Corruption en Inde

Il est difficile de concevoir le niveau que la corruption a atteint en Inde. Il ne s’agit même plus d’acheter les principaux gouvernants. On ne distingue plus gouvernants et hommes d’affaire. Ils font les lois qui leur conviennent. Il y aurait toujours eu des liens étroits entre l’Etat et l’entreprise. Mais ce serait la libéralisation des années 90 qui aurait transformé l’ampleur du phénomène. Les enjeux étaient tels, l’Etat vendait ses services, que les grands moyens ont été employés.

Le plus surprenant est que la société n’ait pas totalement sombré. Une partie de la population, de l’administration, de la justice… résiste. Et ce au péril de sa vie. (Article.)

Mystère de la nature humaine ? La médiocrité la plus abjecte côtoie le désintérêt le plus noble. Peut-être aussi qu’une société est construite sur quelques principes acceptés de tous. Et ce seraient eux qui assureraient sa résilience ?

La Russie veut briser l’Europe

Ce qui se livrerait en Ukraine, ce serait le choc des civilisations. D’un côté, le modèle occidental de la liberté individuelle, de l’autre son antithèse, et son champion, Poutine. Il se bat pour les « valeurs » de la Russie, « la plus importante étant le monopole de l’Etat sur le pouvoir ». « Le rôle joué par l’idéologie communiste a été en grande partie remplacé par celui de l’Eglise orthodoxe, qui, comme l’Etat lui-même, s’est transformé en quelque chose qui ressemble à un monstre. » Il cherche à exporter son « idéologie », « de même que jadis, il exportait le communisme ». Dans cette guerre, la stratégie de M.Poutine est de diviser l’Europe. Pour ce faire, il finance les partis extrémistes (droite et gauche) et les écologistes européens. Dernièrement, il est devenu le financier du Front National. « Il veut exercer une pression sur les maillons faibles de l’Europe pour briser l’unité européenne. » Et l’un de ces maillons faibles est la Hongrie, « Etat illibéral », dépendant du gaz russe. Grande tentation : attaquer un pays balte, à forte minorité russe, mais d’une manière ambiguë, qui n’entraîne pas une interprétation évidente du traité d’entraide de l’OTAN, et donc produise un déchirement de l’alliance.

En Europe, Mme Merkel est assise sur un tas d’or. Elle laisse son pays tomber en ruine. Et l’Europe sombrer dans le cercle vicieux de la dépression. DSK explique que, trop occupé à « sauver le monde », il n’avait pas la tête à vérifier la nature, payante ou non, de ses distractions libertines. Cela va-t-il pousser les Français à se préoccuper de la vie privée de leurs gouvernants ? Et l’armée anglaise est en déshérence « la Grande Bretagne n’a plus une idée très clair d’à quoi servent ses forces armées ». D’ailleurs, elle a disparu de la scène internationale ! La Grèce a subi « un effondrement économique équivalent à celui qu’a connu, de l’autre côté de la Méditerranée, la Lybie ». Son gouvernement est pris entre le Charybde de ses créanciers, et le Scylla de ses alliés de gauche et de droite, sans compter l’espoir renaissant de son peuple.

En Inde, la croissance, pour peu que les chiffres soient fiables, dépasserait celle de la Chine. Par ailleurs, l’amour de l’électorat pour son arrogant nouveau premier ministre semble tiédir. Aux USA, contre toute attente, les pouvoirs militaires du président ne font que croître.

Un moyen d’améliorer l’école des pauvres ? Un programme qui transforme en enseignants, pour deux ans, d’excellents élèves doués d’un tempérament de leader. En revanche, l’Anglais est particulièrement mal enseigné. Cause ? Des enseignants qui ne parlent pas anglais…

Le « crowdfunding » lève 72m$ pour un jeu vidéo. L’industrie de la mode utilise ses défilés comme moyen de communication, permettant de vendre au consommateur électronique final.

La baisse des cours du pétrole a fait boire un bouillon à beaucoup de fonds d’investissement. Ce qui fait des affaires pas chères à récupérer par leurs collègues. L’immobiliera la faveur des investisseurs. Il n’est pas encore spéculatif…

L’innovationserait le fait d’une forme de sélection naturelle agissant sur de petites évolutions aléatoires. Au moins en ce qui concerne le violon. Le système monétaire pose un problème : pour qu’il fonctionne correctement, ce qui semble signifier une forme de monnaie unique, il demande au peuple une « discipline » qu’il est rarement prêt à accepter. 

