Chinese selective competitive disadvantage

On parlerait de « distillation » au sujet de la Chine. Cela concernerait l’intelligence artificielle. Mais il semble que ce soit un procédé qu’emploie systématiquement le Chinois. Il copie une technique étrangère et la pousse à ses limites pour en abaisser la coût afin d’éliminer ses concurrents.

Mais est-ce original ? N’est-ce pas la méthode américaine ? N’est pas comme cela que la Ford T a liquidé les artisans français qui, jusque-là, dominaient le marché de l’automobile ?

Mais le Chinois a innové me semble-t-il. Dans le domaine de la mobilité électrique. Pour cela, il a acquis un savoir-faire, concernant de multiples domaines, qui vont de la mine à la batterie, qui nous laissent pantois. Si j’en crois un précédent billet, cela tient à ce que n’ayant pas de pétrole, il a fait contre mauvaise fortune bon coeur.

Voilà qui illustrerait une théorie, peu connue mais essentielle, de Michael Porter. Le « selective competitive disadvantage ». C’est ce qui lui manque qui fait le succès d’une nation (que l’on ne puisse cultiver des fleurs à l’air libre, en Hollande) !

Géopolitique de l’IA

Enfin une bonne émission ? Affaires étrangères discute des dessous de l’IA.

Entre la Chine et les USA, c’est le bras de fer. Ils sont interdépendants et cherchent à gagner du temps afin d’acquérir ce que possède l’autre. Ce qui se joue, selon eux, est la domination du monde.

Aux USA, l’IA est devenue sujet de campagne. L’électeur est allergique au data centre, il craint de perdre son travail et trouve que le pouvoir des démiurges du GAFA est une menace pour la démocratie. Mais ceux-ci contre-attaquent en achetant des hommes politiques (et probablement de la publicité, qui a un pouvoir surprenant aux USA).

Il se trouve que l’Europe n’aurait pas perdu la partie. Elle détiendrait un maillon de la « chaîne de la valeur » de l’IA, des « acteurs de pointe », ASML, hollandais, Zeiss et Trumpf, allemands. Or, ce sont des industriels ! Justement ceux que nos prix Nobel d’économie veulent éliminer au nom de la course à l’IA ! Et même très anciens, en ce qui concerne Zeiss. (Quant à la France, elle convoque Sam Altman au conseil de sécurité des Nations Unies : chacun selon son talent ?)

Le Milieu a trouvé son empire

La Chine est-elle le « rouleau compresseur » dont parle le Commissariat au plan ?

Un entrepreneur qui a coopéré durant des années avec les Chinois me disait qu’il y en avait deux types, « ceux qui sont en prison, et ceux qui vont y aller ». Un autre m’expliquait que, pour le Chinois, il n’y a que l’argent qui compte. Pour en gagner, il est prêt à tout. « Pas de cadeau. » Il fait « des coups ». Aucune fidélité. Quitte à perdre un client. De toute manière, d’autres se bousculent à sa porte. De temps à autre, les représentants du PC présents dans les entreprises dénoncent les pratiques illégales des dirigeants, qui partent en prison.

C’est un Etat communiste. Il doit donner le gîte et le couvert à sa population. Si bien que les entreprises sont obligées de fournir l’emploi, plutôt que de rechercher des gains de productivité, et le logement. En conséquence, beaucoup de travaux restent manuels (textile, fabrication de téléphones…) et les rues sont encore balayées par des hommes.

Détail curieux : la « mobilité » y est électrique. Cela tient à ce que le pays n’a pas de pétrole. Alors il construit « une centrale à charbon par semaine ». Centrale dont l’électricité est l’énergie du transport. De ce fait, le pays et ses fleuves seraient jonchés de batteries usagées…

Dans ces conditions, les prouesses chinoises sont-elles durables ? se demandait-il.

(Une question : la qualité chinoise tiendrait-elle à l’encadrement occidental ?)

Ponzi chinois

Who is really buying China’s humanoid robots?
Companies are selling machines to government-backed centres that then sell training data back to robot makers

Financial Times du 20 août

Les Chinois sont devenus américains. Des deux côtés, dans l’espoir fou de dominer le monde, on jette toutes ses ressources dans le combat. Folle course en avant. L’esprit start-up a gagné les empires.

Raison du plus faible

L’anglais dit « size matters ». Il n’y pas d’équivalent élégant en français. En tous cas, il semble que ce soit l’esprit de l’affrontement entre les USA et la Chine.

C’est un affrontement entre deux modèles de société. D’un côté c’est le chaos du marché, supposé créer le meilleur des mondes, de l’autre une économie planifiée. Mais, dans les deux cas, c’est un combat. La Chine veut faire ce que font les USA, en les ridiculisant.

