Roland Barthes

Curieusement, le nom Roland Barthes surnage, alors qu’il semble n’avoir fait que brasser les idées de son temps. En particulier, il aurait voulu montrer que les idées à la mode alors ne tenaient pas debout. En particulier celles de Sartre. Comme quoi, sans contexte, une oeuvre est difficile à déchiffrer ?

En tous cas, il a posé des questions fondamentales. La notion d’auteur a-t-elle un sens ? Autrement dit « je » signifie-t-il quelque-chose, ou l’homme n’est-il que le produit de la société ? Et, qu’est-ce qui est compris de ce qu’il émet ? La société ne transforme-t-elle pas ce qu’elle entend, en fonction de ses a priori ? Avec philosophie.

La société se parle-t-elle à elle-même ?

Question restant à traiter : Barthes se considérait comme un auteur émettant un message clair et non susceptible d’être déformé. Or, effectivement, il avait vu juste : son « degré zéro » a été interprété à l’envers de son intention.

Mort de l’auteur

Un temps, on a parlé de « la mort de l’auteur ». L’idée aurait été que rien de ce que veut dire l’auteur n’est compris. Le lecteur projette ses idées reçues sur un texte. En outre, l’auteur serait totalement déterminé par la société, ce serait un pantin.

Ce dernier point serait un résultat du « structuralisme » de Lévi-Strauss. Mais l’expression est inventée par Barthes, dont on dit qu’il était « post structuraliste ». Il reste des mystères à éclaircir.

Toujours est-il que tout ceci ressortirait du règlement de compte. Barthes aurait voulu montrer à Sartre la vanité de se dire un « intellectuel engagé ».

Avec philosophie.

Au moins, il est parvenu à devenir une célébrité, effectivement incomprise. Et de nous laisser quelques expressions à méditer. Le sens de la vie ?

Degré zéro

Je suis inculte. Je ne savais pas ce qu’était le « degré zéro de l’écriture ». Contrairement à ce que l’on entend, c’est le bon niveau d’écriture, celui qui ne subit aucune influence, qui est authentique. (Emission.)

Je me suis demandé si l’augmentation de température de l’écriture n’était pas un phénomène récent. Dû à l’invention de l’intellectuel. A la fois l’intellectuel se regarde écrire, et il est extrêmement sensible à l’influence de la société.

Jadis, il y avait des tendances sociales et des modes, mais, me semble-t-il, l’auteur faisait preuve d’honnêteté.

Poststructuralisme, une très courte introduction

BELSEY, Catherine, Poststructuralism, A very short introduction, Oxford University Press, 2002. Introduction, pour les nuls, aux travaux de Derrida, Foucault, Lacan, Althusser, Barthes, Kristeva, Lyotard, Zizek.

Point commun, parmi ces travaux peu cohérents, le linguiste Saussure. Pour lui, nous interprétons un mot par rapport à son contexte, par différence.
Ainsi, pour le poststructuraliste, chaque société est semblable à un langage : elle a sa propre cohérence, qui n’est donc pas universelle. Si l’individu est sous la coupe, la marionnette, de cette culture aléatoire et de ses contradictions, il n’a aucune raison objective de lui obéir. Il n’y a aucune autorité absolue, aucun principe organisateur qui ait un droit sur l’individu. Il n’y a plus d’auteur (d’autorité), plus que des lecteurs (des interprètes).
Partant de cette idée les poststructuralistes ont réécrit l’oeuvre des auteurs qui leur semblaient importants, Marx, Freud…