Blues chinois

Que veut la Chine ? Apparemment retrouver son rayonnement d’antan. Or, elle ne parvient guère mieux qu’à occuper un rang honorable dans l’ordre anonyme du monde occidental. Et ce au prix de tensions internes et externes qui ne semblent pouvoir se résoudre que par le renoncement définitif au rêve Chinois. Pour le moment elle soumet les entreprises étrangères à des humiliations. A moins qu’il ne s’agisse d’une imitation maladroite de l’exemple américain.
La Russie semble dans une situation identique. Pas de stratégie, notamment en Ukraine. Que la volonté de compter aux yeux du monde. Désir ruineux. Car, elle ne se fait pas tant des alliés qu’elle les achète. (CF. son union eurasienne.) La Serbie essaie de jouer sur deux tableaux : Russie et UE. Le Kosovo semble déterminant dans sa politique.
Mystérieuse Afrique. Croissance démographique explosive. Comment cela va-t-il se terminer ? En tout cas, pour faire des affaires sur le continent, il faut partir du Nigeria. Rien n’y fonctionne, mais on y achète. Pour y pénétrer, il faut adapter l’offre à ce que le pays peut acheter, et construire un système de distribution sur la confiance, quasiment homme à homme.
Inde et Modi. Le début de mandature de M.Modi le montre plus nationaliste que prosélyte éclairé des vertus du marché. Et l’Inde, nouveau riche, humilie l’Angleterre, nouveau pauvre.
USA. Evénements de Ferguson. Ville qui est passée de blanc à noir, sans que ses institutions s’adaptent. Surtout, dans un pays où tout le monde est armé, la police est nerveuse. La bavure est un fait social. Autres usages locaux : on élit les juges. Les avocats paient leur campagne. Et les juges ont de la sympathie pour les intérêts de ceux qui les ont élus. Amende de 17md$ pour Bank of America. Coup de pub plutôt que réalité. Etat Islamique. Si on le leur demande gentiment, les USA vont bombarder les bases de l’Etat Islamique, qui sont sur le territoire syrien. En Libye, on ne sait plus d’où viennent les bombardements.
Au Canada, on transporte de plus en plus de pétrole par train. La sécurité est à la traîne. 47 personnes ont été incinérées dans un accident. Les banques polonaises se portent bien. Elles doivent en partie leur succès à des innovations qui tiennent à ce qu’elles se sont construites de zéro, sur un marché vierge.
Les USA ont été les pionniers de la massification de l’enseignement. Le système universitaire étant en faillite, on redécouvre l’utilité de la formation professionnelle. Il s’agit d’acquérir des compétences, tout au long de sa vie, par un enseignement modulaire, fondé sur la pratique. Internet pourrait être utile. Mais pas décisif.
La globalisation pourrait accroître les inégalités des pays émergents parce qu’elle romprait la relation employés qualifiés / peu qualifiés. Elle emploierait les premiers et laisserait pour compte les seconds.
On a retrouvé le réchauffement climatique manquant. La chaleur serait piégée entre 300 et 1500m dans l’Atlantique. Conséquences ? Le monde se reboise un peu. Ce serait plus un effet de la réglementation que du marché. Les phoques pourraient avoir transmis la tuberculose aux premières populations américaines. 

Nature du capitalisme indien

Il y a quelques temps The Economist appelait le capitalisme indien à se réformer. Il devait abandonner sa structure familiale et adopter celle de la multinationale occidentale.

Si je comprends bien ce que dit Claude Markovits, si le capitalisme indien a cet aspect, ce n’est pas uniquement du fait d’usages désuets, c’est surtout par adaptation aux conditions dans lesquelles il a dû évoluer.

L’Inde a toujours été un pays de réseaux et de familles. En particuliers, depuis le Moyen âge, de réseaux marchands. Et ces réseaux s’adaptent au capitalisme, en se l’appropriant. Mais l’action du colonisateur britannique n’a fait qu’encourager ce phénomène. En effet, la période coloniale laisse l’Inde avec une économie fragile. Sans intervention de l’Etat, aucun développement possible. Surtout, les banque britanniques ne financent pas les entreprises indigènes. Ce qui les contraint à faire appel à leurs réseaux relationnels (parenté, caste, région).

