Monde d’atrabilaires ?

Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font ;
Je ne trouve partout que lâche flatterie,
Qu’injustice, intérêt, trahison, fourberie ;
Je n’y puis plus tenir, j’enrage ; et mon dessein
Est de rompre en visière à tout le genre humain.

Voici ce que dit le Misanthrope. Homme de notre temps ? Chacun n’a-t-il pas la prétention d’apprendre à l’autre la seule bonne manière de penser, et ce par la terreur ? En « rompant en visière » sur les réseaux sociaux ou ailleurs ?

Explication du titre de ce blog ? Société d’atrabilaires ?

Nature du biais

Le biais de confirmation est le cheval de bataille de la science des comportements. L’homme aurait tendance à croire ce qui l’arrange.

Quand on y réfléchit bien, cela ne va pas de soi. En effet, notre survie dépend, au contraire, de nos réactions, immédiates, à ce qui est « anormal ». Toute la science, d’ailleurs, est « découverte ». Et le conducteur de TGV, l’employé de centrale nucléaire doivent réagir à ce qui a une chance quasi nulle de survenir, et qu’ils n’ont jamais vu.

Cela m’amène à me poser une question : et si le « biais de confirmation » était un acquis social ? Et si la société, pour se simplifier la tâche, cherchait à faire de nous des moutons, à endormir notre cerveau ?

Les travaux du Professeur Cialdini concernant l’influence, vont dans ce sens : tous les biais qu’il identifie sont des biais sociaux, qui permettent à l’homme d’agir et de réagir, sans utiliser son cerveau.

Fusion : plus de problèmes d’énergie ?

Fusion atomique. Avancée majeure, disait le Financial Times, il y a quelques jours.

Recherche américaine. Curieusement, l’article ne cite pas une annonce, qui me semblait similaire, faite en début d’année par la recherche américaine.

Il se trouve que, à la fin des années 80, j’ai rencontré des concepteurs du projet ITER, projet international qui est présenté comme une nouvelle étape vers la mise au point d’un réacteur de fusion. Ils cherchaient alors un logiciel de FAO permettant de simuler et programmer leurs robots. Or, il semble que ce projet ne deviendra réalité qu’en 2025, au plus tôt !

C’est une question qui semble, donc, demander des moyens énormes, et des coopérations internationales. Or, l’article révèle que des fonds privés semblent s’y intéresser, donc des start up.

Pourquoi maintenant, alors que la recherche « rame » depuis les années 50 ? La pénurie d’énergie a créé un effet d’aubaine ?

Science et manipulation

Stéphane Audouin-Rouzeau parlait de son grand père. (France Culture, A voix nue.) Il avait fait la guerre de 14. Mais personne n’avait su comprendre ce qu’il avait vécu.

En l’écoutant, j’ai pensé à mon propre grand-père, et me suis dit que les conclusions de cet historien rejoignaient les miennes.

Sa thèse, sur la guerre de 14, est que les cultures européennes l’avaient préparée. Ce qui semble évident, non seulement mon grand père en est un exemple, mais toute la littérature de l’époque, l’enseignement de l’école de ce temps, ou les listes interminables des monuments aux morts des grandes écoles, paraissent le confirmer. Or, il se serait mis à dos toute l’intelligentsia. La thèse de l’historien officiel serait que la guerre aurait été question de domination, lutte des classes, etc. Autrement dit, théorie du complot.

Curieux que la science soit aussi peu scientifique. Il est vrai que c’est aussi le cas pour l’économie. On y a cru, et on y croit peut-être encore, dur comme fer, que l’homme est parfaitement rationnel ! Sont-elles les seules à avoir été dénaturées ?

Serait-il sain de mettre la science en question ?

George Orwell

George Orwell fut l’homme de la propagande anglaise ! Qui l’eut dit ? La BBC révélait qu’il en fut chargé, pendant la guerre.

Certes, c’était un genre d’anarchiste. Il avait fait le coup de poing en Espagne, mais, en l’Angleterre, on lui avait refusé de rejoindre l’armée. Alors, il avait fait contre mauvaise fortune bon coeur. Car il pensait que la fin, abattre le nazisme, justifiait les moyens. Il pensait aussi que le pacifisme, en temps de guerre, était un sport de bourgeois, bien nourri par des marins qui jouaient leur vie pour l’approvisionner.

Air de la taïga

« L’auteure nous fait comprendre comment le pouvoir a été conquis par une partie de l’ancien KGB, devenu FSB, dont Poutine a été le représentant et, surtout, comment une dictature d’un nouveau type s’est établie, en utilisant les ressources du capitalisme pour se l’approprier, à des fins personnelles le plus souvent, mais, également, avec l’ambition de reconstituer la puissance russe ébranlée par la chute de l’URSS. » (Résumé d’une enquête concernant M.Poutine.)

Un livre de plus qui nous explique que la guerre en Ukraine est le résultat d’une manoeuvre quasi militaire, méticuleusement planifiée, ayant pour but d’éliminer la démocratie, donc nous.

Qu’est-ce qui a fait de nos dirigeants des « mangeurs de vent », selon l’expression de B.Cyrulnik ? Quel est le fantasme que M.Poutine a caressé dans le sens du poil ?, si l’on en croit sa théorie ?

Comment ne pas être un mangeur de vent ?

Guerre cognitive

L’armée se préoccupe désormais, un peu tard ?, de guerre cognitive (article).

