Désinformation ?

Pour beaucoup de gens, dont moi, que Madame Le Pen puisse être élue a été une surprise. Pourtant, a posteriori la popularité de Mme Le Pen a des causes évidentes. Celles qui ont provoqué le mouvement des Gilets jaune, le Brexit et l’élection de M.Trump. Pourquoi les a-t-on oubliées ? 

Je me suis mis à lire la presse « rurale ». Il n’y est pas question du « populisme » de la presse parisienne, mais de citoyens faisant des remarques pertinentes à des élus qui ne comprennent rien à la réalité. Faut-il aller chercher plus loin le mécontentement du pays ?

Avons-nous été victimes de « désinformation » ? 

Diabolisation

Mme Le Pen a réussi sa « dédiabolisation » ai-je lu. 

C’est l’électeur qui a été diabolisé. 

Le rédacteur en chef de La Tribune écrivait ainsi qu’une majorité d’électeurs allait voter pour des partis « populistes ». Aurait-il oublié le principe de la démocratie ? La voix du peuple est celle de Dieu. Le propre de la démocratie est qu’il ne peut pas y avoir une majorité de mécontents, quel que soit le nom qu’on leur donne.

Ce même phénomène s’est passé aux USA et en Angleterre, il y a 6 ans. (On peut le voir en lisant ce blog.) Pourquoi n’avons-nous pas compris cet enseignement ?

A force de crier au diable… ?

Le grand complot

Discussion. On me dit que l’information est manipulée. On ne peut rien croire. Surtout pas les sondages. On veut nous convaincre que l’élection présidentielle est gagnée d’avance ! Et Vladimir Poutine ne réprime pas son opposition. Désinformation ! Paradoxe : à l’appui de tout ceci, on avance des reportages. Mais pourquoi devrais-je croire des reportages puisque tout est manipulé ? 

Comme le dit ce blog, oui il y a manipulation. Et c’est de notoriété publique. C’est même écrit noir sur blanc. La gauche et la droite se revendiquent ouvertement de Gramsci, pour qui il fallait manipuler le peuple, pour son bien. Notre communication est aux mains de lobbys, qui cherchent à faire taire toute opinion divergente. Cancel culture. Et, oui, il y a une sorte de lutte des classes, qui a conduit « l’élite » à abuser de sa position. C’est le phénomène « oligarchique ». La majorité d’entre nous sont des perdants du changement. D’où le malaise que nous pouvons tous constater. 

Là où nous différons, c’est quant aux conséquences que nous en tirons. Pour moi la violence n’est pas permise. Elle n’est jamais justifiable. Il y a une guerre, aujourd’hui. Et elle est entre deux conceptions irréconciliables du monde. En particulier, un pays ne peut pas en annexer une autre, comme veulent le faire les Russes et les Chinois, et comme a voulu le faire l’Allemagne hitlérienne. 

Il y a peut être beaucoup d’animosité entre Français, mais ils ont en commun l’essentiel. Il faut faire émerger cet essentiel. Et corriger nos impulsions suicidaires.

5G pour les nuls

La technologie n’est plus que du marketing, du vent. Le pur et innocent ingénieur que j’étais a été vacciné à cette vérité dès sa plus tendre enfance. Alors, dès qu’il entend, big data, objets connectés, intelligence artificielle, 5G… il pense « manipulation ». Passez votre chemin, il n’y a rien à voir.

J’entends d’ici Edgar Morin parler de « pensée simplifiante ». Il a raison : un esprit humain ne devrait jamais s’arrêter à des considérations aussi simplistes. 

Que penser de la 5G, alors ? On m’a obligeamment envoyé l’intéressant article suivant : https://www.boutique-box-internet.fr/actualites/5g-francais-particuliers-entreprises/

J’en retiens que ma « pensée simplifiante » avait vu juste : la 5G est un flop, faute d’applications. En outre, ses promesses de haut débit ne sont pas tenues. Peut-être provisoirement. 

Plus intéressant, et ça je ne le savais pas (méfiez-vous de votre pensée simplifiante !), il y a 5G et 5G. La vraie 5G est dans une certaine bande passante. Or, l’offre de beaucoup d’opérateurs est ailleurs ! Marketing à la puissance deux ! Le pire n’est jamais certain.