Autrement dit, il semble difficile d’abandonner un système aussi ancien, et qui a donné d’aussi bons résultats. D’autant qu’il semble bien adapté aux coups de Trafalgar. Ce qui n’est peut-être pas le cas de la multinationale occidentale, et de ses actionnaires que le vent emporte…

Ces idées viennent de : Jules Naudet, « Aux sources du capitalisme indien. Un entretien avec Claude Markovits », La Vie des idées, 13 juin 2014. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Aux-sources-du-capitalisme-indien.html

L'Europe veut des hommes d'action ?

The Economist fait un bilan des résultats des européennes. Ce qui me frappe n’est pas tant la victoire des extrémismes que la défaite des partis d’opposition (Espagne, France, Angleterre, Danemark, Italie…). En particulier ceux qui, comme Cameron, ont pris ces élections au sérieux, et se sont battus, ont obtenu un meilleur score que prévu. Renzi est l’exemple type. L’électeur semble avoir condamné la « politique normale », au sens de Hollande. Celle dans laquelle l’opposition attend que la majorité soit éjectée par l’opinion pour prendre sa place. L’électeur veut des gens qui agissent ? Ras le bol des penseurs ? Et l’UE ? The Economist lui prédit une pagaille belge. Une sorte d’inimitié consensuelle paralysante. Les perdants du scrutin ? Le fédéralisme, le libre échangisme, et les USA.
Le problème est le même partout ? Le penseur Obama définit sa doctrine de politique étrangère. Non intervention militaire dans les affaires du monde. En particulier, que les troupes américaines se dégagent d’Afghanistan avant la fin de son mandat prime toute autre considération. Cependant, il forme des rebelles syriens. Il demeure pragmatique. En Inde, le féodalisme du parti du congrès laisse la place à M.Modi l’homme d’action. Manager, qui prend les problèmes à bras le corps.
Thaïlande. L’armée prend le pouvoir pour remettre politique et économie en ordre. Malheureusement, elle est incapable de diriger un pays moderne… Philippines. Le compétent Aquino, transition entre un gouvernement de familles et une démocratie normale ? Mali. La France semble aux prises avec un gouvernement de fantoches, qui justifie sa présence en torpillant le processus de stabilisation du pays. Ce qui lui a explosé à la figure. (Qu’allions nous faire dans cette galère ?)
Economie asiatique : changement vital ? Elle est portée par des conglomérats monstrueux. Ils sont possédés par l’Etat ou par des familles. Ils ont eu la vie belle jusque-là. C’est fini. Tensions diplomatiques : la Chine fait peur à ses voisins ; les salaires croissent ; la population vieillit ; les taux d’intérêt vont augmenter ; les banques chinoises et indiennes accumulent des prêts douteux ; ces conglomérats sont peu innovants, en partie du fait de la culture hiérarchique de l’Asie, peu présents dans la nouvelle économie ; et ils vont devoir affronter la multinationale occidentale… Que faire ? Ne plus se limiter aux marchés asiatiques, s’ouvrir au capital privé, adopter la structure de la multinationale occidentale, leur dit The Economist. (Maintenant que vous avez mis le doigt dans l’engrenage du marché, vous devez adopter notre culture ?)
Le Club Med et les vacances tout compris sont à nouveau en vogue. Tendance mondiale et développement du marché asiatique. C’est aussi le cas du gaz liquéfié. Le monde se couvre de terminaux et de pipes. Il remplace des énergies plus polluantes.
Le monde vieillit. Les gouvernements veulent relancer la natalité. Pourtant, il suffirait d’améliorer l’éducation pour que le problème disparaisse. Cependant le pouvoir est dans le nombre. Au Japon, la question est critique. 43m en 2110 ? On en vient à des mesures désespérées : on envisage l’immigration… Le salaire minimum revient en force. Il s’agit d’éviter que le peuple ne se révolte contre le spectacle de l’enrichissement d’une minorité.
Sciences. L’évolution a renforcé le cerveau de l’homme au détriment de ses muscles. 

L’Inde a besoin d’un as du changement ?

