Il est curieux d’entendre nos ancêtres parler de l’avenir. En 1951, André Siegfried (fils de Jules) revient d’Inde où il a passé plusieurs mois. Il y avait déjà séjourné, en 1900, point culminant du règne britannique.
Que voit-il ? Une fourmilière de 400 millions d’habitants, qui n’ont pas où se loger et dorment dans la rue. Les Anglais sont toujours là, ils occupent des positions stratégiques, celles qui permettent de servir leurs intérêts économiques. Mais cela ne durera pas. Quant à l’organisation héritée de l’empire, elle va certainement se dégrader, car les Indiens n’ont pas les mêmes attentes de la vie que les Occidentaux. Que les trains arrivent à l’heure n’est pas leur préoccupation. D’ailleurs l’Inde, comme les autres pays en développement, ne veut pas du modèle américain. Le sien est soviétique. Certes l’URSS singe les USA, mais elle a retiré de cette culture ce qu’elle avait d’inacceptable. Et l’avenir, donc ? Il est certainement à l’affrontement entre la Chine et l’Inde.
