Exotisme

Le progrès a produit l’exotisme. Au dix-neuvième siècle on promenait son spleen au rythme des diligences. Puis est arrivée la vapeur, et l’on a rendu visite au monde. Et on en est revenu avec des souvenirs piquants. Et ce, d’autant plus que l’esprit du touriste est limité, et qu’il est incapable de comprendre la complexité humaine. Ce qui semble avoir été le cas de Loti.

Emission de France culture.

Régionalisation

Michel Debré et André Chadernagor débattent de notre constitution et de régionalisation. Une particularité de la France est qu’elle désire un pouvoir local, mais veut que tous les Français se trouvent sur un pied d’égalité. Et si la régionalisation devait succéder à la mondialisation ? C’est son antithèse.

Que fut la mondialisation ? Des premiers de cordée fournissant du travail à des domestiques devant traverser la rue pour le trouver ? Centralisation ultime ? Et la régionalisation ? Une copropriété de citoyens ?

Démocratie directe ou communautarisme ? Notre pays est structuré en communes, intercommunalités, départements, régions. La seconde et la quatrième ont le pouvoir économique. C’est aux citoyens de ces collectivités de prendre leur sort en main, de cultiver les talents de leur territoire, d’en faire sortir une industrie prospère et résiliente, non délocalisable. Et de faire pression sur l’échelon supérieur, dont le rôle est la « mutualisation » des moyens.

L’Etat central a en charge, en plus, ce qui concerne l’extérieur. La diplomatie et l’armée. Il doit être maigre. Finis les hôtels particuliers. Tous « sur le terrain ». Les impôts doivent être, d’abord, locaux. Comme le disaient MM.Debré et Chandernagor, la tâche essentielle du président de la République est l’unité du pays. Le reste, en particulier ses excellentes idées, est secondaire. Il doit pratiquer le « changement planifié ». Faire émerger la « volonté générale », et la réaliser. Ce qui exige du talent. (Travail de « poète et de plombier », selon l’expression de James March ?)

Et l’égalité ? Chaque communauté est stimulée par l’exemple des autres. Elle veut faire mieux qu’elles. Le territoire s’aménage en tirant le maximum de ses atouts. Dans l’intérêt général, les institutions communes doivent être là où elles sont le mieux, ce qui peut favoriser certains territoires. Aux autres de chercher comment exploiter au mieux cette implantation, sans demander de compensation : plus d’assistanat.

Alors, tous membres d’une équipe ? Selon Fernand Braudel, la France a été ou est constituée d’une multitude de communautés ancrées dans un territoire. Seulement, ces communautés, tournées vers elles-mêmes, défendaient leur identité. Parce que leur environnement était hostile ? Qu’il devienne fraternel et elles se tourneront avec optimisme vers l’avenir ? Un changement qui doit venir de vous et de moi ?

Crise d’autorité

Curieux phénomène ? Une partie de la société semble être KO debout. Comment la définir ? Les promoteurs du changement climatique ? De la RSE ? De l’entreprise à mission ?… Hier ils triomphaient. L’UE, les gouvernements et la presse étaient de leur côté. Soudainement, sans autre forme de procès, la société est revenue sur ses engagements. Et ils se rendent compte qu’elle les regarde de travers.

Je leur dis : réjouissez-vous, depuis que la « supply chain » mondiale est aux mains des empires et des terroristes, nous vivons l’équivalent de la « mère de toutes les crises écologiques » : nous devons inventer une économie indépendante des ressources naturelles (ou du moins qui ne les détruise pas). Mais rien n’y fait. Un ressort est cassé ? Au fond, le carbone n’était pas leur préoccupation, c’était une question « d’identité » : ils ne se remettent pas de ne plus être des autorités ? Nouveau 68 ?

Ame artificielle

On me dit que l’intelligence artificielle ressemble à un stagiaire. Qu’est-ce que cela signifie ?

Le stagiaire en « fout plein la vue pour pas un rond ». Il est fondamentalement paresseux, et un as de l’esbroufe. Mais, aussi, il est susceptible. Il vous en veut à mort de l’avoir pris la main dans le sac.

Curieusement, tout ceci peut se traduire en termes mathématiques. C’est un principe d’optimisation. Y compris la susceptibilité : l’utilisateur est le principal fauteur de trouble.

