eau, toute habillée. Quand elle reprend ses esprits, elle voit à côté d’elle un enfant qui se noie, qu’elle sauve. 

Mais, dans certains cas, ce tri présente des effets pervers. L’expérience des tumeurs montre bien la nature de ces effets : dans la nature les expériences qui nous trompent ne se présentent pas. D’où une conclusion immédiate : on a créé un monde qui est fait pour abuser notre cerveau ! Ainsi, le GAFA and co, consacre énormément d’argent aux techniques de manipulation. Et, d’après un article ancien de The Economist, c’est une tradition : les premières utilisations des travaux de Freud ont été faites par des entreprises américaines. Une autre grande technique qu’ont utilisée les états majors de gauche et de droite est attribuée à Gramsci : pour qu’un régime politique se maintienne il suffit que le peuple y croit. Pour cela il faut encourager son « bon sens « , lorsqu’il va dans le sens du changement désiré (par exemple : citoyen = contribuable, donc éliminons l’Etat). 

Notre monde est plus dangereux que la forêt vierge des Pygmées parce que la société déforme l’homme, puis exploite cette déformation ? 

Gauche brahmane

Thomas Piketty, hier, parlait de « gauche brahmane », gauche intellectuelle, très riche, et qui a oublié le peuple dans son programme. Cela m’a rappelé l’époque de la bulle Internet : il a fallu attendre qu’elle éclate pour que l’on puisse dire que c’était une bulle. 

Nous vivons au temps de ce que l’on appelle, dans le monde des affaires américain, les « modes de management ». Des idées apparaissent de temps à autres, qui s’imposent à la société, et qu’il est interdit de discuter. Ce sont des sortes de révélations, au sens biblique du terme. 

Qu’est-ce qui les explique ? Nous avons besoin de croire au père Noël ? « The trend is our friend », disent les Anglo-saxons : elles sont attisées par des intérêts ?… Ou, tout simplement, lorsque l’humanité est protégée des réalités, elle invente des fantasmagories ? 

Le virus sera-t-il fatal à la mode ?

Théorie du complot

On entend moins parler de « théorie du complot ». Pourtant, la théorie du complot est éternelle. Il y en a énormément d’exemples dans l’histoire. Et, il suffit d’écouter ce que l’on dit autour de nous pour comprendre qu’il y a des personnes qui voient des complots partout. Comment l’expliquer ? Cela doit répondre à un besoin humain. 

Cette constatation a une conséquence inattendue : ceux qui s’en prennent à la théorie du complot cherchent la bagarre. Certes, il serait certainement mieux que l’on ne croit pas à cette théorie, mais il semble évident qu’en faire l’origine du Mal est idiot. C’est un fait social, pas une cause. « Parisien, fils de chien » disait-on au temps de mon père. C’est la même chose. Une insulte gratuite. 

Reste la question : pourquoi certaines personnes ont-elles eu le besoin de « chercher la bagarre » ? Théorie du complot ?

Islamophobie et islamo gauchisme

Islamophobie, islamo gauchisme. Encore des trucs d’intellectuels ?  

Il suffit de tendre l’oreille pour entendre certaines personnes prétendre que l’Islam conspire contre l’Occident. L’islamophobie, c’est cela. Et certains courants intellectuels ont choisi de mener une croisade contre ces gens ?

N’était-ce pas déjà la même chose avec le mariage pour tous ? Les, jusque-là champions de l’union libre, défiaient les valeurs d’une partie de la population ? Cathophobie ? 

Frères ennemis ? Xénophobes : ils n’aiment pas « l’autre » ? Mais, ne sont-ils pas, aussi, bien souvent, les « suiveurs » d’un « influenceur » ? Pas à l’aise avec l’autre, signifierait-il que l’on n’est pas à l’aise avec soi-même ? 

Voilà qui se guérit peut-être ? Et qui mériterait d’être étudié ?

Qu'est-ce qu'un "influenceur" ?

J’entendais une personne raconter qu’elle lisait régulièrement ce que plusieurs autres personnes publiaient sur les réseaux sociaux. Suiveur et influenceur. 

Quel plaisir trouve-t-on à « suivre » ? Rêver. S’imaginer que l’on vit l’existence de « l’influenceur ». C’est du moins ce que j’ai cru comprendre. 

Cependant, le champ d’influence de l’influenceur semble limité. J’entendais que, dans une discussion entre influenceurs et porte-parole du gouvernement, les suiveurs avaient jugé qu’ils étaient mal représentés. De même, on croyait que les vedettes avaient un gros pouvoir d’influence, on a constaté que leurs opinions n’étaient pas suivies par la population. Quand on admire Zorro, on peut avoir envie d’acheter son costume, mais, s’il ne se comporte plus comme Zorro, il n’est plus rien ? 

Féminicide

La journée de la femme ? Une journée durant laquelle il n’est question que malheurs de femmes. Matraquage. Procédé habituel. Depuis quelques décennies, les médias nous disent ce que nous devons penser. 

Qui a eu l’idée d’un tel procédé ? Name and shame, comme disent les Anglo-saxons ? Michel Crozier observait que l’homme résistait spontanément à tout ce qui lui était imposé. Le procédé ne risque-il pas de faire haïr la cause ? 

Marre de la résilience

On n’en peut plus de « résilience ». Idem pour « rebondir ». Voilà ce que j’ai entendu à la radio. La raison de la colère tiendrait au sens qu’ont pris ces mots que l’on entend sans cesse. Après sois belle et tais-toi, il y aurait sois résilient, et rebondi. 

Agir est devenu trouver un mot. La France est en crise : elle n’a qu’a être résiliente ! Or, justement, ce mot est une excuse pour ne pas agir. 

Un mot qui ne signifie pas d’action n’est donc pas un bon mot. Que veut dire résilience en réalité ? C’est ce que Nassim Taleb a appelé « anti fragile ». C’est « l’union fait la force » qui permet de profiter de « cygne noir ». Autrement dit l’épidémie (plus généralement l’aléa violent) est une chance, pour en profiter il faut une société forte et solidaire.