Phénomène curieux. La propagande russe est tellement efficace que l’on n’entend même pas ce que dit réellement, tous les jours, M.Poutine. Au contraire, on s’interroge s’il n’a pas quelques raisons de vouloir réinstaller l’URSS dans ses frontières.

C’est étonnant à quel point on peut être manipulé. En lisant les cours de physique de R. Feynman, je me rends compte que cela n’a rien à voir avec ce qui m’a été enseigné. Par exemple, on m’a annoncé la mécanique quantique par des équations tombées du ciel. Or, elle a été mise au point tout différemment. On a poussé à ses limites la mécanique classique. On a alors comparé la réalité à la théorie, et on a cherché une modélisation qui collerait au comportement réel, sans lui chercher la moindre interprétation. C’est ainsi que procède Planck avec le « rayonnement du corps noir ». D’ailleurs dès qu’il aborde un sujet qui m’a été enseigné comme parole d’évangile, il s’empresse de dire : « c’est honteux, mais il faut commencer par là, pour des raisons pédagogiques ».

Cela a des conséquences massives. Mes professeurs étaient des « idéalistes », les physiciens dignes de ce nom sont pragmatiques. Ils ne prétendent pas que la nature a des lois que l’esprit peut comprendre. En revanche, c’est très clair dans le livre de Feynman, ils cherchent à acquérir une « intuition » des phénomènes physiques, comme le navigateur a une « intuition » du vent.

Ce n’est probablement pas la fin de l’explication. Alors que l’on m’a toujours dit que « j’avais un esprit de synthèse », je trouvais les exercices de synthèse d’une bêtise insigne. On nous faisait travailler sur des textes de théorie des sciences écrits par de pompeux inconnus. Or, pour moi, la synthèse, c’est le sens. Là, il n’y en avait pas. Sinon l’insupportable contentement de soi de l’auteur.

En fait, tout l’enseignement français tend à sélectionner l’esprit abstrait. La matière, mathématiques, physique, lettres, ne compte pas. Elle est transformée en exercice. A trop vouloir sélectionner, on crée la bêtise artificielle ?

Les causes du complot

Complotisme est un sujet qui est devenu à la mode. Concordance des temps (France Culture) en parlait, le 24 septembre dernier.

En écoutant l’émission, j’ai pensé que j’ai été complotiste. Mais pas tout à fait au sens de l’émission. Il me semble, quand j’étais adolescent, avoir cru à des histoires extrêmement fantaisistes que je trouvais dans la presse pour jeunes. Je n’en ai pas gardé de souvenir clair, mais j’aurais très bien pu m’enflammer pour des questions d’extra terrestres ou de civilisation disparue. Il me semble que Pierre Bellemare racontait ce type d’histoires.

D’ailleurs, j’e me suis passionné pour un livre, très sérieux, sur l’exploration de l’espace, alors qu’aujourd’hui, je ne trouve plus aucun intérêt à tout ce vide.

Boris Cyrulnik appelle cela un « délire logique ». L’homme qu’il nomme « insécure » tend à croire au père Noël, qui le rassure. Je ne suis pas certain que ce soit toute l’explication. Platon ne croyait-il pas, dur comme fer, au « monde des idées » ? N’est-ce pas aussi le cas de l’intellectuel, voire du scientifique ? Ce délire n’est-il pas une « pathologie » de la raison ?

Tout le travail de la « raison », au sens des Lumières, n’est-il pas, justement, de canaliser notre raison, pour qu’elle ne délire pas ? Ce qui demande la capacité de douter, dit Boris Cyrulnik. Et, donc, la capacité de pouvoir résister au doute. Elle exige, à son tour, une « liberté intérieure », qu’il croit résulter d’un environnement favorable à l’épanouissement de l’individu. (Je doute de son explication, mais c’est pour un projet billet.)

La nature de l'intellectuel

Platon aurait inventé le mythe de l’Atlantide. Il était convaincu, en effet, que, pour mener un peuple inculte (un oxymore), il fallait lui raconter des histoires. Voilà ce que disait une émission de la BBC, traitant de ce mythe.

Hannah Arendt pensait aussi cela de Platon, et disait qu’il avait inventé l’enfer.

Mais est-ce le propre de Platon, ou une caractéristique de sa profession ? Et si, du fait de quelque chose qui est lié à son éducation (à son manque d’éducation ?), la manipulation des esprits était consubstantielle à l’intellectuel ?

Cela expliquerait pourquoi, alors que notre société d’après guerre a donné à l’intellectuel le pouvoir, il ait fait un tel usage des techniques « d’influence », une des grosses rubriques de ce blog.

Enseignons l'histoire

La Russie a gagné la guerre de 40, pensaient, à 85%, les Français d’après guerre. Aujourd’hui, ils pensent, avec les mêmes chiffres, que ce sont les USA. 

Autrement dit, les opinions se retournent comme des gants.

Voilà ce qu’écrit Régis Debray. 

Il donne aussi les pertes américaines : 400.000 morts environ. 

Les statistiques données par wikipedia disent que, effectivement, USA et Angleterre ont perdu relativement peu de monde. Même la ridicule France a eu plus de morts qu’elles ! En URSS, en Chine, dans les colonies occidentales, ça a été un carnage. 

Suggestion à l’Education nationale : mettre l’histoire à son programme.