L’Inde élit M.Modi. Un autocrate. Elle a voté pour le développement économique et a éjecté le clientélisme féodal du Parti du Congrès. M.Modi doit transformer l’Inde en usine du monde, alors que le « pays a oublié, purement et simplement, comment travailler ». Et qu’il semble un enchevêtrement invraisemblable. (Changement compliqué ?) En mer de Chine, les pays de la Région semblent impuissants face au bon plaisir du monstre chinois. Coup militaire en Thaïlande. Raison : mettre un terme au blocage actuel ? Ou intervenir avant qu’un prince héritier faible ne prenne le pouvoir ? L’Arabie saoudite investit à la maison.
L’UE parle un anglais corrompu par le français (une façon de faire fuir l’Angleterre ?). Elections européennes. En Italie, lutte entre M.Grillo et M.Renzi et ses réformes. La République Tchèque est anti-européenne. Le PS français semble être le parti de gouvernement dont la situation, eu égard à ces élections, est la plus difficile. L’armée est un élément central de la politique russe. Elle doit lui permettre d’intervenir dans son voisinage, de tenir en respect ses minorités, et de la défendre de la Chine – mission de ses missiles nucléaires. Chine avec laquelle elle tente de s’entendre pour faire pièce aux sanctions de l’Ouest. La Lybie est divisée entre islamistes et anti-islamistes. Devant la chienlit actuelle, le second camp est tenté par un coup. Avec l’assentiment de l’Algérie et de l’Egypte. D’où guerre civile ?
Les entreprises chinoises déposent beaucoup de brevets. Lenovo est le champion du PC. Il pense assurer son développement grâce à l’innovation. Il semble surtout un champion de l’exécution efficace de stratégies industrielles. Aux USA (seulement ?), Télécom et TV fusionnent, pour disposer d’offres globales. Les journaux sont toujours au milieu du gué numérique. Le journaliste doit s’imprégner des nouveaux usages du marché. Big data dans l’agroalimentaire. Les données que possèdent l’industrie lui permettent de dire à l’agriculteur quoi, quand et où planter (« prescription planting »). Mais l’agriculteur se méfie. Il a peur d’être le dindon de la farce. Les banques européennes (Crédit Suisse, bientôt BNP) ont maille à partir avec la justice américaine. Ses jugements semblent marqués par l’incohérence. (Pragmatisme, c’est-à dire, coup par coup ?) Pour faire plaisir à leurs actionnaires, les laboratoires pharmaceutiques ont liquidé leur recherche. Ils doivent maintenant trouver des fournisseurs de nouvelles molécules.  
Pour défendre les ordinateurs des pirates, deux versions d’un même programme ne doivent pas se ressembler. Il suffit pour cela de le demander aux compilateurs. On cherche à produire à simuler le système nerveux d’un ver. 

Le monde : entre nationalismes et rodéo financier

L’Inde serait aux prises avec la passion du lucre, et l’individualisme. Les castes, c’est fini, ou presque. Ainsi que la politique clientéliste du Congrès. Et c’est un nationaliste qui a un millier de morts sur la conscience qui lui promet le paradis. En serait-il de même en Turquie ? M. Erdoggan a apporté le confort à la Turquie. Elle le réélit. La Hongrie maintient au pouvoir un petit Poutine ? En Chine sa campagne anti corruption permet au gouvernement d’éliminer de puissants adversaires politiques. Au Québec, le Parti Québécois semble avoir perdu les élections pour avoir voulu parler d’indépendance. Les nouvelles générations n’y sont plus favorables. Fin de la chasse à la baleine au Japon. Tradition en déclin, et coûteuse. 

