La logique du déshonneur

L’enlisement iranien semble avoir calmé Trump. Il exprime sa frustration en frappant son souffre-douleur préféré : l’Europe. L’Angleterre l’a bien compris : elle lui envoie son roi en victime expiatoire.

Que l’Europe a changé ! Hier encore, pour une missive ambigüe, on déclarait une guerre où l’on jouait à pile ou face l’avenir de sa nation, voire du monde. Tout est perdu fors l’honneur ! disait-on. Aujourd’hui : l’honneur perdu de l’Europe ?

Leçon de l’histoire ? L’Europe a appris que la complexité du monde finit toujours par avoir raison de la violence ? Elle fait le dos rond, et cherche à s’adapter à l’hostilité du monde ? Histoire de récupérer un peu de capacité de nuisance, seule arme de l’honneur ?

Démocratie française

Notre République ne pourrait-elle pas s’inspirer de la SCOP ?

La SCOP semble, en effet, idéale pour canaliser Jupiter. Elle est dirigée par un conseil d’administration d’égaux dont les membres ont le sentiment d’être responsables de l’entreprise, dont ils sont en partie propriétaires. Les idées brillantes, le fléau de notre nation, doivent, pour s’imposer, répondre aux questions de mise en oeuvre qu’on leur oppose.

En outre cela réglerait la question de l’opacité de nos politiques, Jupiter et les siens étant convaincus qu’ils doivent nous cacher leurs manoeuvres pour éviter la « résistance au changement » d’esprits arriérés. D’où une course en avant d’erreurs toujours plus lourdes – chacune devant masquer la précédente.

Qu’est-ce que cela signifie ? Elire un groupe de gens qui ont fait la preuve de leur bon sens et de leur attachement au pays, et représentant une diversité d’expériences ? Ce qui n’exclut pas un leader « tout fou », apportant à ce groupe de sages l’énergie, la créativité et l’inconscience de la jeunesse ?

PS. La SCOP :

Et 

https://antichiant.home.blog/2026/04/17/culture-scop/

Jean-Paul II

Le pape serait-il un nouveau Jean-Paul II ? Comme au temps de l’URSS, l’Eglise déclarerait-elle une croisade contre le totalitarisme ? Cette fois-ci de l’Amérique de Trump ? Totalitarisme dont l’arme est l’intelligence artificielle et l’exécuteur des basses oeuvres les billiardaires de la Silicon Valley ?

Toujours est-il que l’émergence de Trump révèle aux USA un fondamentalisme religieux qui paraît, par sa bêtise confondante, sans équivalent. Défaite de millénaires de civilisation ?

Ou, au contraire, conséquence logique du processus de civilisation ? La société est divisée entre ceux qui pensent et ceux qui produisent. Et lorsque ceux qui pensent mécontentent les autres, c’est l’invasion barbare ?

Affaires étrangères.

Forever young

Le puissant se veut éternel…

From the Kremlin to Silicon Valley, some of the most powerful people in the world now want something more: eternal life.

The New York Times (@nytimes.com) 2026-04-24T16:30:04.975843Z

Pourquoi ? Parce que rien ne lui résiste ?

Les psychologues disent que l’optimisme prédit le succès bien mieux que le QI, par exemple, y compris à l’école. Les gens qui réussissent ne peuvent pas concevoir l’échec. C’est le cas du pilote d’essai aussi bien que du PDG.

Je me souviens d’ailleurs d’une interview d’un dirigeant de General Electric qui racontait la sélection de son successeur. Il avait soumis trois candidats à une batterie de questions. En particulier l’une, je crois, où ils affrontaient la mort. Aucun des trois ne pouvait envisager un instant qu’il n’en sortirait pas victorieux. Ils ne pouvaient pas mourir.

Biais gouvernemental

On entend dire que, du fait de la guerre d’Iran et de ce qu’elle révèle de notre dépendance au pétrole, il faut adopter un programme d’électrification, en urgence. Or, est-ce la seule solution ? Est-ce une bonne solution ? 

Il y a des gains énormes à effectuer en réduisant les pertes d’énergie ou en récupérant l’énergie perdue (cf. le séchage industriel, mais surtout l’énergie évacuée par les centrales nucléaires, ou encore le nettoyage des moteurs). De plus un savoir-faire dans ce domaine est exportable. 