Bonheur

Simone Weil semble avoir pensé que le pire des malheurs était de ne pas savoir que l’on était malheureux. Encore une idée d’intellectuel qui veut faire notre bonheur contre notre volonté ?

Mais mon exemple prouve qu’elle n’a pas totalement tort. Sur un coup de tête, inattendu, surtout par moi, j’ai quitté Paris pour m’installer dans une banlieue mal famée. Et j’ai soudainement compris que je n’avais jamais été heureux à Paris. D’ailleurs, je n’y vais jamais.

Au fond, on s’adapte aux conditions dans lesquelles on vit. On ne voit pas comment être mieux. D’autant que l’on subit un extraordinaire lavage de cerveau de la part de la société et des intellectuels qui en sont les exécuteurs de basses oeuvres ?

Enfer et damnation

L’enfer semble avoir une longue histoire. Il a beaucoup plu à Platon. On devrait le jugement dernier aux Egyptiens. Sa version chrétienne aurait été fixée par Saint Augustin. On a longtemps considéré que la plupart des hommes y finissaient. Seul un sur 60.000 entrerait au paradis. Aujourd’hui, l’enfer serait sur terre.

Quant aux descriptions étonnantes qu’on en faisait, ou que l’on en fait ? elles cherchent surtout à frapper les esprits. L’enfer : un sujet pour intellectuel ? L’enfer c’est pour ceux qui ne pensent pas comme eux ?

Simone Weil

Simone Weil ou le sacrifice gratuit d’une intellectuelle exaltée ? Une émission me fait douter.

Camus disait qu’elle était le plus grand esprit du temps. Une révoltée au sens de Camus ? Elle voulait améliorer le monde, et, en rupture de bans avec la philosophe, elle a pensé que comprendre l’humanité, ses tourments, et les moyens de les éliminer passait par l’action. Elle a été ouvrière, combattante de la guerre d’Espagne, Française libre en Angleterre, etc. et elle s’est laissé mourir lorsqu’on lui a refusé quelque mission dangereuse. Elle n’a fait aucune entorse à ses convictions ? Qui peut en dire autant ?

Peut-on tirer de cette anthropologie des leçons toujours actuelles ? Par exemple, l’inutilité des syndicats, qui, comme nos politiques, défendent les forts et ne comprennent rien aux besoins de leurs adhérents, qu’ils transforment en revendications salariales ? Votons Simone Weil ?

Bilan ?

« La promesse du ‘Mozart de la finance’ s’est traduite en une valse des milliards plongeant le pays dans un abîme inédit, sonnant comme une forme d’impuissance d’une classe politique déconnectée des réalités de la vie quotidienne »

Jean-François Husson, rapporteur du budget (LR) au Sénat et coauteur de plusieurs enquêtes sur les dérives des comptes publics, cité par La Tribune du 21 août

Qui fut M.Macron ? peut-on se demander, alors que son mandat s’achève.

Un article que cite ce blog aurait-il cerné sa personnalité ? C’est, par nature, un acteur de théâtre (aurait-il pris pour modèle Gérard Philipe ?) qui, en outre, se croit un entrepreneur visionnaire, pariant, massivement, l’argent public sur sa dernière lubie.

Pauvre France

La France, une société « non monétaire » ? Valeurs chrétiennes ? Les étrangers répètent que le Français a un « problème avec l’argent ». Il en fait un mal, alors qu’il l’aime. Pire, se disant pauvre, il ne paie pas ce que les autres méritent.

Conséquence : le pays est grippé, son potentiel et ses citoyens sont sous employés. Il s’épuise, pour rien. Pour qu’une nation vive bien, aurait-elle besoin d’une certaine masse monétaire ? (Mais pas trop, sous peine d’inflation ?)

Ne serions-nous pas victimes du « ni fait ni à faire » ? Il manque peu de choses à nos services, mais c’est justement ce qui rend fou le client. (Ce que l’on paie cher n’est peut-être pas le gâteau, mais la cerise ?) Voilà ce qui fait échouer les plans de relance ? Le Français aurait-il besoin d’apprendre à réaliser son potentiel ?

(Une observation qui résulte de mon travail quotidien avec la PME. L’Etat, avec sa politique de subventions, encourage, terriblement, ce mal.)