Italie. Pour financer sa politique, M.Renzi vend les participations de l’Etat. L’Europe espère le salut du commerce. Plus exactement de négociations de partenariat avec l’Amérique et la Chine. Mais cela ne risque-t-il pas de la disloquer ? (Certains ayant infiniment plus à gagner que d’autres dans l’affaire.) Elle devrait comprendre qu’elle ferait bien de remettre en fonctionnement son moteur économique. Car, elle vacille au bord de la déflation. La surévaluation de l’euro, en particulier, lui coûtant cher. BCE, au secours ? Les banques centrales sont devenues les banquiers, permanents, des gouvernements. Et si nous nous en mordions les doigts ? « Du fait de ce dispositif les responsables politiques ont moins qu’avant à rendre des comptes ; en stimulant les prix des actions, que possèdent principalement les riches, cela pourrait bien avoir conduit à l’augmentation des inégalités, sans que c’ait été approuvé par un vote. Peut-être que dans dix ou vingt ans, on verra les événements récents comme le moment où le monde a franchi un cap. » En tout cas, la politique actuelle des banques centrale pousse les investisseurs vers les « frontières », des pays qui ne sont ni développés ni émergents. Pas bon pour la santé de ces derniers ? Et les pays émergents à emprunter à l’étranger, ce qui leur a été fatal lors de la crise de 97.
Aux USA, certains diplômes sont de mauvais investissements. Entre 15% (université sans but lucratif) et 22% (à but lucratif) des étudiants sont incapables de repayer leurs emprunts dans les 3 ans qui suivent le début des remboursements. Heureusement, les cours en ligne arrivent. En outre, l’Amérique, pays des libertés, donne l’asile éducatif à une famille allemande. Elle ne voulait pas d’une éducation publique pour ses enfants.
Petrobas, compagnie pétrolière brésilienne. Où l’on voit, une fois de plus, politique et économie ne font pas bon ménage. GM doit rappeler un grand nombre de voitures, après quelques morts. Quelque chose a cloché dans ses dispositifs de suivi après vente. Aux USA, des investisseurs veulent utiliser les technologies de l’information pour réinventer l’assurance, et la médecine. Arrivée du smartphone bon marché. Samsung serait menacé. D’où la recherche de nouveaux marchés (montres, bracelets électroniques, voitures). Les entreprises chinoises achètent des PME allemandes. Pas pour les démanteler, mais pour acquérir prestige et expérience. Les Allemands sont enchantés : « les Chinois pourraient être la solution aux problèmes de succession que rencontrent beaucoup d’entreprises du Mittelstand ». Les cultivateurs de roses du Kenya font face à des pressions contradictoires. Leurs clients occidentaux veulent à la fois des baisses de prix et la RSE. « En concentrant plus de pouvoir entre les mains de géants de l’agroalimentaire, la demande de l’Ouest que les entreprises soient de bons citoyens a des résultats que n’attendait pas la gauche. En même temps, elle surprend beaucoup de gens de droite : loin de tuer les entreprises, elle les encourage à devenir plus productives et innovantes. »

Réchauffement climatique, changement des scientifiques. « Le nouveau rapport (…) voit le climat comme un problème parmi beaucoup d’autres, dont les conséquences sont souvent conditionnées par les interactions avec ces autres problèmes. Et la bonne politique tente de réduire la charge, de s’adapter au changement, plutôt que de chercher à l’arrêter. » 

Anthropologie de l'économie de marché

Ukraine. Allemagne, Japon, Chine, Inde, pays de l’orbite soviétique… les nations réagissent à l’annexion de la Crimée par la Russie en fonction de leurs intérêts. Liens économiques avec la Russie d’un côté, crainte d’un précédent de l’autre. La Russie, l’Inde et la Chine, en particulier, ne vont-elles pas annexer des contrées au motif qu’elles y ont quelque droit ancien ? En tout cas, la Russie inquiète. Ce qui, en économie de marché, n’est jamais bon pour la santé d’un pays.

Inde. La libéralisation économique des années 90, combinée à un effondrement de l’éthique de l’élite administrative, a fait le lit de la corruption. Elle semble le principe même du pays. Elle est le sang de la politique, notamment. The Economist pense qu’elle peut être combattue. Phénomène général ? L’oligarque ne se serait jamais aussi bien porté, partout dans le monde. De plus en plus de riches sont des « rentiers ». Ils exploitent des monopoles, protégés de la concurrence.

La commission européenne doit désormais avoir un président élu. Mme Merkel semble vouloir imposer son choix. C’est ça la démocratie. Toujours est-il que M.Miliband désirerait ramener l’Angleterre dans l’UE. La Bavière, un modèle pour le Québec, le Catalogne, l’Ecosse et autre Pays basque ? Son jeu est d’utiliser suffisamment son pouvoir de nuisance pour faire respecter son identité, mais pas assez pour disloquer le gouvernement. Aux USA, le nombre de familles possédant une arme baisserait (35% des foyers), mais le nombre d’armes par personne augmenterait. L’armée chinoise : des apprentis sorciers suréquipés. Inquiétant ? La Chine adopte-t-elle des mesures favorables aux consommateurs ou défavorables aux entreprises étrangères ?

