Confusion des genres

On utilise « they » lorsque l’on parle d’une certaine personne, dans un article de wikipedia. Après enquête, il semble qu’il s’agisse d’un « non binaire », qui ne se reconnaîtrait dans aucun sexe. En français on aurait traduit « they » par « Iel ».

Innovation de notre temps ? Il ne semble pas que cette question ait de précédent dans l’histoire humaine.

La génération soixante-huit a donné une importance surprenante à la sexualité. Alors que, après guerre, l’on semblait être parti pour une ère de la raison et de la technocratie triomphantes, cette génération parait avoir connu une curieuse phase régressive. Et, peut-être qu’à force d’avoir fait de la sexualité un absolu, elle a touché à l’absurde ? Pour que quoi que ce soit soit sérieux, il ne faut pas trop le prendre au sérieux ?

(Iel ne me semble pas une réussite : ça donne l’avantage à il sur elle. Pourquoi ne pas faire comme à la révolution et parler de « ci-devant », mais sans article ?)

Intelligence artificielle

Créez un groupe de couchers de soleil, me dit mon téléphone, en me présentant une sélection de photos. Curieusement, on y trouve la lune. Autre suggestion : et si vous supprimiez ces photos ? Mes chefs d’oeuvre ?

Le plus surprenant n’est pas qu’il n’y ait rien de plus bête que l’intelligence artificielle, mais que tant de monde en ait peur et nous prédise un avenir dominé par la machine.

Cela prouve la faillite de l’esprit critique. Ou, peut-être, illustre un des théorème de l’escroquerie : on escroque en flattant. Le complexe de notre temps serait-il d’être un grand intellectuel ?

Citizen Kane

Sans la Nouvelle vague parlerait-on encore de Citizen Kane ? Question que je me suis posée en écoutant une émission de la BBC, qui rappelait sa paternité.

Citizen Kane est-il le plus grand film de tous les temps ? comme on le dit souvent. C’est un des rares films que j’ai vu deux fois. La première était durant mon service militaire. Après quelques minutes, le reste de la salle a demandé : on change de chaîne ? J’ai répondu : non. Et je suis resté seul.

La société fait des choix définitifs, pour des raisons aléatoires, et nous les respectons comme parole d’évangile, alors qu’ils correspondent rarement à nos goûts.

C’est peut-être ce qui fait le véritable intérêt de Citizen Kane.

Extrême gauche

« Extrême gauche » est un mot qui a changé de sens. Il y a des années, extrême gauche aurait fait dire, probablement, « anarchiste ». En tous cas, l’extrême gauche était associée au miséreux.

Maintenant « extrême gauche », particulièrement aux USA, signifie « haute bourgeoisie ». Plus exactement « haute bourgeoisie intellectuelle », le fameux Bobo, dont les modèles sont les rentiers français que furent Flaubert ou Baudelaire.

Quand V.Giscard d’Estaing a dit à F.Mitterrand qu’il n’avait pas le « monopole du coeur », aurait-il exprimé la frustration d’une certaine classe de la population ? Pour obtenir ce qu’elle désirait, aurait-elle utilisé ce qu’elle possédait : le langage ?

Monde d’atrabilaires ?

Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font ;
Je ne trouve partout que lâche flatterie,
Qu’injustice, intérêt, trahison, fourberie ;
Je n’y puis plus tenir, j’enrage ; et mon dessein
Est de rompre en visière à tout le genre humain.

Voici ce que dit le Misanthrope. Homme de notre temps ? Chacun n’a-t-il pas la prétention d’apprendre à l’autre la seule bonne manière de penser, et ce par la terreur ? En « rompant en visière » sur les réseaux sociaux ou ailleurs ?

Explication du titre de ce blog ? Société d’atrabilaires ?

Nature du biais

Le biais de confirmation est le cheval de bataille de la science des comportements. L’homme aurait tendance à croire ce qui l’arrange.

Quand on y réfléchit bien, cela ne va pas de soi. En effet, notre survie dépend, au contraire, de nos réactions, immédiates, à ce qui est « anormal ». Toute la science, d’ailleurs, est « découverte ». Et le conducteur de TGV, l’employé de centrale nucléaire doivent réagir à ce qui a une chance quasi nulle de survenir, et qu’ils n’ont jamais vu.

