Sébastopol

Et si les Anglais étaient nos amis, finalement ? Jean-Noël Jeanneney parlait de Sébastopol (France Culture). Ce fut la première fois depuis la guerre de cent-ans que nous avons combattu avec l’Angleterre. Et, depuis, nous avons toujours été alliés.

Nous retrouverions-nous dans les moments de grands dangers ?

Drôle de guerre. Déjà, il s’agissait d’arrêter l’envahissante Russie, qui voulait mettre en pièces l’empire ottoman. L’Angleterre s’est battue pour des raisons économiques, et la France, pour la gloire : la Russie la menaçait de lui voler sa mission de défenseur des lieux saints ! Bizarrement, ayant constaté que ses alliés habituels, la Prusse et l’Autriche, n’étaient pas venus à son secours, la Russie, après sa défaite, a décidé de se rapprocher de la France et de l’Angleterre.

L’homme a-t-il un avenir ?

Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ? Les rêves du féminisme semblent exaucés. En Angleterre, au moins, l’homme est défait, la femme triomphe. Cela commence dès le premier jour de l’école : elle le surclasse de la tête et des épaules. On parle de « crise des jeunes hommes ». (Une émission de la BBC.)

La cause première en serait l’explosion de la cellule familiale. Dans un cas sur deux, l’enfant grandirait sans père. Or, l’enfant mâle aurait besoin d’un modèle. Du coup, il tombe sous l’emprise des médias sociaux, qui ne veulent pas son bien.

Seul désagrément pour la femme : cet homme nouveau lui en voudrait, parfois, à mort. Il va falloir l’enfermer ?

(Je lisais un article de wikipedia qui expliquait que « Californie » signifierait quelque-chose comme « état des Amazones ». Notre avenir ?)

Quangos

Comme d’autres, Kier Starmer veut réduire la taille de l’Etat. La BBC, mercredi dernier, disait qu’il allait éliminer les « quangos ».

Ces quangos sont une création de Mme Thatcher. Il me semble quils sont les ancêtres de nos « agences ».

Ces quangos étaient une technique de conduite du changement : des organismes qui avaient un seul objectif, et qui devaient réussir coûte que coûte (par exemple réduire radicalement les coûts de la médecine) et pulvériser l’administration. C’était Musk avant la lettre.

Effet systémique bien connu : ils ont donné l’exact opposé de ce que l’on en attendait. Il n’y a jamais eu autant d’administration, et elle n’a jamais été aussi inefficace…

Et si l’on imitait l’Angleterre ?

Boarding school

Drôle de chose que ces « boarding school ». Si je comprends bien, leur rôle est de former des leaders. Pour cela; on met des enfants de 5 ou 6 ans en pension.

Comme souvent, cela produit un effet imprévu. L’enfant coupé brutalement de sa famille subit un choc psychologique violent. Il développe une double personnalité. Il a des failles tout à l’opposé de ce qui est attendu d’un leader. Et, un peu comme il semble que ce soit le cas pour l’église catholique, ce type d’institution attire les pervers et les psychopathes. Les enfants y subissent des traitements dégradants.

Paradoxe ? On nous rebat les oreilles avec l’innocence de l’enfant, alors qu’on lui fait subir les pires vilénies.

(D’après une émission de la BBC4 : How boarding school shaped Britain.)

Amiante

Les dangers de l’amiante ont été découverts dès les années 20. Mais, en Angleterre, l’entreprise qui en était spécialiste, et qui était l’une des plus grandes du pays, est parvenue à empêcher que la loi ne l’interdise et que le peuple découvre le danger. Une émission de la BBC.

Je me suis demandé ce que j’aurais fait, si j’avais dirigé l’entreprise. J’aurais fermé l’activité, en cherchant à trouver d’autres marchés pour le savoir-faire de l’entreprise. Mais que se serait-il passé ? D’un seul coup, toutes les victimes se seraient retournées contre l’entreprise, ainsi que ses actionnaires. Le dirigeant n’aurait pas fait de vieux os. L’entreprise non plus.

Si l’on ne veut que l’entreprise résiste à la loi, et tue énormément de monde, il serait bien de prévoir que, dans ce cas, l’Etat exproprie les investisseurs et absorbe les pertes ?

L’honneur perdu de la BBC ?