Et elle va réussir. Seulement, mort où est ta victoire ? Tous les deux, que M.Macron aimerait tant pouvoir imiter, se battent pour du vent. Et à quoi cela sert-il de tuer ses clients ? L’économie de marché est un échange de différences.

L’histoire de l’humanité est-elle condamnée à être une succession de crises de la bêtise collective ? Ou la raison telle que ne l’envisageait peut-être pas les Lumières peut-elle nous sauver ?

Grande illusion ?

Rouleau compresseur chinois. Notre gouvernement prend conscience soudainement qu’il a vendu aux Chinois la corde pour nous pendre.

Si l’on en croit ce blog et bien d’autres observateurs, la manoeuvre crevait les yeux. Pourquoi notre élite ne l’a-t-elle pas vue ? Elle pensait, entend-on, que la Chine obéirait à la loi d’airain des économistes. Autrement dit, elle suivrait le chemin de l’Occident. Elle garderait l’activité la plus noble et confierait le sale boulot au miséreux. Et, le monde étant bien fait, il y aurait toujours des miséreux.

Voilà une loi agréable. N’est-ce pas son principal mérite ?

La France espionne la Chine

Après avoir suivi les modes américaines, anglaises, européennes, la France s’apprête à imiter la Chine, et sa politique industrielle.

Ce n’est pas la première fois que cela se passe. Louis XIV finançait les Jésuites, un ordre alors en faillite, pour qu’ils lui révèlent les secrets de la civilisation chinoise. A ce jeu, il fut plus habile que les autres nations européennes. Mais, apparemment, il n’en tira rien. On disposait des machines chinoises, mais pas de la manière de les utiliser.

La France des Lumières : ses espions en Chine.

Colbert n’a pas dû être consulté. Car, à chaque fois qu’il voulait adopter un savoir-faire étranger, il favorisait l’immigration de ceux qui le possédaient. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les Chinois contemporains.

Du robot

Pourquoi en veut-on à l’espèce humaine ? L’intelligence artificielle va surclasser celle de l’homme et le robot « humanoïde » faire son travail, annoncent les surhommes du GAFA.

Qu’en est-il ? J’ai assisté à une conférence sur l’histoire et l’avenir de la robotique. Qu’en retiens-je ?

Le robot humanoïde est infiniment moins efficace que le robot spécialisé. Mais il plaît infiniment à la population et aux fonds d’investissement. Avec autant de moyens ne pourrait-on pas espérer un miracle ?

Pendant ce temps, les Chinois vendent des robots au cinquième des prix de leurs composants. Ce qui devrait avoir raison des derniers fabricants européens. D’ailleurs, il y a beaucoup trop de constructeurs de robots (200).

Quant au robot humanoïde, il serait « jetable ». En cela, il ressemble bien à un homme.

Pendant ce temps…

Le gouvernement pense gagner l’Allemagne à sa cause protectionniste. Mais que pense l’Allemagne ?

Voici ce que dit Politico Berlin Bulletin de vendredi dernier :

a growing number of German industry leaders are howling over what they’re calling the “China shock.” Germany was long one of the few EU countries to run surpluses with Beijing, but since the Covid pandemic, the trade relationship has flipped to a big deficit — €90 billion in 2025. China is widely blamed for much of the hemorrhaging of jobs in Germany’s manufacturing sector, now running at roughly 10,000 job losses per month.

() The German side blames Beijing’s industrial policies — including subsidies, deliberate dumping and an undervalued currency — that give Chinese companies unfair price advantages.

() But Merz is reluctant to react too strongly and support EU defensive tariffs for the simple reason that Germany imports from China many of the critical raw materials its economy needs, giving Beijing the power to shut down German plants almost at will even as Berlin tries to pursue a longer term policy of reducing such dependencies. Merz is also reluctant to take on China while dealing with U.S. President Donald Trump’s trade war.

« Tu te racontes des histoires et tu les crois » auraient dit mes camarades de cours élémentaire à nos gouvernants ?

Stratégie française

Lorsque j’ai parlé de la conférence du Commissariat au Plan (un billet précédent), on m’a demandé si le gouvernement avait une stratégie.

Je crois que oui. C’est l’Allemagne. Il s’agit de convaincre l’Allemagne qu’elle est menacée. Le rapport du Commissariat semblait avoir été écrit pour elle. Et ce de façon à ce qu’elle nous défende et applique le rapport Draghi, c’est à dire que l’UE « chasse en meute » et mutualise sa dette. Ce qui aurait l’avantage supplémentaire d’éviter à la France de s’occuper de ses propres dettes. Nous ne sommes pas des Grecs, tout de même.

Seulement, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un que les Allemands et les Européens craignent encore plus que la Chine et les USA, c’est la France…