Curieusement, notre gouvernement paraît victime d’un biais cognitif : il semble obnubilé par l’électrique, les éoliennes, les panneaux solaires, l’isolation de l’habitat individuel. Il ne parle pas d’amélioration de l’existant et d’entreprise, or c’est là qu’il y a le plus à gagner. Et ce à la fois en termes d’efficacité et d’économie nationale (de PIB), voire de souveraineté. Car la politique gouvernementale nous rend dépendants de technologies maîtrisées par d’autres, alors que l’amélioration de l’existant requiert des techniques traditionnelles.

Quelqu’un sait-il expliquer ce constat surprenant ?

Accident

Deux accidents d’Air France. Les scénarios sont les mêmes : un phénomène anormal, le pilote s’enferme dans un cercle vicieux.

Un neurobiologiste me disait que l’on traite les pilotes de chasse de façon à leur éviter cette mésaventure. Quand ils sont poursuivis par un missile, ils déconnectent leur cerveau de la superstructure sociale. En quelque sorte, ils deviennent « primitifs ». « Ca marchera ou ça dira pourquoi » répétait ma mère, qui aurait pu être pilote de chasse.

L’ère du rouleau compresseur

Affaires étrangères parlait d’une stratégie américaine visant à dominer le secteur de l’énergie. Pas seulement le pétrole, mais aussi le petit réacteur nucléaire. Procédé est habituel : financement par fonds d’investissement, qui permettent de prendre des marchés à perte, avec l’espoir de « se refaire » une fois un monopole obtenu ? Et il y a l’Allemagne. Méthodiquement, elle transforme son industrie pour en faire un champion de l’armement.

Un précédent billet parlait du « rouleau compresseur chinois », qui éliminait une à une toutes nos entreprises. Mais, au fond, il restait un espoir. Lorsqu’elles sont touchées par le départ d’un donneur d’ordre, nos entreprises essaient de « pivoter » vers l’armement ou le nucléaire. Seulement, que va-t-il leur arriver si les Américains et les Allemands s’emparent de ces deux derniers secteurs ?

Le plus surprenant, peut-être, est que tous ces pays semblent avoir adopté des politiques industrielles méthodiques, « rouleau compresseur », alors qu’en France la confusion la plus complète règne.

Japon et métaphysique

Le Japon serait présocratique, ce qui aurait suscité l’intérêt d’Heidegger.

Socrate et Platon auraient été des innovateurs, ils auraient inventé la métaphysique. Autrement dit, ce bas monde ne compte pas. L’idéal est dans les nimbes. Curieuse idée lorsque l’on y réfléchit un rien.

Quel impact a-t-elle eu sur notre histoire et sur notre vie ? Voilà qui mériterait d’être étudié.

Les mérites de Donald

A 103 ans, le long chemin vers la citoyenneté allemande de Ruth Gruenthal, juive américaine ayant fui Hambourg dans les années 1930
Quatre-vingt-six ans après en avoir été déchue, une retraitée résidant à New York a décidé de « récupérer » sa nationalité par crainte de dérives de Donald Trump.

Le Monde du 30 avril

L’Allemagne a beaucoup de malheurs, mais peut-être a-t-elle matière à se consoler : en 80 ans, elle est parvenue à faire oublier son passé ? Une leçon ?

Inde éternelle

Il est curieux d’entendre nos ancêtres parler de l’avenir. En 1951, André Siegfried (fils de Jules) revient d’Inde où il a passé plusieurs mois. Il y avait déjà séjourné, en 1900, point culminant du règne britannique.

Que voit-il ? Une fourmilière de 400 millions d’habitants, qui n’ont pas où se loger et dorment dans la rue. Les Anglais sont toujours là, ils occupent des positions stratégiques, celles qui permettent de servir leurs intérêts économiques. Mais cela ne durera pas. Quant à l’organisation héritée de l’empire, elle va certainement se dégrader, car les Indiens n’ont pas les mêmes attentes de la vie que les Occidentaux. Que les trains arrivent à l’heure n’est pas leur préoccupation. D’ailleurs l’Inde, comme les autres pays en développement, ne veut pas du modèle américain. Le sien est soviétique. Certes l’URSS singe les USA, mais elle a retiré de cette culture ce qu’elle avait d’inacceptable. Et l’avenir, donc ? Il est certainement à l’affrontement entre la Chine et l’Inde.