Scandal en Angleterre. La BBC avait publié un reportage sur la guerre vue par un enfant palestinien. Or, il était le fils d’un dirigeant du Hamas (son ministre de l’agriculture). Or, le Hamas n’est pas n’importe quoi : c’est une organisation reconnue terroriste par l’Etat britannique (et quelques autres). En outre, la famille de l’enfant a été payée pour son témoignage. Financement d’un organisme terroriste.

Apparemment, la BBC n’a pas contrôlé le travail d’un sous-traitant. Elle s’est excusée et a retiré le reportage. Ce contre quoi 500 « people » ont vigoureusement protesté.

Je suis vieux jeu. En quelque sorte mon image de l’Angleterre est celle d’après guerre. Pour moi, la BBC a toujours été un modèle de professionnalisme, de rigueur et d’impartialité admirables. En particulier, en termes d’enquêtes. Comment a-t-elle pu en arriver là ?

(Article de la BBC, sur le sujet.)

Munich

Il y a des moment où l’on ne regrette pas d’écouter la BBC.

Ce matin, c’était Munich. Grand soupir de soulagement. M.Starmer venait de rencontrer M.Trump. Il n’y aura pas de guerre avec les USA. Même les journalistes goûtaient l’humour de M.Trump. Et je ne vous parle pas de l’enthousiasme des patrons anglais.

Or, M.Trump était incroyablement méprisant pour le pauvre premier ministre, qui arrivait armé pourtant d’une arme absolue : une lettre de sa majesté le roi d’Angleterre ! M.Trump a commencé par se moquer de l’accent de M.Starmer, puis il a dit que ce dernier s’était vraiment donné beaucoup de mal pour lui plaire. Quand à l’engagement de soutenir l’Ukraine ou les troupes européennes ? Les armées anglaises ont fait la preuve de leur valeur !

La seule chose qui intéresse M.Trump est de faire des affaires, si possible en exploitant la partie adverse. Prochaine étape : faire éclater l’union européenne. Cela s’appelle « diviser pour régner ». Il y a même deux expressions pour le dire en anglais. Effectivement, l’Angleterre doit être fière de son héritier.

Abandon

Vendredi matin, j’entendais la BBC dire que l’armée locale avait été victime de « neglect ».

« Neglect » a été à la mode. C’est le « laisser faire ». La croyance, agréable, que le marché doit être laissé à lui-même.

Or, une société est comme un jardin. Elle s’entretient. L’avenir appartiendra probablement aux cultures qui sont capables de construire des organisations solidaires et efficaces, qui cherchent le succès dans leur travail et ne croient pas au miroir aux alouettes de la spéculation pour start-up.

Anthropologie de l’Angleterre

Ecouter la BBC me fait réfléchir à la situation de l’Angleterre. Une rencontre avec un chercheur de mon ancien collège à Cambridge a renforcé l’impression que j’avais déjà.

En fait, elle n’a pas changé. Dans ma jeunesse, on considérait que l’Anglais était paresseux et inefficace. Les universitaires que j’avais rencontrés en Angleterre, quoi que fort sympathiques, ne m’avaient guère impressionnés. Thatcher, Blair n’ont été que poudre aux yeux. Ce pays est un chaos. Comme au Moyen âge, une élite relativement éclairée domine une masse inculte.

La BBC est à l’image du pays. On y entend de brillants esprits, mais son site web est bancal.

Si le pays surnage, cela tient probablement à l’injection de personnels, de capitaux et d’idées venue de ses anciennes colonies.

Un des mérites de la culture anglaise, à l’opposé de la nôtre, est qu’elle suscite l’amitié. C’est probablement la raison pour laquelle j’écoute la BBC.

Vendu

La famille de l’auteur de James Bond aurait vendu ses droits à Amazon.

The British family that has steered the James Bond franchise for more than 60 years, zealously protecting the superspy from the indignities of Hollywood strip mining, has agreed to relinquish control to Amazon.

The New York Times (@nytimes.com) 2025-02-21T05:40:55.366Z

Même l’espion de sa majesté est à vendre !

Curieux phénomène, si l’on y songe un rien. Une personne passe sa vie à créer une idée, et c’est sa famille, qui n’a rien fait, qui en profite. Injustice ? Les créateurs devraient-ils faire de la société leur héritier ?