Cela m’amène à me poser une question : et si le « biais de confirmation » était un acquis social ? Et si la société, pour se simplifier la tâche, cherchait à faire de nous des moutons, à endormir notre cerveau ?

Les travaux du Professeur Cialdini concernant l’influence, vont dans ce sens : tous les biais qu’il identifie sont des biais sociaux, qui permettent à l’homme d’agir et de réagir, sans utiliser son cerveau.

Fusion : plus de problèmes d’énergie ?

Fusion atomique. Avancée majeure, disait le Financial Times, il y a quelques jours.

Recherche américaine. Curieusement, l’article ne cite pas une annonce, qui me semblait similaire, faite en début d’année par la recherche américaine.

Il se trouve que, à la fin des années 80, j’ai rencontré des concepteurs du projet ITER, projet international qui est présenté comme une nouvelle étape vers la mise au point d’un réacteur de fusion. Ils cherchaient alors un logiciel de FAO permettant de simuler et programmer leurs robots. Or, il semble que ce projet ne deviendra réalité qu’en 2025, au plus tôt !

C’est une question qui semble, donc, demander des moyens énormes, et des coopérations internationales. Or, l’article révèle que des fonds privés semblent s’y intéresser, donc des start up.

Pourquoi maintenant, alors que la recherche « rame » depuis les années 50 ? La pénurie d’énergie a créé un effet d’aubaine ?

Science et manipulation

Stéphane Audouin-Rouzeau parlait de son grand père. (France Culture, A voix nue.) Il avait fait la guerre de 14. Mais personne n’avait su comprendre ce qu’il avait vécu.

En l’écoutant, j’ai pensé à mon propre grand-père, et me suis dit que les conclusions de cet historien rejoignaient les miennes.

Sa thèse, sur la guerre de 14, est que les cultures européennes l’avaient préparée. Ce qui semble évident, non seulement mon grand père en est un exemple, mais toute la littérature de l’époque, l’enseignement de l’école de ce temps, ou les listes interminables des monuments aux morts des grandes écoles, paraissent le confirmer. Or, il se serait mis à dos toute l’intelligentsia. La thèse de l’historien officiel serait que la guerre aurait été question de domination, lutte des classes, etc. Autrement dit, théorie du complot.

Curieux que la science soit aussi peu scientifique. Il est vrai que c’est aussi le cas pour l’économie. On y a cru, et on y croit peut-être encore, dur comme fer, que l’homme est parfaitement rationnel ! Sont-elles les seules à avoir été dénaturées ?

Serait-il sain de mettre la science en question ?

George Orwell

George Orwell fut l’homme de la propagande anglaise ! Qui l’eut dit ? La BBC révélait qu’il en fut chargé, pendant la guerre.

Certes, c’était un genre d’anarchiste. Il avait fait le coup de poing en Espagne, mais, en l’Angleterre, on lui avait refusé de rejoindre l’armée. Alors, il avait fait contre mauvaise fortune bon coeur. Car il pensait que la fin, abattre le nazisme, justifiait les moyens. Il pensait aussi que le pacifisme, en temps de guerre, était un sport de bourgeois, bien nourri par des marins qui jouaient leur vie pour l’approvisionner.

Air de la taïga

« L’auteure nous fait comprendre comment le pouvoir a été conquis par une partie de l’ancien KGB, devenu FSB, dont Poutine a été le représentant et, surtout, comment une dictature d’un nouveau type s’est établie, en utilisant les ressources du capitalisme pour se l’approprier, à des fins personnelles le plus souvent, mais, également, avec l’ambition de reconstituer la puissance russe ébranlée par la chute de l’URSS. » (Résumé d’une enquête concernant M.Poutine.)

Un livre de plus qui nous explique que la guerre en Ukraine est le résultat d’une manoeuvre quasi militaire, méticuleusement planifiée, ayant pour but d’éliminer la démocratie, donc nous.

Qu’est-ce qui a fait de nos dirigeants des « mangeurs de vent », selon l’expression de B.Cyrulnik ? Quel est le fantasme que M.Poutine a caressé dans le sens du poil ?, si l’on en croit sa théorie ?

Comment ne pas être un mangeur de vent ?