Inde éternelle

Il est curieux d’entendre nos ancêtres parler de l’avenir. En 1951, André Siegfried (fils de Jules) revient d’Inde où il a passé plusieurs mois. Il y avait déjà séjourné, en 1900, point culminant du règne britannique.

Que voit-il ? Une fourmilière de 400 millions d’habitants, qui n’ont pas où se loger et dorment dans la rue. Les Anglais sont toujours là, ils occupent des positions stratégiques, celles qui permettent de servir leurs intérêts économiques. Mais cela ne durera pas. Quant à l’organisation héritée de l’empire, elle va certainement se dégrader, car les Indiens n’ont pas les mêmes attentes de la vie que les Occidentaux. Que les trains arrivent à l’heure n’est pas leur préoccupation. D’ailleurs l’Inde, comme les autres pays en développement, ne veut pas du modèle américain. Le sien est soviétique. Certes l’URSS singe les USA, mais elle a retiré de cette culture ce qu’elle avait d’inacceptable. Et l’avenir, donc ? Il est certainement à l’affrontement entre la Chine et l’Inde.

Inde

Discussion avec un ingénieur qui a passé trois ans en Inde. Il me décrit un pays en pleine transformation. 95% du réseau ferroviaire serait électrifié, 40 aéroports seraient en construction. l’Inde aurait subi un électrochoc lors de l’épidémie de COVID. Elle a décimé les personnes âgées. On mourait dans les rues. Elle a compris qu’elle était seule.

Il pensait que l’Inde, avec 30 ans de retard, allait connaître le décollage de la Chine. Avec un avantage : elle a beaucoup plus d’ingénieurs que n’en avait la Chine alors…

Réseaux nationaux

India boosts homegrown WhatsApp rival in tech nationalism drive

Financial Times du 13 novembre

Aux temps glorieux du « world wide web », les auteurs américains pensaient que ce serait un moyen de diffuser leur culture, et leur type de démocratie.

Cette idée gagnerait-elle du terrain ? Les cultures puissantes vont-elles toutes développer leurs propres réseaux sociaux ? Conséquences ?

Top officials promote domestic messaging platform as Narendra Modi pushes self-reliance in face of US tariffs

Ketamine

Ketamine, un nom que j’ai découvert récemment. Et ce parce qu’Elon Musk en abuserait. C’est devenu la nouvelle source de revenus des mafieux.

Pour certains pays c’est un médicament, pour d’autres c’est un produit dangereux. C’est devenu la drogue à la mode. A haute dose, elle fait des dommages considérables. Pour le mafieux, avec un tel produit, le risque de prison est faible. Il joue sur l’hypocrisie mondiale. L’Inde est le principal producteur de Ketamine. L’industrie allemande est son grand client. Mais seul un quart des achats allemands va vers ladite industrie. Le reste alimente les circuits criminels.

(The Ketamine Trail. BBC.)

Accident

Avant hier un 787 s’écrasait dans un immeuble indien. Curieusement, les nouvelles qui annonçaient la catastrophe (du moins celles que j’ai lues) s’inquiétaient surtout de la santé de Boeing.

Qu’est-ce qui conditionne les réactions humaines ?

(Société individualiste ? Soit l’expression de notre sympathie est due à une convention sociale, soit elle tient à ce que nous aurions pu être à la place de la victime ?)

Inde triomphante ?

Il y a longtemps, The Economist disait que l’Inde triompherait de la Chine, parce qu’elle était une démocratie.

M.Modi ne semble pas un grand démocrate. Mais, je lisais que les Américains étaient en train de détourner leurs affaires de la Chine vers l’Inde. J’entendais aussi BBC World service dire que la qualité de vie de l’Indien s’est améliorée. Et ce, en grande partie, du fait de programmes publics.

La grande affaire de l’Inde est, apparemment, que sa population a dépassé celle de la Chine, si j’en crois cette émission. La Chine, quant à elle, aurait été victime d’un « mauvais calcul » selon un tweet d’un journal américain. Elle a cru aux prévisions du Club de Rome et a adopté une politique de dénatalité. Si bien qu’elle vieillit. Et que sa puissance s’en ressent.

