Inquiétante Angleterre ?

Le premier ministre anglais veut à tout prix de la croissance. Il négocie dur avec Trump. Il vient de signer un accord de libre échange avec l’Inde, qu’il dit miraculeux. Enfin, un bénéfice du Brexit ! Les ventes de whisky vont augmenter. Mais quelles concessions a-t-il consenties, me demandé-je. Et l’Inde ne pourrait-elle pas être la Chine de demain ? Et n’est-elle pas sur le point d’entrer en conflit avec le Pakistan ? Et l’Europe ne doit-elle pas craindre une manoeuvre hasardeuse de la perfide Albion ?

Vu de loin, le gouvernement anglais semble dans une situation désespérée. Aux dernières élections partielles, Reform UK, une sorte d’équivalent du FN, a balayé conservateurs et travaillistes. Le peuple anglais semble mécontent. Le ministère des finances s’est engagé dans un programme d’austérité qui semble affecter sévèrement les pauvres. Est-ce prudent ?

Ici comme ailleurs, la « cancel culture » n’est pas un vain mot : difficile de savoir l’état d’esprit des britanniques et leur situation. Une leçon ?

(Depuis que cet article a été écrit, les Britanniques ont signé un accord avec Trump. On entendait leur premier ministre s’en féliciter et combler le président Trump de compliments. Pitoyable.)

Extrêmes

Reform UK, le parti du Brexit, a le vent en poupe en Angleterre.

L’incompétence d’un Trump ne ferait-elle pas peur à l’électeur ? Ou la surdité des traditionnels partis de gouvernement leur a-t-elle aliéné durablement l’opinion ?

Quid de la France ? Choix entre l’apprenti sorcier et la paralysie ?

Cyber

L’affaire du moment en Angleterre, c’est Marks and Spencer. Il a été victime de cybercriminels. Nous sommes bien peu de choses dit la BBC.

Le problème n’est pas nouveau. Il y a eu des bandits de grands chemins, des pirates, des virus, etc. L’Etat a réuni ses forces et les a exterminés. Serait-il temps de mettre un terme à l’illusion du libertarisme numérique ?

BBC

Il y a quelque temps, je me suis mis à écouter la BBC. Une langue étrange, le charme du mystère et de l’exotisme.

Rien de mieux pour apprécier ce que nous donne la France ! Car, la comparaison avec Radio France n’est pas possible. Le site de la BBC est moche. Les podcasts sont mal découpés. La BBC a perdu la plupart de ses émissions anciennes (celles qui m’intéressent particulièrement). Et le contenu « intellectuel » est sans commune mesure avec ce que l’on entend sur France Culture. Au fond, nous avons de beaux restes me dis-je.

Mais peut-être aussi n’a-t-on que ce que l’on mérite ? L’Anglais a fait la BBC à son image et il en est satisfait ?

Prison

Depuis que j’écoute la BBC, je constate qu’une des grandes affaires du moment, en Angleterre, est la surpopulation carcérale.

Qu’en est-il en France ?

Fin d’une illusion ? Les matamores qui nous ont gouvernés nous ont dit : zéro tolérance. Notre nation est-elle moins violente qu’auparavant ? Cela ne semble pas être le cas en Angleterre.

Alors, faut-il faire comme son gouvernement, qui envisage de relâcher le trop-plein ?

Cela m’a rappelé une histoire de la Mafia que cite ce blog : la Mafia a reculé lorsque l’Etat italien a offert des emplois à sa population…

British steel

L’affaire du moment, en Angleterre, c’est British Steel. Le propriétaire chinois voulait fermer l’entreprise. On entend dire que la nationalisation est imminente. En attendant, le gouvernement anglais se met en quatre pour lui trouver du charbon.

Après-guerre, le British Steel initial avait été nationalisé pour le moderniser. C’était aussi la raison des nationalisations en France, au même moment. On a oublié que la libre entreprise est souvent paresseuse. Ce n’est pas l’innovation qui motive l’actionnaire, mais le profit !

« British Steel » tout un symbole ! On redécouvre l’industrie, l’importance de l’acier, en ces temps de Trump, et que l’on ne peut pas encore se passer de charbon. Revirement politique sans précédent : hier l’ultra-nationaliste Thatcher n’avait pas craint de vendre au capitalisme international les joyaux de la couronne ; il y a encore peu, on entendait beaucoup d’hommes politiques présenter le Chinois comme l’avenir de l’Angleterre libérée par le Brexit ; aujourd’hui, on prend conscience que le capitalisme chinois est mafieux ; et, qui sait ? qu’il sert peut-être la politique de son pays. Car, sans producteur local, les Anglais devaient acheter de l’acier chinois…

(Sujet complexe, où l’on retrouve domination chinoise, surproduction et coût de l’énergie.)

Perfide Albion ?

Les patrons anglais sont très inquiets du sort que leur réserve Trump. Du moins, c’est ce que je retire des informations de la BBC.

Pourtant Trump les a à la bonne. Il ne leur a infligé que 10% de droits de douane. Cela serait-il dû aux excellents rapports qu’il a avec le premier ministre anglais, ou au Brexit ? se demande-t-on.

Mais on espère encore que l’on pourra être épargné.

L’esprit de Munich ? Tristes patrons ?

Maurice Merleau-Ponty

Drôles d’Anglais. Nos philosophes ont plus de succès chez eux que chez nous. Ils parlent encore de Jean-Paul Sartre comme de quelqu’un qui a marqué l’histoire de la pensée, par exemple. Mais aussi de Maurice Merleau-Ponty, dont j’ai découvert l’oeuvre, grâce à In our time de la BBC.

Le peu que j’ai compris me fait penser que son travail mériterait d’être approfondi.

Apparemment, sa grande affaire aurait été la mise en cause du modèle de l’âme et du corps. Le corps emmagasinerait la connaissance et aurait, en quelque sorte, une vie propre. (On conduit tout en pensant à ses vacances.) Ces capacités influencent aussi la représentation que nous nous faisons du monde. Pour quelqu’un qui a un marteau, tout ressemble à un clou ? En tous cas, cette représentation susciterait spontanément notre action. Comme on dit maintenant le monde serait un « call to action » ?

La fin de Thatcher ?

Ecouter la BBC, c’est entendre parler de l’obsession de son gouvernement : la réforme de l’Etat. On veut en réduire la taille et le coût, tout en le remettant en fonctionnement.

Voilà qui pourrait sembler Thatchérien. Ce serait oublier que le dit Etat résulte de sa politique. Il avait deux principes contradictoires : le laisser-faire et l’imposition en force des lois du marché. Ce qui exigeait des organes de destruction du lien social, qui s’y oppose. On a donc multiplié les structures incontrôlées, mais financées (généreusement) par l’argent public, et qui faisaient un large appel aux cabinets de conseil.

La mode Thatchérienne ayant contaminé l’Europe, serions-nous à l’aube d’une inversion de tendance ?

Esprit es-tu là ?

Alain Decaux parlait de son ami Sacha Guitry, il y a longtemps. (Deux émissions rediffusées par France Culture.)

J’ai pensé, qu’en ce temps, la France avait beaucoup d’esprit. Et que nous l’avions perdu. Pourquoi donc ?

Mais y a-t-il beaucoup de différence entre l’esprit de Sacha Guitry et celui de Noel Coward ? Les dialogues de leurs pièces et films sont agréables, vifs, surprenants, mais, au fond, pas très profonds. Un plaisir intellectuel du moment ?

Tous les deux n’étaient-ils pas, simplement, les enfants de leur temps, un temps qui avait de l’esprit ?