L’affaire du courrier de Lyon

Film de Claude Autant-Lara, 1937.

France révolutionnaire hypocrite, que ses préjugés rendent sourde à la voix courageuse d’une prostituée, mais qui loue un citoyen modèle, alors qu’il fait un faux témoignage. Critique de la France de 1937, celle du Front populaire ?

L’affaire est vue du côté de l’innocent, qui nous est présenté comme tel. Mais qu’aurions-nous dit si nous ne l’avions pas su ? D’ailleurs, elle est probablement plus subtile qu’il n’y paraît. Car, c’est peut-être bien l’amour fou d’une femme pour son mari, qui la trompe, qui par ses excès va causer la perte de ce dernier. Justice immanente ? 

Arrêt d’autobus

Film de Joshua Logan, 1956.

Rôle type de Marilyn Monroe : toujours très stupide, jamais très habillée, y compris dans la neige, et d’une blancheur cadavérique.

Et, comme d’habitude, rédemption par l’amour d’un benêt de cow-boy, qui en fait des tonnes, et d’une fille perdue. Tout est possible en Amérique.

Le solitaire

Film de Michael Mann, 1981.

Comment percer un coffre. Une leçon. Remarquable professionnalisme du réalisateur américain, qui s’est fait assisterpar un expert.

Tous les génies du crime auraient-ils le même parcours ? Comme Dillinger, celui-ci, qui semble issu d’une histoire vraie, est enfermé pour une peccadille et trouve un père spirituel et une vocation en prison.

Une illustration, en tout cas, de ce que, pour être libre, il faut être prêt à tout perdre. 

Nouveau départ

Film de Cameron Crowe, 2011.

Comme Intouchables, ce téléfilm dit que la vie de gens ordinaires peut avoir ses miracles. 
Tout est très prévisible (sauf pour l’extrême fin qui est très habile), mais parfois on a besoin de très prévisible…
La traduction du titre anglais, « we bought a zoo », aurait demandé un peu plus de génie me semble-t-il.

Compléments :

  • Attention, tout rapprochement entre Nouveau départ, ou, a fortiori, We bought a zoo, et nos élections, ne peut être que fortuit. Quoi que…

Public ennemies

Film de Michael Mann, 2009.

La prise de vue est le véritable héros du film. Tout est fait pour que l’on se sente dans l’époque, et dans l’action. Ce qui est épuisant.

Pour le reste, les forces de l’ordre sont peu sympathiques, peu efficaces, et presque plus dangereuses que les voleurs. Quant à Dillinger, comme le tueur de Toulouse, la prison a révélé sa vocation et en a fait un expert du crime. Il avait été condamné à 10 ans pour un vol de 50$, il a, a posteriori, justifié sa peine. 

Zelig

Film de Woody Allen, 1983.

Zelig a la capacité de ressembler à ceux dont il veut se faire aimer.

C’est probablement le désir de tous ceux qui vivent à la limite d’une société dans laquelle ils désireraient bien entrer.

Le film est un Zelig, lui-même. Il ressemble à s’y méprendre aux films d’actualité des années 30, et aux enquêtes des années 80. Tous les films de Woody Allen sont d’ailleurs comme cela : ils s’approprient à la perfection un style de film particulier.