Sucre suédois

Dans les années 40, les Suédois soupçonnent que le sucre pourrait être mauvais pour les dents. Alors, ils font une expérience. Ils gavent de sucre des retardés mentaux. L’expérience est concluante. Les cobayes sont en ruine. (Witness history de la BBC.)

Comme quoi, ce que l’on attribue aux Nazis ne leur était pas propre ? L’idée était dans l’air ? Pour un peu plus de complexité dans l’explication de l’histoire des nations ?

Qui peut arrêter Trump ?

Depuis le début, je pense que Trump et sa clique de simples d’esprit vont être arrêtés par la complexité du monde.

Déjà, il se rend compte que mettre un terme à une guerre n’est pas aussi facile qu’il le pensait. Maintenant, il semble avoir torpillé la bourse.

Il est possible que ce qui l’arrête soit le mécontentement de son électorat. Celui-ci l’a élu pour améliorer ses conditions de vie. Or, nous dit-on, l’inflation pourrait être violente. Et les retraites sont assurées par des fonds de pension qui investissent en bourse…

J’entendais un interviewé de la BBC parler de Tesla. Il se demandait si l’action d’Elon Musk n’avait pas déjà provoqué des dommages irréparables à la marque. Peut-il en être de même de Trump, pour le monde ? Est-il suffisamment résilient pour absorber un tel choc ?

Complexe météo

Depuis au moins un an, le temps est pourri. D’après ce que dit la météo, les moyennes de pluie du mois ont été plus que doublées, elles pourraient être triplées. Curieusement, l’Europe du sud a connu une canicule.

Science in action, de la BBC, interviewait un chercheur qui étudie la croissance des arbres pour en déduire le climat local au cours des âges. Il expliquait que ce phénomène se reproduisait régulièrement depuis 7 siècles. Il serait lié, si j’ai bien compris, aux mouvements du gulf stream.

Bien entendu, on a eu droit à un couplet sur le réchauffement climatique : mais, avec lui, ce type de phénomène sera bien plus terrible que par le passé !

En tous cas, cela rappelle que la météo est un phénomène « complexe », fondamentalement imprévisible par notre esprit, et peut-être même imprévisible par nature.

Point de bascule

Notre pays semble résilient. Il empile les dettes, il subit les crises, des épidémies, il est dissout… Cela justifie peut être le cynisme ambiant ? A quoi cela sert-il de se fatiguer à améliorer l’état de notre pays, finalement rien ne change ?

Apparemment, certains systèmes complexes peuvent donner des signes qu’ils vont se transformer. Cela s’appelle « critical slowing down ».

The signal, a phenomenon called “critical slowing down,” is a lengthening of the time that a system takes to recover from small disturbances (Article)

Y aurait-il de tels signaux visibles chez nous ? Le temps qu’il faut à notre système politique pour se remettre d’une élection ? Mais un système politique ne représente pas une nation et beaucoup de nations ont des systèmes politiques branlants sans que cela annonce de changement ?…

Le mystère est entier. A moins que notre « système » soit d’un autre type, dont il est aussi question dans l’article : celui qui change sans crier gare ?

Complexité et baffe ?

L’article précédent pose la question de la dérive vers la complexité. Un phénomène qui échappe à la sélection naturelle. Mais n’observe-t-on pas quelque-chose de ce type dans notre vie ?

Par exemple, les gouvernements qui avaient vécu la guerre étaient convaincus que ses horreurs, dont le totalitarisme, résultaient de la crise suscitée par la déréglementation des marchés, et par l’abandon de l’Europe par les USA, qui étaient revenus sur les engagements du président Wilson. Ils avaient mis en place des contre-poisons : Bretton Woods, plan Marshall et sécurité sociale, entre autres. Mais, au premier problème, au lieu de faire évoluer le système, en conservant son esprit, on l’a démantelé.

Il semble qu’il y ait en permanence des vents mauvais qui soufflent sur nos sociétés, et qui encouragent nos bas instincts, en particulier ceux de nos hommes politiques : keynésianisme (dépensez n’importe comment, c’est bon pour l’économie !), « laisser faire » libéral (le politique comme agent de la « destruction créatrice »), « fin du travail » (la doctrine qui nous a valu les 35h), etc.

Surtout, on n’apprend rien à l’école. Les nouvelles générations semblent arriver au pouvoir avec un esprit vierge. (Mais peut-on apprendre autrement que par l’expérience ?)

Complexité ? En tous cas, on voit peut-être ce que signifie « la sélection naturelle » : dans notre cas, c’est la crise. C’est un rappel à l’ordre. Elle n’est pas active, comme chez Darwin, mais passive. La nature ressemble à l’enfant désobéissant qui joue à défier son père ? La sélection par la baffe ?