Du coup, j’ai lu le rapport remis au gouvernement par la mission 5G industrielle. Effectivement, il confirme que la 5G est une solution à la recherche d’un problème. (Implicitement, cela signifie que le gouvernement est sensible à la propagande.) Mais il dit, surtout, que la France s’est mise dans une situation tellement dysfonctionnelle que, même si le problème existe, elle n’a aucune chance de le trouver ! Elle indique 7 blocages à faire sauter. 

Voilà un travail remarquable ! (Accès aux conclusions, et au rapport complet.)

Impossible liberté d'expression ?

On a parlé de « cancel culture », c’est un nouveau nom pour un phénomène ancien. Certaines idées s’imposent que l’on ne peut contredire, sans prendre le risque d’un autodafé. Phénomène mystérieux. 

  • « Validation sociale » des psychologues ? Je suis rassuré d’être comme les autres. Cela m’évite de réfléchir et, le groupe est plus compétent que l’individu. 
  • « Mythes » des anthropologues, et sa fonction d’orientation du comportement collectif tout à fait rationnelle ? 
  • Modes des publicitaires, et leurs leaders d’opinion ? 
  • Plus que cela ? 

On observe que :

  • Le mythe a été détourné. Et personne n’y croit vraiment. On sait qu’il est dangereux d’exprimer un doute. 
  • A son origine, il y a des « lobbys », infimes groupes de personnes. Leur art est, paradoxalement, celui de la manifestation de force. 
  • Comme pour les modes, c’est une histoire de leaders d’opinion, maîtres des ondes ou des réseaux sociaux, organisateurs de manifestations…, qui trouvent leur intérêt dans l’affaire. 
  • Mais, contrairement à la mode, qui joue probablement sur la « validation sociale », c’est la menace implicite qui fait l’originalité du phénomène. 
  • Cela évoque la rhétorique des Grecs, façon sophisme. En inscrivant leur message dans les codes de ce que la société considère être le bien, les lobbys rendent toute opposition impossible. C’est une perversion de la morale. 

La liberté d’expression serait-elle un combat perdu d’avance ?

Robert Cialdini voit à l’origine de toute « influence » la propension de l’homme à économiser son cerveau. Si nous voulons éviter la manipulation, il faut donc qu’il soit en éveil permanent. 

Alors, doute et « anti validation sociale » ? Analyse continue des valeurs de la société, pour leur éviter de se figer, et de se faire manipuler ? Analyse qui doit démarrer dès la naissance ? Que sais-je ? dit Montaigne. 

Objectif Chine

Le problème du monde, c’est la Chine. Car si l’humanité survit à la guerre de M.Poutine, il faudra faire face à l’invasion de Taiwan. Or, la Chine n’est pas un nain comme la Russie, c’est le bénéficiaire des « délocalisations ». Nous avons fait sa puissance, et notre économie est entre ses mains. 

La Chine et la Russie haïssent l’Occident. Comme l’Allemagne du 19ème siècle, qui n’a pas compris les intentions universalistes de la France, et n’en a retenu que les prouesses guerrières, ces pays ont mal interprété l’histoire récente. Certes, il y a eu des crises, et ils en furent victimes. Mais, elles n’étaient que des conséquences imprévues de bonnes intentions. L’Occident est fondamentalement pacifiste. 

C’est ce dont il faut convaincre la Chine. Mais il faut aussi l’aider à ouvrir sa pensée à d’autres moyens d’action que la guerre. Elle ne doit pas répéter nos erreurs. Surtout, elle doit comprendre qu’elle n’est pas chinoise : de son communisme à son économie, elle a été modelée par les valeurs occidentales ! Elle a besoin de notre expérience !

Finalement, il faut attaquer le coeur du problème. Pourquoi ne peut-on pas faire confiance à « l’homme blanc » ? (En particulier, quand on est soi-même un « homme blanc ».) Pourquoi a-t-il, comme le disaient les Indiens, une « langue fourchue » ? Car, tant qu’un mauvais coup sera possible, l’humanité sera en danger.

Nous avons besoin d’aide pour répondre à cette question. 

Echange de bons procédés ?

Pardon

Les mystère du pardon, une émission de Radiolab. Curieuse chose que le pardon. L’émission commence avec Justin Trudeau. Par mégarde, il bouscule une députée. Pendant deux jours, il n’arrête pas de se confondre en excuses. Un rien lassant. 