Téléphonie mobile. Heure de la (re)concentration ? Partout, passage de 4 à 3 opérateurs ? « La vague de concentration en Europe est aussi le résultat de la convergence des services mobiles et fixes, du haut débit et de la télévision. » Les entreprises de service (Sodexo, par exemple) élargissent leur offre par croissance externe. A chaque fois pour se retrouver dans des « marchés encombrés ». Et si elles innovaient ? Shutterstock permet de vendre ses photos. « L’ultime secret du succès de TED n’est pas sa quête du changement radical, mais sa capacité à réinventer la religion ancienne pour l’ère numérique. »

Le puissant fonds de pension japonais (1500md$) est encouragé à abandonner sa gestion prudente pour favoriser la politique de M.Abe. Aux USA, un milliardaire utilise son argent et sa capacité d’influence politique pour abattre une entreprise. Par ailleurs, on y paie très cher ceux qui dénoncent les malversations de leurs employeurs. La Chine libéralise son secteur bancaire.

Bitcoin, quel avenir ? Vu son instabilité, il est préférable qu’il ne remplace pas les monnaies traditionnelles. En revanche le mécanisme d’échange sans intermédiaire qui est sa caractéristique pourrait avoir des applications utiles.

Science. Nouvelle discipline : contrôler la recherche scientifique. Elle est devenue étonnamment peu fiable. Pourquoi pouvons-nous être drogués aux jeux de hasard ? Parce que certains de nos cerveaux sont presque aussi excités par un quasi succès que par un succès réel… 

2014 : rien ne va plus ?

En lisant The Economist, je me demandais si 2014 ne pouvait pas voir quelques bouleversements sérieux. Et si l’Inde élisait un homme dangereux ? « Un populiste avec un passé inquiétant et un bon bilan économique. » Le rodéo politique italien se poursuit. Je me demande s’il ne reproduit pas notre troisième République. En tout cas, on semble vouloir s’acheminer, comme chez nous, vers le bipartisme. (Ce qui me semble une idée antidémocratique.) Aux USA, Républicains et Démocrates se sont enfin entendus sur un budget fédéral. Apparemment en jouant sur les mots pour masquer leurs concessions réciproques. Le libéralisme allemand serait en berne, il ne correspond pas à une tradition du pays. Le président turc s’en prend aux forces religieuses modérées. L’Ukraineest toujours aussi incertaine, le peuple (une minorité occidentalisée ?) est dans la rue, mais, pour le reste, cela semble une bataille entre oligarques. Étrange Thaïlande : d’un côté, un parti, représentant le petit peuple, a le pouvoir de gagner les élections, d’un autre, l’opposition a la force de renverser le gouvernement. En Syrie, le démantèlement du stock d’armes chimiques serait un succès, mais la sortie des dites armes dépend de la capacité de M.Assad à dégager des routes, et à gagner des guerres… Finalement, Israël est « désorienté ». « les jeunes Israëliens ont oublié le projet commun des pionniers (…) idem pour les entrepreneurs qui ont fait des fortunes dans les glaces et l’électronique. » Le nouveau dictateur nord coréen fait regretter son père. 
Le peuple chinois ne veut pas des OGM, mais son gouvernement a décidé qu’ils étaient bons pour lui. Résultat de la crise ? Brutalement des négociations de libre échange se dégèlent. Le « Doha round » de l’OMC d’un côté (démarré en 2001), Europe Mercosur de l’autre. Curieusement, les entreprises utiliseraient un prix (coût) du carbone dans leurs calculs d’investissements. Et il serait beaucoup plus élevé que celui des marchés – qui, par ailleurs n’arrivent pas à se mettre en route. (L’entreprise meilleure pour notre santé que la démocratie ? Ou que le marché ?) Tom Enders veut faire d’EADS une entreprise normale, qui ne suit que son intérêt et pas celui des gouvernements qui l’ont financée. Et les dits gouvernements vont le laisser faire. Gaz de schiste et USA, phénomène curieux. Le pays n’est pas capable d’écouler le type de pétrole produit (le marché n’est pas équipé pour l’exploiter), du coup son prix baisse, ce qui menace sa production… Pourquoi les fusions et acquisitions échouent-elles ? Parce qu’elles échappent à la rationalité. Il faut gagner à tout prix.

Science. La nouvelle science de l’épigénétique montre que l’alimentation du père peut avoir une conséquence sur la constitution de l’enfant. Les journaux scientifiques appliquent d’autres critères de sélection que ceux de la qualité de la recherche. Mais, d’une manière générale, l’homme, qu’il soit ordinaire, scientifique ou autre, n’est pas rationnel, il tend à « interpréter les artefacts d’une certaine façon ». Et les requins pourraient savoir ce qu’ils font quand ils attaquent l’homme. 

