Taiwan et les USA

J’entendais que les USA s’attendaient à une attaque par la Chine de Taiwan. La BBC parlait de la détermination des USA à l’empêcher.

Je pense que la BBC se trompe. La blague du moment aux USA est « TACO » : quand Trump rencontre une résistance, il fait dans son froc. Il n’a plus aucune crédibilité. Si la Chine attaque Taiwan, Trump cédera. D’ailleurs, ne pourrait-il utiliser Taiwan pour obtenir des concessions de la Chine ? A mon avis, Trump parle à l’Europe, il lui dit : je me désintéresse de vous.

Poutine ne serait-il pas parvenu à le manipuler ? Ne lui aurait-il pas fait miroiter des affaires pour sa famille ? La Russie comme Eldorado des USA ?

Supplice chinois

Si Trump n’existait pas, il faudrait l’inventer ? Sans lui le monde est terne.

Christine Ockrent lui consacrait, samedi, une nouvelle émission. Elle s’interrogeait sur la situation en Asie.

Je retiens que la Chine ne va peut être pas bien économiquement, mais qu’elle flairerait une occasion. Sa stratégie jouerait sur la psychologie de ses adversaires, plus que sur la force. Elle cherche à faire craquer les nerfs de Taiwan, et soupçonne que Trump pourrait être amené à lâcher l’île.

Ce blog a beaucoup étudié « l’influence », la manipulation des esprits. Ce fut longtemps l’apanage de la « soft power » américaine. Les régimes dirigistes vont-ils lui rendre la monnaie de sa pièce ? En tous cas, en ce qui nous concerne, nous Européens, rien ne change ?

Politique chinoise

L’autre jour une émission de la BBC disait que les gouvernements européens « had been sleeping at the wheel ». Effectivement, ils n’ont rien compris aux changements du monde. Ils n’ont même rien compris aux conséquences des politiques dont ils se faisaient les champions.

Je découvre que les Chinois ont mené une impeccable politique industrielle, dont je ne soupçonnais pas la complexité. Ils sont non seulement parvenus à dominer toute la chaîne de la valeur de « l’énergie propre », de la voiture électrique à la mine, en passant par les batteries, les éoliennes et les panneaux solaires, mais surtout ils ont acquis une avance technique qui semble massive aussi bien, par exemple, dans les techniques de traitement des terres rares que dans celles de fabrication des batteries.

Pourquoi les constructeurs automobiles occidentaux ne se sont-ils pas adaptés ? me demandait-on. N’auraient-ils pas été victimes d’un phénomène dont parlent les livres de management : sans pression externe, l’entreprise n’innove pas ? Plus exactement elle tend à la concentration pour tuer la concurrence, dormir tranquillement et payer grassement l’actionnaire ? Les entreprises occidentales n’ont-elles pas eu pour toute politique la « domination par les coûts », à l’image de Stellantis ?

Le libéralisme, la déréglementation, l’économie de marché… n’auraient-ils pas les vertus que l’on nous a serinées ?

Et l’avenir ? Peut-on rattraper l’avance chinoise ? Ne faudrait-il pas plutôt s’intéresser à la prochaine révolution ?

British steel

L’affaire du moment, en Angleterre, c’est British Steel. Le propriétaire chinois voulait fermer l’entreprise. On entend dire que la nationalisation est imminente. En attendant, le gouvernement anglais se met en quatre pour lui trouver du charbon.

Après-guerre, le British Steel initial avait été nationalisé pour le moderniser. C’était aussi la raison des nationalisations en France, au même moment. On a oublié que la libre entreprise est souvent paresseuse. Ce n’est pas l’innovation qui motive l’actionnaire, mais le profit !

« British Steel » tout un symbole ! On redécouvre l’industrie, l’importance de l’acier, en ces temps de Trump, et que l’on ne peut pas encore se passer de charbon. Revirement politique sans précédent : hier l’ultra-nationaliste Thatcher n’avait pas craint de vendre au capitalisme international les joyaux de la couronne ; il y a encore peu, on entendait beaucoup d’hommes politiques présenter le Chinois comme l’avenir de l’Angleterre libérée par le Brexit ; aujourd’hui, on prend conscience que le capitalisme chinois est mafieux ; et, qui sait ? qu’il sert peut-être la politique de son pays. Car, sans producteur local, les Anglais devaient acheter de l’acier chinois…

(Sujet complexe, où l’on retrouve domination chinoise, surproduction et coût de l’énergie.)

Changement mondial

Faut-il s’allier aux Chinois ? Réorganiser le commerce mondial sans les USA ?

Ce serait oublier que les Chinois doivent leur succès à un généreux transfert de compétences, suivi d’une politique de subvention qui a pour but d’abattre les généreux donateurs. Ce qui ne vaut pas mieux que la politique de Trump. Et est tout aussi suicidaire.

Dans ces conditions l’Europe est dans une situation délicate. Elle est entre le marteau américain et l’enclume chinoise, divisée, et menacée par le « populisme ». Et Trump nous a fait la grâce de nous démontrer la nature de la menace : son danger ne tient pas à telle ou telle idéologie « fasciste », mais à une incompétence insondable.

Qu’est-ce qui ne va pas ? Tout ce monde cherche un bouc émissaire, alors que le mal est chez lui : son « modèle économique » n’est pas durable.

Se guérir consiste à sortir du déni, et, ensuite, à comprendre que l’on a besoin des autres pour se tirer d’affaire.

Mais la raison est elle une bonne raison de changement ?

Un train peut en cacher un autre

Et si la Chine entrait en guerre ?

China’s war games near Taiwan could be used to conceal attack, US says
Pentagon’s Indo-Pacific chief says American military must step up preparations for conflict in region
Financial Times 13 février 2025

(M.Trump ayant décidé d’abandonner l’Ukraine, cela va-t-il être une encouragement à la Chine ?)

En tous cas, il se pourrait que les prochaines années soient une rien chaotiques… Un homme averti…

Câble sous marin

La dernière mode est d’endommager des câbles de communication sous-marins. Technique : laisser traîner une ancre. Les navires russes et chinois sont à pied d’oeuvre.

Comment réagir ? Traiter la cause ou le symptôme ? Dent pour dent ? Mais cela ne risque-t-il pas d’entraîner une dangereuse escalade avec de dangereux fous-furieux ?

Une autre solution, chinoise : politesse étouffante ?

Péril jaune

La BBC s’interroge sur l’avenir de l’industrie automobile occidentale. (The Inquiry, Is Europe’s car industry at a crossroads?) Péril jaune.

Jusque-là j’avais entendu que la Chine avait pour stratégie de dominer les activités économiques vitales. Qu’en ce qui concerne l’automobile, elle avait constaté qu’elle ne pourrait jamais rattraper l’avance occidentale, et que les normes environnementales lui donnaient la chance de s’imposer. Ici comme ailleurs, elle y était parvenue par des subventions massives.

L’émission développait d’autres idées. Certes il y avait eu subvention, mais le véritable décollage était dû à Elon Musk, décidément, qui avait apporté à la Chine un savoir-faire essentiel. Et aussi : les constructeurs occidentaux avaient perdu leur domination du marché chinois faute d’avoir compris le besoin du consommateur local, qui est de faire de sa voiture un smart car (Steve Jobs se retourne dans sa tombe ?) disposant d’applications telles que le Karaoké.