La raison est mauvaise conseillère ? Contrairement à ce qu’a écrit Montesquieu, le mérite de la démocratie ne serait pas la vertu, mais le chaos ?

Yoga

Le Yoga, une « fake news » ?

Le Yoga d’origine était méditation. Le Yoga moderne viendrait de la gymnastique suédoise. Les armées européennes auraient adopté cette gymnastique, qui serait arrivée en Inde, via l’armée anglaise. Elle aurait été adoptée par les natifs, constatant qu’ils manquaient de vigueur, et qu’ils avaient besoin d’exercice.

Le « Made in India » se vendant bien, ils auraient exporté leur invention vers l’occident. Dans la même veine, le sanscrit qu’utiliserait notre Yoga serait fait de néologismes. (The secret history of yoga, BBC4, 2016.)

Une âme saine dans un corps sain ? Un peu d’exercice, un peu de méditation ?

Le grand jeu

A l’occasion du G20, Christine Ockrent (Affaires étrangères de France Culture de la semaine dernière), s’intéressait, avec les invités de son émission à tectonique des plaques de la géopolitique.

D’un côté, la Chine, qui a mis la main sur les BRICs. De l’autre les USA qui découvrent, petit à petit, qu’ils sont mal aimés de tous, et qu’ils feraient bien d’être un peu plus sympathiques. Chaque camp manoeuvre pour se faire le plus d’amis possibles.

Et au milieu se trouve l’Inde. Géant au pied d’argile, ou peut-être village à la Potemkine ? Car l’Inde c’est immensément peuplé. Mais c’est invraisemblablement fragile. Son armement est russe. Elle est aux côté de la Chine, chez les BRICS, mais en guerre contre elle, qui lui grignote son territoire, et totalement dépendante d’elle, y compris pour son industrie pharmaceutique. Et tous ses ennemis sont à la solde de la Chine. Son « multi alignement », dans ces conditions, paraît un voeu pieux.

Inde

Lorsque Narendra Modi est parvenu au pouvoir, la presse que je lisais le considérait comme une créature maléfique. Et pourtant, il est toujours au pouvoir. Et il est courtisé par l’Occident.

L’Inde ressemble beaucoup à la Turquie. D’un côté c’est un irritant pour l’Occident, elle ne lui obéit pas au doigt et à l’oeil, et continue à commercer avec son vieil allié russe, de l’autre, c’est un pays extrêmement fragile. Il est en guerre avec la Chine. Sa population s’appauvrit d’année en année. Il y a étonnamment peu d’emplois pour un peuple qui croit à grande vitesse. Il n’a pas les moyens de s’industrialiser, comme la Chine, donc de la remplacer…

Peut-être y a-t-il quelque-chose à corriger dans la pensée occidentale ? Arrêtons de demander aux autres de nous aimer, et de croire à nos valeurs, et prenons-les tels qu’ils sont ?

(Réflexions suscitées par Affaires étrangères, de France Culture.)

Suella Braverman

Suella Braverman pourrait être la remplaçante de Rishi Sunak, à la tête du partie conservateur anglais.

Sue-Hellen Braverman (qui doit son prénom au feuilleton Dallas) est d’origine indienne. Elle est mariée à un Juif sud-africain. Elle est peut-être bien plus Margaret Thatcher que Liz Truss. En effet, elle semble redoutable. Elle a commencé par soutenir Liz Truss, avant, une fois que cette dernière a donné sa démission, de voter Rishi Sunak. Ce qui lui a valu d’être ministre de l’intérieur dans deux gouvernements successifs.

Surtout, c’est une immigrée anti-immigrés. Elle veut les rejeter à la mer, ou les envoyer immigrer ailleurs. Même si, du fait de quelques indélicatesses, elle est actuellement peu populaire, avec un tel tempérament, cela ne devrait pas durer.

Aux USA les Indiens dominent la silicon valley, en Angleterre, la politique ? Race élue ?

(Inspiré par Profile de BBC 4.)