D’ailleurs, lorsque le dommage est sérieux on n’a pas intérêt à demander pardon, car cela est une reconnaissance de culpabilité. Alors, les Américains ont eu l’idée de permettre un pardon qui n’engage pas. Mais il a été exploité, par les avocats, à l’envers de ses intentions. 

Et pourtant, le pardon peut réussir. L’émission citait le cas d’une erreur médicale qui tue un enfant. Le directeur de la clinique rencontre la mère, et reconnaît sa faute. Ainsi se mettant en son pouvoir. Un lien s’est établi entre deux personnes qui n’étaient que vrais sentiments. Et la mère aide maintenant la clinique pour que de tels accidents ne se reproduisent plus. 

Le pardon est un miracle ? 

(Je et tu de Martin Buber ?)

Génération impact

La jeune génération rêve d’avoir un « impact ». Du moins celle qui appartient à la classe supérieure. 

Qu’entend-elle par là ? Faire du bien à l’humanité, à la nature, à la planète. Mais, pas n’importe comment. C’est la transition climatique ou la mission des ONG. 

S. Zweig raconte que la passion des jeunes de son âge a été la littérature, alors que celle de ceux qui les ont suivis était le football ! Et il aurait pu ajouter que, quelques-temps après, la jeunesse était hitlérienne.

Le jeune est extraordinairement sensible aux modes ! Encore incapable de penser par lui-même, il croît aux absolus ? (Ce qui est peut être la première étape de la pensée.) La jeunesse est un « fait social » dirait peut-être Durkheim. D’où le paradoxe du conflit de générations. Les jeunes affrontent les vieux avec les idées de ces derniers, que ceux-ci, en bons hypocrites, ne reconnaissent pas !

Pour autant, faut-il s’en moquer ? Cette aspiration à l’impact annonce peut être un homme nouveau. Petit enfant de 68 ? Il rompt avec la passivité du citoyen et du salarié gaullien ? Il aspire à penser et agir par lui-même ? Résultat inattendu de l’épidémie ?

Qu'est-ce que penser ?

Injonction sociale : nous devons tous penser. Nous sommes des intellectuels. Cela vient, peut-être, de la prééminence de l’éducation, dans notre société moderne. 

Elle nous donne en modèle des intellectuels, et nous voulons leur ressembler, quel que soit, d’ailleurs, notre niveau d’études. 

Mais comment bien penser ? J’en suis arrivé à croire qu’il fallait procéder comme le thésard, ou le juge d’instruction. Se bâtir une conviction demande un travail fastidieux, long et méticuleux, intellectuellement rigoureux. Avec toutes les imprécisions assumées de cette définition, qui rendent l’exercice périlleux et inconfortable. 

Seulement, paradoxalement, il y a peu de juges et de thésards parmi nous. Et, il n’est pas sûr que les juges et les thésards jouissent d’une déformation professionnelle qui les prédispose, pour d’autres sujets, à la pensée. En tout cas, l’Education nationale ne nous apprend pas à faire cette recherche. Elle nous dit qu’il y a le bien (ce qu’elle enseigne), et le mal (ce qu’elle condamne). 

Du coup, penser est devenu capter les idées qui flottent. L’art du lobby est de parvenir à mieux faire flotter ses idées que celles des autres. En fait, il est possible qu’il y ait deux types d’idées flottantes, au moins. D’abord, celles qui guident, inconsciemment, nos décisions. Par exemple, je dois avoir une opinion sur tout. Ensuite, les idées du moment, qui doivent entrer en résonance avec les premières. 

Enantiodromie : la société de la pensée est devenue la société de l’influence. 

Les grandes gueules

Un de mes amis racontait l’histoire de la « grenouille à grande gueule ». J’ai pensé à lui en lisant un article indigné d’un médecin, qui dénonçait l’influence des « voisins à grande gueule ». Je me suis dit que, ce médecin aussi, avait une « grande gueule ». 

Nous avons vécu un temps de « grandes gueules ». Pour une raison curieuse, l’idée s’est imposée comme quoi le changement social est une question de bruit. Un enseignement de l’affaire Dreyfus ? 

Je ne suis pas sûr que cette tactique ait été efficace. Les faits sont têtus et ne sont pas impressionnés par les « grandes gueules » semble-t-il. Comme dans l’histoire de mon ami, il n’est pas certain que la tactique soit durable. 

(Curieusement, l’histoire s’appelle maintenant « la grenouille à grande bouche » : aurais-je été trahi par ma mémoire ?)