Leonard et le mafieux

Histoire du vol d’un tableau de Léonard de Vinci à un duc, qui possède 1000km2 de territoire britannique. (The missing madonna, BBC.)

Pourquoi voler un tel tableau ? Apparemment, une logique de prise d’otage. Plus curieusement, ce serait une pratique de mafieux. Quand ils se font pincer ils négocieraient une remise de peine en échange de tableaux.

L’inventivité humaine est sans borne ?

Pivotons

Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert « pivoter ». Il vient probablement de l’anglais de la start-up. Elle doit, sans arrêt, changer de cap. Si vous n’avez pas cette capacité à « pivoter », oubliez vos rêves d’entrepreneuriat.

En cherchant à extraire une épine d’un doigt, je constate que « pivoter » est le propre de la vie. Ce qui signifie la même chose que la devise de ce blog : « j’ai toujours tort ». Ma première impulsion est presque toujours mauvaise. Son seul intérêt est d’être une impulsion, une envie. Ce qu’il faut, c’est « tenir la distance ». Essai et erreur. Jusqu’à trouver une solution. Curieusement, elle est évidente « a posteriori ».

D’où une idée fausse : croire que l’on aurait dû immédiatement trouver la solution finale. Eh bien non. Ce que l’on a fait, c’est explorer la complexité du monde. Elle était inconcevable, initialement.

Et, pour cela, cela demande un « certain état d’esprit », à la fois optimisme et in quiétude. Pivot ?

Eponge

Si l’on fait passer une éponge dans une grille, ses cellules se séparent. Mais elles se reconstituent ensuite, en la même éponge ! Et ce même si l’on mélange deux éponges.

Question : est-ce toujours la même éponge ? Et si l’on faisait de même pour un homme ? Par exemple, si on le reconstituait sur Mars, serait-il toujours lui-même ?

J’ai découvert une curieuse émission, sur la BBC (Nature bang). En partant d’observations de la nature, qu’elle étend à l’homme, elle en vient à mettre en cause nos certitudes. Dommage que ces questions ne soient pas évoquées à l’école, cela couperait l’herbe sous le pied des fondamentalismes de tous bords, me suis-je dit. (A tort ?)

Réponse ? Apparemment, ce qui nous fait est notre environnement. L’homme de Mars n’est pas identique à l’homme de terre.

Pour ma part, il me semble que « je » n’a pas vraiment de sens. C’est une convention utile. On ne sait pas très bien ce qu’est un être, et, dans la mesure où on en a une vague idée, « cela » semble en permanence se reconstituer. C’est ainsi qu’il garde une trace de ce qu’il était auparavant et a l’impression d’une permanence.

La force des démocraties

Max Weber prévoyait un avenir « désenchanté » car rationnel. L’humanité, grâce à la science, a trouvé la seule voie possible.

Je me demande, au contraire, si le seul Etat durable n’est pas une sorte de chaos créatif. Cela tient à une considération quelque-peu rationnelle, tout de même : si, contrairement à l’hypothèse implicite de Max Weber, l’on part du principe que l’avenir est incertain, la « bonne stratégie » est la résilience apportée par la capacité d’adaptation.

Cela semble être la force des démocraties, lorsqu’elles sont en bonne forme. Elles font énormément d’erreurs, mais elles créent tellement de richesses que tout leur est pardonné, parce qu’elles ont ce que l’on appelle en franco-américain la capacité à « pivoter » ?

Mais pour cela, elles doivent être, contrairement à M.Poutine et à notre « élite » de bonnets de nuit moralisateurs, « anti chiantes » ?

Se diriger dans l’incertain

Macronite

J’ai toujours tort. Je n’en ai jamais autant conscience que lorsque j’anime un travail de groupe. (Ce qui m’arrive plusieurs fois par semaine.)

L’intelligence collective a quelque-chose de curieux : elle projette l’esprit de l’individu dans « l’inconcevable », dans une sorte d’espace sidéral. Travailler avec un groupe, c’est comprendre ce que veut dire « complexité ». Autrement dit les limites terrifiantes de l’esprit individuel.

Pascal disait que le « malheur des hommes vient de ne pas savoir rester en repos dans une chambre », il me semble surtout qu’il vient de ce qu’ils ne savent pas travailler en équipe. S’ils y parvenaient cela leur apprendrait que les idées qu’ils formulent dans la solitude de leur cerveau sont des illusions minables, et que le monde est infiniment plus merveilleux que celui de Socrate ou de Platon.