La rigueur scientifique, dernière victime en date des théories libérales

Pourquoi la science déraille-t-elle ? se demande The Economist. La plupart des publications scientifiques ne résistent pas au réexamen. Apparemment, c’est le résultat de la culture du management par objectif, et de son corollaire : la publication à tout prix. (Nouvelle conséquence imprévue des théories libérales ?)

La popularité de M.Hollandesombre. Mais l’estime nationale lui est indifférente. Il croit aux « cycles historiques ». Pas besoin d’agir, les choses s’arrangeront d’elles-mêmes. L’Irlande rembourse ses dettes mais se retrouve fauchée. L’Italie masque ses subventions à Alitalia. L’Allemagne se détourne de l’Eglise Catholique. (Qui est une sorte de service public avec ses propres sources de revenus.) En Russie, M.Navalny, candidat de The Economist, se révèle plus nationaliste que M.Poutine. En Inde, les milieux d’affaires s’enflamment pour un nationaliste qui sent le soufre. (Il n’y a pas que le peuple qui aime les extrêmes ?) L’Angleterre tend les bras aux banques chinoises. Elle leur permet d’ouvrir chez elles des succursales plutôt que des filiales. Histoire de leur éviter la réglementation anglaise (et européenne ?). L’Europe cherche à stopper le flot de subventions qui partent vers les petits aéroports. Et qui sont reversées aux compagnies à bas coût. Beaucoup de ces aéroports pourraient fermer. 
Rien de nouveau en Iran, toujours aussi amical vis-à-vis des USA, et en Egypte, toujours décidée à retourner à l’ancien régime. Les rebelles syriens s’en prennent aux journalistes. Ce qui est bien pour l’image de M.Assad. Mexique sans foi ni loi ? Plus de 100.000 enlèvements. L’Etat ne fait rien. Le président du Venezuela se comporte de plus en plus en dictateur (fou ?). Aux USA, guerre de tranchée entre Républicains et Démocrates. Ces derniers ont repoussé l’offensive des premiers. Mais le front n’a pas bougé. Cependant, les élus républicains ne sont pas tous des demeurés. The Economist a déniché deux exceptions à la règle. Le gouvernement japonais veut durcir ses lois concernant la divulgation de secrets d’Etat. Mais cela va contre la culture nationale. Le Vietnam ressemble à la Chine, en plus glauque. Va-t-il réformer son capitalisme d’Etat ? En Birmanie, le parti de Mme Suu Kyi pourrait prendre le pouvoir, mais y est totalement impréparé. Au Brésille gouvernement semble avoir vécu de la planche à billet. « La dette publique croit. Les banques prennent une part grandissante du marché du crédit. Et le gouvernement tord les règles comptables pour cacher tout ceci. » Comment cela va-t-il se terminer ?
Décidément, il n’y a pas de limite à la spéculation. Ce coup ci, elle porte sur les dettes d’entreprise. Les marchés sont ils imprévisibles ? M.Fama dit oui, M.Shiller, non. On leur donne le Nobel.
Les taxis, dernier secteur en date à être attaqué par Internet. Applications mobiles permettant de les appeler. Qu’est-ce que ça va donner ? Le câble USB deviendrait un système d’alimentation universel. Ce qui remettrait en piste le courant continu, en ce qui concerne l’alimentation de la maison et du bureau. L’avantage viendrait de ce que le câble transporte aussi des données. Cela en fait l’allié naturel des « smart grids ». Avec tout ce que cela signifie d’économie.

Afin d’essayer de retrouver un peu du talent de M.Jobs, Apple recrute des gens qui ont du goût.

Comment résoudre les problèmes du monde ? L’Oxford Martin Commission en appelle, en quelque sorte, aux organisations de bonne volonté. L’idée est de sortir de la paralysie des Etats pour constituer des coalitions d’institutions privées et publiques. Et d’attaquer sans attendre les questions importantes. 
Science. Il se pourrait qu’il n’y ait pas eu plusieurs types d’humains primitifs. Mais un seul, hautement variable. Une technique pour combattre le sida. Faire éclater le virus, dont le principe serait d’être sous pression.